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Présidentielle au Mali : les jeunes appellent au boycott

Vue générale du camp de réfugiés de Mbera en Mauritanie qui accueille plus de 64 000 personnes ayant fui le nord du Mali. REUTERS

Alors que l'exécutif malien, en médiation avec la France, a décidé d'organiser l'élection présidentielle les 7 et 21 juillet prochains, le Rassemblement des jeunes du Mali (RJM) appelle au boycott de ce scrutin, prônant le report du vote en octobre. Contacté par Afrik.com, Abdoulaye Jourdan, secrétaire général adjoint du RJM, s'explique. 

 


Afrik.com : Pourquoi le Rassemblement des jeunes du Mali (RJM) appelle au boycott de l'élection présidentielle prévue pour juillet 2013 ?
Abdoulaye Jourdan : La libération du Nord-Mali n'est pas effective. La région de Kidal n'est pas sécurisée. Par ailleurs, les 400 000 Maliens déplacés (qui ont fui la guerre, ndlr), ne peuvent pas voter. D'autre part, l'administration de Bamako ne semble pas prête à regagner les régions du nord. Au vu de tous ces éléments, il est impossible d'organiser des élections libres et transparentes en juillet, même avant le mois d'octobre.

 

Afrik.com : Le RJM a soutenu dès le début l'intervention militaire française au Mali. Ce n'est pas contradictoire de s'opposer maintenant à l'organisation de l'élection présidentielle, alors que c'est la suite logique des choses ?
Abdoulaye Jourdan : Pas du tout. L'intervention militaire française au Mali a permis de libérer une partie du Nord-Mali. Mais, il faut laisser le temps de bien organiser l'élection présidentielle. Nous sommes prêts à discuter avec le gouvernement malien. Selon le directeur Afrique de l'Ouest au ministère français des Affaires étrangères, il faudra un mois et demi pour réaliser les cartes électorales et cela n'inclut pas le temps nécessaire pour les distribuer (aux votants, ndlr). Sachant qu'on se trouve toujours dans la phase d'appel d'offres pour trouver la société qui éditera ces cartes électorales.

 

Afrik.com : Votre association appelle donc au report du scrutin en octobre, quelles sont vos revendications pour que l'élection se déroule dans les meilleures conditions ?
Abdoulaye Jourdan : Oui, nous demandons le report de l'élection présidentielle en octobre ou novembre. Sinon, nous allons donc boycotter le scrutin. On appellera les jeunes maliens de ne pas aller voter. Il faut que Kidal vote, c'est une condition essentielle ! Car c'est une fraction du territoire malien. En cas d'élection présidentielle en France, si par exemple la Corse, Marseille ou Paris ne vote pas, ce serait un scandale.

 

Afrik.com : Pourtant, l'organisation de l'élection présidentielle est préparée, notamment par le Comité dialogue et Réconciliation. Qu'est-ce que vous pensez de cette instance ?

 
Abdoulaye Jourdan : Nous ne la reconnaissons pas. Car elle n'effectue pas un travail de fond : la réconciliation ne doit pas se faire seulement avec les Touaregs. Il faut, aussi, que la lumière soit faite sur tous les crimes qui ont ravagé le Mali depuis les années 60. Tous les Maliens doivent être consultés. Sinon, on risque d'avoir la même crise dans les années avenir. Avant d'organiser la présidentielle, il faut s'assurer que Kidal peut voter, que les 400 000 Maliens réfugiés puissent également le faire et que le Nord-Mali soit sécurisé. Seules ces conditions peuvent garantir une élection libre et transparente.

 

Afrik.com : Selon vous, qui est l'homme de la situation pour administrer le Mali ?
Abdoulaye Jourdan : Il y a des très bons candidats. Mais, nous attendons de connaître leur programme. Cependant, un candidat n'obtiendra pas, ( à coup sûr, ndlr), notre vote : l'ancien conseiller de la présidence qui a été limogé il y a deux semaines pour absentéisme.

 

Afrik.com : Après l'élection présidentielle, s'il elle est organisée, quels seront les chantiers d'urgence pour reconstruire le Mali ?
Abdoulaye Jourdan : Tout d'abord, il faudra sécuriser le Nord, puis développer le Mali, pour ensuite reconstruire le pays et rétablir la justice. Nous aurons besoin de la France, au moins pendant un an de plus, car le Mali ne pourra pas assurer seul la gestion du pays.

 

4 mai 2013  |  afrik.com

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