mis à jour le
Journée mondiale de la liberté de la presse à Bouira: « Peu de dialogue entre le correspondant et la rédaction centrale »
Le collectif des correspondants de presse de Bouira ont organisé ce samedi 04 mai, au niveau de la maison de la culture Ali Zamoum, une conférence débat portant sur le thème « la place du correspondant dans le paysage médiatique algérien » à l'occasion de la journée mondiale de la liberté de la presse. Pour l'animation de la rencontre, le collectif a fait appel à Adlène Meddi, co-rédacteur en chef d'El Watan Week-end et Mourad Ouchichi, docteur d'Etat en sciences politique et enseignant d'économie à l'université de Béjaia. La conférence se veut une occasion d'aborder les « souffrances » et la « solitude » des correspondants des régions. «Il y a très peu de dialogue entre les correspondants de presse et les rédactions centrales », souligne le co-rédacteur en chef d'El Watan Week-end. Cela s'explique par le fait que les journaux courent dernière l'information dite nationale au détriment des infos qui parviennent de différentes régions du pays. D'où le sentiment de plusieurs correspondants d'être abandonnés par leurs rédactions. En donnant l'exemple du magazine El Watan Week-end, Adlène Meddi a tenu à préciser que la formule Nationale/Régionale a été abolie. «Plus on va dans l'information de proximité, plus les lecteurs adhèrent au journal», note le conférencier en ajoutant que les rubriques régions, pour le cas du quotidien d'El Watan, sont les plus visitées que les rubriques politiques et économiques, etc. C'est la raison pour laquelle que les médias, publics et privés, doivent investir dans l'information et surtout, et c'est le plus important, donner plus de moyens aux correspondants. Ainsi, Adlène Meddi estime que c'est scandaleux que des quotidiens ne s'intéressent qu'à l'argent de la publicité et ne prévoient aucun budget pour la formation des journalistes et correspondants. Ce qui est indispensable pour un métier qui ne cesse d'évoluer. Pour se défendre et faire valoir leurs droits, le conférencier insiste sur l'organisation des correspondants en syndicat ou en association. De son côté, le spécialiste en économie et en science politique, Mourad Ouchichi, s'est basé dans son intervention sur les pressions que subit le correspondant de presse de la part de « la mafia locale ». « Le correspondant de presse est exposé à la pression de la mafia locale. Il est une proie facile », dit-il. L'enseignant universitaire regrette que des bureaux régionaux de plusieurs quotidiens « se sont transformés en des agences publicitaires ». «La liberté d'expression doit être sacralisée », conclut-il. Lors des débats, les correspondants se sont focalisés sur les conditions toujours difficiles de l'exercice de leur métier. Des syndicalistes, artistes et des militants ont été également invités à assister à la conférence.