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Zarko : «Ce qui me lie à Ndèye Guèye»

Atypique, Zarko l'est à coup sûr. Récent vainqueur de Mame Balla, l'ex-pensionnaire de l'écurie Rock Energie a eu un parcours tumultueux. Terreur de Grand Yoff, dans sa prime jeunesse, le tombeur de Gouye Gui qui faisait la loi aux agresseurs n'en était pas moins réputé pour ses talents de footballeur de génie. Dans cet interview qu'il nous a accordé, le champion de l'écurie Grand Yoff nous parle de sa jeunesse «mouvementée», de ses relations avec les filles, de sa supposée aventure avec la danseuse Ndèye Guèye, etc...

Comment savourez-vous votre dernière victoire devant Mame Balla ?
On rend Grâce à Dieu. Mais, on n'a pas eu le temps de savourer cette victoire car, quelques jours après, j'ai perdu mon père.
D'où avez-vous trouvé ce moral pour battre Mame Balla ?
C'est vrai, j'ai beaucoup pensé à lui car, il m'a beaucoup dopé. Il m'avait demandé de ne pas trop m'inquiéter pour lui, d'autant que j'avais un engagement à honorer avec ce combat. Ceci m'a plus ou moins libéré mais, quelques temps après, il a rendu l'âme.
A propos de cette victoire, vous semblez revenir de loin. Qu'est-ce qui a changé, entre temps ?
C'est l'encadrement et surtout les conseils dont je bénéficie. Tout Grand Yoff est derrière moi. J'ai le plus grand staff technique : toute la zone 7 b est mobilisée derrière moi. Je manquais de conseils quand j'étais à Rock énergie. Je me suffisais à moi-même et je n'accordais pas trop d'importance à ma carrière de lutteur. Quand je suis venu à Grand Yoff, j'ai compris qu'il fallait me ressaisir et prendre au sérieux ma carrière. A Rock énergie, l'ambiance était bonne, les entraînements étaient bondés de monde. On était des stars. On s'entrainait bien, on s'alimentait bien. On était bien ensemble. Mais, j'ai tout laissé pour revenir à Grand Yoff. Je me suis sacrifié pour rendre l'ascenseur car, j'étais redevable aux habitants de Grand Yoff qui m'ont ouvert les yeux sur la nécessité de représenter dignement les couleurs de notre localité. Ils ont fait toutes sortes de sacrifices pour faire de moi le champion qu'ils veulent. Je n'avais plus le droit à l'erreur.
Quelles sont vos ambitions à présent ?
Je veux devenir roi des arènes. Pour moi, dans tout ce que j'entreprends, je dois être premier, le meilleur. Actuellement, on ne peut pas réellement connaitre mes qualités, on en saura plus quand on dira Zarko-Balla Gaye 2 ou Zarko-Tapha Tine, entre autres affiches. Mais, il me reste encore du chemin pour arriver à ce stade. Pour l'instant, je veux me frotter à des lutteurs de la trempe de Papa Sow.
N'est-ce pas trop ambitieux ?
Aucun lutteur ne peut m'impressionner. J'ai été l'un des premiers à terrasser Gouye Gui, c'était il y'a quelques années, lors du tournoi du Cng.
N'avez-vous donc pas le sentiment d'avoir accusé du retard ?
Tout à fait, c'est pour cela qu'on a reculé pour mieux sauter. C'est la raison pour laquelle je suis revenu à Grand Yoff.
Il parait que vous manipuliez bien le ballon rond, avant d'être lutteur...
C'est vrai. J'ai été très populaire dans le milieu des navétanes. Quand je jouais au football, j'étais, en même temps, dans les mbapattes où j'avais un succès fou. Je n'ai jamais eu de défaites en mbapattes. J'ai été le premier à battre Pape Mor Lo. C'est d'ailleurs à ce moment précis que j'ai su que je pouvais faire carrière dans la lutte. Par la suite, j'ai pris beaucoup de poids, c'est ainsi que je me suis résolument décidé à faire de la lutte, mon job. Mais, jusqu'à présent, je joue encore au foot car, cela m'aide beaucoup à chaque fois que j'ai des combats.
Comment ?
Grâce au football, je suis plus endurant et plus souple. Les sprints que je fais, aucun lutteur ne peut les réussir. Je vais vous révéler mon secret. Avant chaque combat, je descends sur le terrain, jouer des matches de football de haut niveau, avec mon équipe, l'Asc Yeggo. Je m'entraîne avec l'équipe première qui joue en première division du championnat local. Il m'arrive même de faire des matches officiels et parfois, c'est moi qui règle leurs problèmes.
Il parait que vous tirez votre popularité de votre réputation de «terreur» de Grand Yoff. Vous confirmez ?
Terreur, c'est trop dire. Seulement, je suis quelqu'un qui ne supporte pas l'injustice. Je suis révolté à chaque fois que je vois quelqu'un faire du mal. Tous les agresseurs notoires ici me connaissent. A l'époque, des filles me payaient de l'argent pour que je les protège contre des agresseurs. Je n'hésitais à régler leurs comptes.

