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Adema-Pasj et l’élection présidentielle de juillet 2013 : La victoire est-elle possible ?

Qui sera président de la République à l'issue de la prochaine élection de juillet 2013 ? Difficile à ce jour de répondre avec certitude à la question. Mais, nombreux sont ceux-là qui pensent que le candidat officiel de l'ADEMA-PASJ M. Dramane Dembélé est mal placé pour gagner la bataille de Koulouba. Qu'à cela ne tienne, la victoire de la « Ruche » est fort possible si les abeilles consentent à être réaliste.

Dramane Dembélé

Jamais dans l'histoire du Mali indépendant, un parti politique, en dehors de l'ADEMA-PASJ n'a organisé des primaires afin de designer son candidat à l'élection présidentielle. Et pour cause, en Afrique en général et au Mali en particulier, les partis politiques constituent la chose d'un seul homme et de sa suite.

Un seul homme derrière lequel, Tous, pour une raison ou une autre sont obligés de se liguer car, comme le dit l'adage « il n'y a pas de place pour deux rois sur une même peau ». Et la philosophie de ces hommes est la suivante : « qui n'est pas avec moi est contre moi ».

Ce qui fausse cette règle élémentaire d'un parti politique démocratique qui se veut au service d'un Etat démocratique.

En effet, qu'un parti politique au Mali organise des primaires à l'occasion d'une élection présidentielle est, rare. On préfère plutôt éliminer les adversaires, par la force de l'argent, et la calomnie.

Toutes choses que l'ADEMA-PASJ a décidé de bannir. Cela, de sa création à nos jours.

Ce parti en effet, à l'instar des autres de ces grands pays à la culture démocratique légendaire, de 1992 à nos jours, a toujours choisi son candidat à l'élection présidentielle par consensus ou en organisant la délicate épreuve des primaires. Cela, malgré les risques de divisions, d'animosités et de conflits personnels entres ses responsables, donnant la priorité au jeu démocratique.

C'est vrai que cet exercice d'organisation des primaires aura été difficile, très difficile et aura même affaibli l'ADEMA-PASJ comme ce fut le cas en 2000.

Pour rappel, en octobre 2000, IBK (Président alors de l'ADEMA-PASJ) en qui certains voyaient le candidat « naturel » de l'ADEMA à l'élection présidentielle de 2002, a été contraint d'attendre pour ce faire, la tenue du congrès extraordinaire de son parti.

Trop pressé et peu confiant en ses chances, il claqua alors la porte du congrès et démissionna de son parti, sûr qu'il était victime d'un complot « savamment préparé contre lui »

IBK  créa alors son propre parti politique (le RPM) en emportant dans ses valises nombres de ses amis.

L'ADEMA-PASJ venait de connaître sa plus grande crise de leadership. Finalement et pas pour le meilleur, Soumaila Cissé a été désigné candidat du parti au détriment de Soumeylou Boubèye Maïga qui mobilisera en faveur d'ATT ses partisans.

Devenu le challenger d'ATT, Soumaila Cissé candidat officiel de l'ADEMA sera abandonné par ses frères du RPM de IBK et les sympathisants de son camarade Soumeylou Boubèye Maïga pour connaître une cinglante défaite face à ATT.

L'ADEMA-PASJ était devenu presque un parti fantôme au point que l'on le croyait agonisant.

Finalement, en 2007, le pauvre parti du grand Alpha Oumar Konaré ne pourra même pas se présenter à l'élection présidentielle, tant il était faible et décapité.

Qu'à cela ne tienne, puisque « les grands partis ne meurent jamais », l'ADEMA- PASJ s'est ressuscité grâce à la persévérance, au patriotisme et  à l'abnégation de bon nombre de ses responsables dont le Pr. Dioncounda Traoré, M. Ibrahima N'Diaye et autres et aussi à la fidélité  de ses militants. Elle gagnera même (l'ADEMA- PASJ) les élections législatives, lui permettant d'avoir la présidence de l'Assemblée Nationale assurée par le Pr. Dioncounda Traoré.

