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L'Afrique centrale se réunit une nouvelle fois sur la Centrafrique

Les pays d'Afrique centrale tenaient vendredi à Brazzaville un nouveau sommet extraordinaire sur la crise centrafricaine avec comme objectif de trouver des solutions pour un pays qui reste très instable plus d'un mois après la prise du pouvoir par les rebelles du Séléka.

Seul deux chefs d'Etat assistent aux discussions, l'hôte et médiateur régional, le Congolais Denis Sassou Nguesso, et son homologue sud-africain Jacob Zuma, alors que les autres pays de la Communauté économique des Etats d'Afrique centrale (CEEAC) ont dépêché des ministres pour cette réunion de suivi du sommet de N'Djamena du 18 avril.

L'Afrique du Sud avait déployé, dans le cadre d'un accord de défense aux contours obscurs, des soldats en Centrafrique pour défendre le régime du président François Bozizé. Quatorze soldats sud-africains avaient trouvé la mort dans des combats contre les rebelles qui ont accompagné sa chute, fin mars, à Bangui.

Aucun ordre du jour des réunions qui doivent commencer à 10H00 n'a été dévoilé. Cependant, lorsque le principe de la réunion de suivi avait été décidé le 18 avril - au cours d'un sommet des présidents d'Afrique centrale dans la capitale du Tchad - il était question, sans plus de précision, d'aider la transition.

Il devrait notamment être question de l'accompagnement financier du pays, qui est l'un des plus pauvres de la planète malgré la richesse de son sous-sol (uranium, diamants, or, pétrole...) encore inexploitée.

Convaincre pays voisins et bailleurs de fonds occidentaux de redonner de l'argent à un pays qui va de crise en crise et alors que la situation économique mondiale n'est pas favorable "ne sera pas facile", soulignait récemment un diplomate.

La Centrafrique sollicite par ailleurs le déploiement de 2.000 soldats pour rétablir l'ordre. Le principe en est acquis mais la mise en application apparaît plus difficile.

Lors du sommet du Tchad, les dirigeants d'Afrique centrale avaient promis de quadrupler les effectifs de la Fomac, la force multinationale de l'Afrique centrale, qui peine à mettre fin à l'anarchie. Mais, pour l'heure, le calendrier de déploiement n'a toujours pas été fixé.

A plusieurs reprises, depuis sa prise de pouvoir en mars, le nouveau dirigeant centrafricain Michel Djotodia a appelé "tous" les partenaires du pays à se mobiliser, et en particulier l'Union européenne.

"L'organe de transition en place n'a pas un sou dans sa caisse pour fonctionner", avait de son côté déclaré le président tchadien, Idriss Déby, au sommet d'avril.

"Il est urgent que les partenaires et les pays amis apportent leur contribution financière aux organes de la transition pour remplir sa mission", avait-il lancé.

Michel Djotodia avait lui aussi prédit, fin avril, de grandes difficultés économiques pour la Centrafrique. "Les caisses de l'Etat sont vides", avait-il prévenu.

Le nouveau pouvoir peine à remettre en route un appareil de production détruit par les évènements, alors que Bangui reste en proie à l'insécurité et aux pillages ayant donné lieu à des accrochages entre civils et membres du Séléka. Quant aux fonctionnaires, ils ne perçoivent toujours aucun salaire.

Mi-avril à Bangui, une vingtaine de personnes sont mortes dans les violences. "Les armes doivent se taire, avait plaidé le 1er mai M. Djotodia, insistant: "Je veux que l'ordre soit rétabli sur tout le territoire national"

M. Djotodia s'était autoproclamé président après la prise de Bangui, le 24 mars, par les rebelles et la fuite du président Bozizé.

Puis, le 13 avril, il avait reçu le "vernis" institutionnel qui lui manquait en étant élu, par acclamations, président de la République, lors de la première session du Conseil national de transition, formé par toutes les composantes politiques du pays. Il était l'unique candidat.

AFP

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