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Crise en Libye: échauffourées entre manifestants rivaux

Des échauffourées ont éclaté vendredi dans le centre de Tripoli entre des manifestants hostiles aux milices armées et des partisans d'une loi sur l'exclusion politique des collaborateurs de l'ancien régime, a constaté un journaliste de l'AFP.

Quelques centaines de Libyens s'étaient regroupés dans l'après-midi sur la place d'Algérie pour dénoncer le siège imposé depuis plusieurs jours aux ministères de la Justice et des Affaires étrangères, par des milices armées qui exigent l'exclusion des ex-collaborateurs du régime déchu de Mouammar Kadhafi.

"Finie l'ère des milices", "l'agression des ministères est une agression contre le peuple libyen", "Non aux armes, oui au dialogue", lit-on sur des pancartes brandies par les manifestants.

Les protestataires se sont rendus par la suite sur la Place des martyrs où des heurts les ont opposés à d'autres manifestants qui observaient un sit-in pour réclamer l'adoption de la loi controversée. Certains en sont venus aux mains et d'autres manifestants ont détruit des pancartes.

Il n'y a pas eu de victime.

Les manifestants hostiles aux milices se sont ensuite retirés de la place et se sont dirigés au siège du gouvernement pour "éviter que la situation ne dégénère" et pour "exprimer la solidarité des Tripolitains au gouvernement et autorités légitimes du pays", selon l'un des organisateurs.

Par ailleurs, à Benghazi, dans l'est libyen, un groupe d'hommes armés a agressé des militants politiques qui manifestaient pour appuyer "la légitimité de l'Etat et pour lever le siège des ministères" à Tripoli, selon la militante Mabrouka al-Mesmari.

"Un groupe armé est venu et nous a empêché de se rassembler, en nous menaçant avec des armes", a-t-elle dit.

Des miliciens armés cernent depuis dimanche le ministère des Affaires étrangères à Tripoli. Ils tentent ainsi de faire pression sur les autorités pour l'adoption d'une loi sur l'exclusion politique de collaborateurs de l'ancien régime. Des miliciens bloquent aussi depuis mardi le siège du ministère de la Justice.

Le gouvernement a indiqué qu'il n'envisageait pas une confrontation avec les groupes armés et appelé la population à la mobilisation pour défendre "la légitimité des institutions de l'Etat".

AFP

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