Et, malgré toutes les turbulences, toutes les épreuves, ce parti a récidivé en 2011 (encore une fois) en organisant des primaires pour l'élection présidentielle devant se tenir en Avril 2012. Le Pr. Dioncounda Traoré avait été retenu, ses adversaires ont accepté la loi de la démocratie et se sont rangés sans rancune aux côtés du désormais candidat officiel de leur parti.

L'ADEMA-PASJ venait enfin de donner l'exemple d'un parti politique démocratique prêt à payer le prix fort pour respecter les règles de cette Démocratie dont tout le monde se dit être partisan.

Le devoir de gagner

L'ADEMA-PASJ n'a donc surpris, ni les Maliens, ni la communauté internationale de persister dans cette voie démocratique en décidant d'organiser, malgré la conjoncture spéciale des primaires au bout desquelles son candidat sera désigné.

C'est pourquoi, le 21 février dernier, le comité Exécutif de l'ADEMA-PASJ avait lancé un appel à candidature pour le choix de son candidat à l'élection présidentielle de 2013.

Ce qui a ouvert la voie au dépôt des dossiers de candidature ou de proposition de candidature adressés au comité Exécutif jusqu'au 11 Mars dernier.

Finalement l'ADEMA-PASJ a officiellement choisi son candidat.

Il s'agit de Dramane Dembélé, un jeune jusqu'à ce jour, peu connu de la grande majorité des militants ADEMA.

Le choix porté sur ce jeune ingénieur de l'industrie et des mines (46 ans) est-il le bon ?

Ce que l'on peut dire, c'est que le Comité de bons offices présidé par Oumarou Ag Mohamed Haïdara a surpris plus d'un.

En effet, l'ADEMA-PASJ est un parti politique réputé pour être « imprévisible » qui peut toujours nous réserver des surprises. De bonnes comme de mauvaises. Ainsi donc, ce jeune ingénieur a-t-il été choisi dit-on pour incarner le changement.

Mais, changement rime-t-il avec jeunesse ? Peut-être bien ! Seulement faut-il se rappeler que l'expérience, le charisme, la notoriété, l'homme d'Etat n'ont rien avoir avec l'âge. Surtout pour celui qui a la lourde tâche représenter à une élection présidentielle un parti politique comme l'ADEMA-PASJ.

Mais, soyons réaliste : M. Dramane Dembélé a certes du talent et du mérite, mais, il n'est assez solide pour gagner la bataille de l'élection présidentielle de juillet prochain. Parce que pour cela, il faudrait (qu'importe l'âge) avoir prouvé dans le temps sa capacité d'unir, d'unifier et surtout avoir une culture politique démocratique reconnue par tous.

Mais bien plus, au Mali,  pour pouvoir accéder à la magistrature suprême du pays, il faudrait être un homme connu, très connu.

Certes l'ADEMA qui a investi M. Dembélé comme candidat à l'élection présidentielle est encore un grand parti qui dispose d'un large électoral. Mais dans le cas de l'élection présidentielle, les électeurs votent non pas en faveur du candidat du parti, mais de la personnalité et de l'aura de celui-ci . Autre handicap pour le candidat Dembélé, c'est le fait que, une autre personnalité de l'ADEMA Soumeylou Boubeèye Maïga vient de claquer la porte du parti et se prépare à participer à la présidentielle de juillet prochain. Or, M. Maïga dispose aussi d'une base électorale et fonde ses espoirs sur les mêmes militants ADEMA.

Il n'est par ailleurs pas exclu que d'autres responsables de l'ADEMA suivent son exemple. Toute chose qui diminuera les chances de succès du candidat officiel de l'ADEMA-PASJ à l'élection présidentielle.

Alors quelle solution pour assurer la victoire de l'ADEMA à ce scrutin ?

La question doit faire l'objet de méditation autant pour M. Dembélé que les responsables de son parti

 

Boubacar Sankaré

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