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Les doctorants du LMD dépourvus de statut

La politique du rapiéçage trouve son plein sens dans le secteur de l'enseignement supérieur. Le décret présidentiel n°10-135 du 13 décembre 2010 ne cesse de créer la polémique dans le milieu estudiantin, même après son abrogation. Après la révolte des étudiants du système classique qui s'est soldée par l'annulation de ce décret qualifié d'«arbitraire», c'est au tour des étudiants du système LMD de monter au  créneau pour contester le vide qu'a laissé la suppression de ce décret. Ce dernier,  qui, pour rappel, complétait le décret n°07-304 fixant la grille indiciaire des traitements et le régime de rémunération des fonctionnaires, était le premier texte qui introduisait la classification des diplômes obtenus dans le cadre du LMD. La grille des niveaux de qualification avait introduit le diplôme du master en le classant à la catégorie 14, au même titre que le magistère, tandis que les ingénieurs avaient été classés à la catégorie 13, et ce, en dépit du nombre d'années d'études à l'université. Après un mouvement national de protestation, les étudiants du système classique ont eu gain de cause au détriment de ceux du système LMD. Ainsi, la classification des diplômes en Algérie continue de susciter des mécontentements chez les universitaires. Cette fois-ci ce sont les 7000 étudiants en doctorat de 3e cycle de toutes les universités qui se sont retrouvés sans statut suite à l'annulation du décret 10-315. Ces derniers, qui se sont constitués en collectif, dénoncent les conditions dans lesquelles ils évoluent. «Nous avons demandé audience au ministre de l'Enseignement supérieur, en vain», déclarent deux étudiants en doctorat LMD à l'USTHB. Ainsi, dans une lettre envoyée en décembre 2012 à leur tutelle, le collectif national des étudiants en doctorat 3e cycle a fait part de son mécontentement. Les étudiants attendent avec impatience une quelconque décision qui définisse leur statut après plusieurs années d'études. «Les étudiants ayant soutenu leurs thèses en 2012 n'ont eu droit qu'au PV de soutenance. Officiellement, le statut de doctorat LMD n'existe pas», estiment les deux étudiants. Dans une lettre adressée au ministre de l'Enseignement supérieur, les doctorants et les docteurs en LMD exigent «la pleine égalité entre le doctorat de 3e cycle et le doctorat sciences quant aux droits et aux obligations» en déterminant le statut légal : le grade de doctorat de 3e cycle et la confirmation de ce grade en qualité de maître de conférences classe B. Sur un autre volet qui demeure plus crucial, le collectif des doctorants LMD demande l'«intégration du doctorat de 3e cycle dans la catégorie de la Fonction publique et dans l'indice des salaires, ainsi qu'une reconsidération de notre situation conformément au décret présidentiel n°10-315». Soucieux de la crédibilité de la formation, ces étudiants demandent également l'unification des modalités de publication nationale ainsi que la création de revues supplémentaires qui soient fiables dans les diverses universités. Les doctorants ont soulevé aussi les difficultés  rencontrées dans leur adhésion à des équipes de recherche dans des laboratoires. Ils insistent surtout sur leur «participation à des forums internationaux et les modalités de leur indemnisation».