Pourquoi n'avez-vous pas imposé cette fougue dans l'arène ?

Maintenant, on s'est assagi. Je suis devenu plus professionnel et plus concentré. J'ai un niveau très élevé de la lutte. Aucun lutteur ne peut m'impressionner. J'ai lutté presque avec tous les sérères de ma génération or, ceux-ci sont les plus redoutables lutteurs au Sénégal.
On vous colle également l'étiquette d'être le chouchou des jeunes filles...
Jusqu'à présent, je suis le chouchou des filles. Mais, j'ai décidé de tourner le dos à tout ceci, pour me consacrer exclusivement à la lutte. Les filles, il y'en a pour tous les goûts et de toutes les couleurs. Mais, j'ai fermé cette page depuis. Il est vrai qu'on a vécu une jeunesse dorée, on a croqué la vie à pleines dents. Mais tout ceci, c'est du passé. Je ne peux plus me permettre ces genres de choses car, j'aspire à devenir un grand champion. Quand j'ai un combat, même ma propre famille ne me voit plus. Je ne parle avec personne, je suis enfermé dans ma chambre et je ne me consacre qu'aux entraînements.

Qu'en est-il de votre relation avec la danseuse Ndeye Guèye ?

Je ne sors pas avec Ndeye Guèye Junior. C'est une amie intime qui compte beaucoup pour moi. Les gens interprètent cette proximité entre elle et moi comme une relation amoureuse. Nous sommes deux stars de Grand Yoff. C'est un ami intime qui sortait avec elle mais, il n'y a rien entre Ndeye Guèye junior et moi. C'est une s½ur pour moi. Elle m'invite dans ses programmes, et elle me voue une grande estime. Mais, ce n'est qu'une amie.

Non, on parle de Ndeye Guèye «générale», leader des Gazelles ?

Je vous dis que j'ai fermé cette page. Rien ne me lie à elle, non plus. Ce n'est qu'une amie. Il n'y a rien entre nous, les gens disent ce qu'ils veulent, ce sont des rumeurs.

Il parait même qu'elle vous entretient financièrement...

Tout ceci est archifaux. Ça n'existe que dans l'imagination des gens.

Et avec Modou Lo ?
Rien n'a changé dans mes relations avec Modou Lo. C'est un mec sympa, un grand champion. Il ne reste pas deux ou trois jours sans m'appeler. C'est un ami et je l'ai su, après mon départ de Rock Energie. Nous sommes très proches.

Que pensez-vous de l'équipe nationale de football ?

Je peux régler la situation de l'équipe nationale. Ce ne sont pas des blagues. Si j'étais dans l'équipe, le Sénégal n'aurait plus de problèmes en attaque. Je suis un renard des surfaces. J'ai toujours ma licence de footballeur avec moi. A chaque fois que Yeego est dans l'embarras, on fait appel à moi pour que je règle leurs problèmes.
Je peux emmener la coupe pour l'équipe nationale. Je suis meilleur que les Demba Ba, Moussa Sow et autres Papiss Demba Cissé. Ils n'ont pas la détermination. Quand on défend les couleurs de son pays, on doit être un vrai lion sur la pelouse. Ils ont un problème de motivation. Cette équipe n'a rien à voir avec celle de 2002.

Que pensez-vous des inondations qui ont frappé Grand Yoff, l'année dernière ?

Cela m'avait fait trop mal car, cela m'a trouvé en France et je regardais les images à travers la télévision.
Je voulais même écourter mon séjour pour venir prêter main forte. Mais, je suis surtout peinée par toute cette arnaque autour des inondations. Certaines chaînes de télé nous ont fait croire qu'elles allaient récolter des fonds pour nous aider.
Mais, tout ceci était de l'intox, rien n'a changé. Depuis lors, c'est silence radio. Je crains le pire pour le prochain hivernage.
Nous avons été les plus touchés par les pluies mais, les populations de Grand Yoff ont été manipulées par ces télévisions qui les ont utilisées. Il n'y a que Khalifa Sall, le Maire de Dakar, habitant de Grand Yoff, qui a distribué des dons aux sinistrés.
Mais, cela ne va plus se produire car, nous sommes décidés à les dénoncer. Elles ne vont plus recommencer.

Réalisé par Amadou L. Mbaye
REWMI QUOTIDIEN