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Présidentielle de juillet 2013 : LA GRANDE CONTROVERSE

Certains acteurs de la scène politique pensent que l'élection ne peut se tenir en juillet. Le gouvernement assure du contraire

Aujourd'hui, il n'est un secret pour personne que les Maliens sont partagés quant à la tenue de l'élection présidentielle en juillet prochain. Si certains pensent qu'il faut tenir la présidentielle à la date indiquée pour tourner la  page de la transition, d'autres estiment qu'il faut prendre du temps pour éviter des élections ratées compte  tenu  du fait que le pays n'est pas encore totalement unifié, l'Etat n'étant pas encore présent à Kidal. Tout comme l'administration a du mal à se redéployer et surtout à pouvoir travailler dans les villes récupérées dans le nord.

Le gouvernement pour sa part, tient à tout prix à organiser l'élection du président de la République en juillet. Cette  détermination a été réaffirmée mardi par le ministre de l'Administration, de la Décentralisation et de l'Aménagement du territoire, en charge des élections, le colonel Moussa Sinko Coulibaly. C'était lors de son passage devant les députés. L'élection aura bel et bien lieu en juillet, a-t-il dit avec insistance avant d'annoncer qu'un chronogramme officiel des élections sera très prochainement envoyé à l'Assemblée nationale. Par ailleurs,  le ministre a tenu à assurer que tout sera fin prêt pour la bonne tenue de l'élection présidentielle en juillet sur l'ensemble du territoire. «Le ficher électoral sera finalisé en juin. La loi électorale ne sera pas révisée, mais connaîtra des amendements pour tenir compte des changements intervenus. Une mission est en cours au Burkina, Niger, Mauritanie et Algérie pour donner la possibilité aux refugiés de pouvoir voter. Quant aux déplacés, ils auront la possibilité de  dire aux  commissions administratives là où ils désirent voter», a-t-il détaillé, attestant ainsi que le gouvernement est en train de mouiller le maillot.

Les assurances du ministre n'ont cependant pu convaincre certains députés qui sont restés dubitatifs sur la tenue de la présidentielle en juillet. Chargée de la supervision des élections, la Commission électorale nationale indépendante (CENI) se montre aussi pessimiste sur la question. Son rapporteur, Me Elias Touré, juge que le report est inévitable pour plusieurs raisons. «Le problème de Kidal n'est pas encore réglé. Le retour de l'administration dans les villes libérées et leur sécurisation, c'est encore une question qui nous préoccupe. Or c'est important, la présence de l'administration pour aider les commissions administratives dans leur travail. Mais le gros du problème se trouve au niveau de la carte NINA qui doit servir de carte d'électeur. Or à la date d'aujourd'hui, je n'ai pas entendu un appel d'offre dans ce sens. Par ailleurs, depuis le 18 mars, les équipes de distribution des cartes d'électeur auraient dû être sur le terrain. Tel n'et pas le cas encore», a-t-il détaillé. En guise de démonstration, Me Elias Touré révèle qu'un expert contacté par la CENI a clairement dit qu'il ne serait pas possible de fabriquer la carte NINA avant 6 mois des élections.

 

LA CLASSE POLITIQUE DIVISEE. Le rapporteur de la CENI révèle que sa structure a fait une proposition de chronogramme des élections qui prévoit le premier tour de la présidentielle au 28 juillet ... 2014 et le second  tour au 11 aout 2014. «Le gouvernement a la volonté de faire l'élection en juillet 2013. La CENI pense que cela paraît difficile, voire impossible car nous ne voulons plus des élections bâclées dans ce pays », a insisté Me Touré. Nous n'avons pas pu en savoir davantage sur la crise de confiance qui s'est installée entre le gouvernement et la CENI. Mais limitée dans son rôle de supervision des élections, l'inquiétude grandissante de la CENI n'est elle pas préoccupante ?

Mais que pensent les partis politiques de tout cela ? Le président de CNID Faso Yiriwa Ton, probable candidat à élection présidentielle, Me Mountaga Tall pense qu'un report de la présidentielle n'est pas mauvais en soi, mais il estime que la proposition de la CENI de pousser la présidentielle jusqu'en 2014 est à la limite ridicule. Le président de la jeunesse de l'Union pour la République et la démocratie (URD), le Dr. Madou Diallo, a cité deux choses auxquelles sa formation politique tient beaucoup. La première chose est que l'URD s'inscrit dans la volonté du gouvernement de tenir l'élection présidentielle en juillet et pour cela elle se dit prête à aller au combat. La deuxième chose est que si les conditions ne permettent pas à l'organisation d'une élection transparente sur l'ensemble du territoire, l'URD ne voit aucun inconvénient à un report. «Nous ne sommes pas forcément pour ou contre une date. Nous voulons juste que les élections se fassent dans la transparence et sur l'ensemble du pays», précise Madou Diallo.

Par contre, le Rassemblement pour le Mali (RPM), par la voix de son porte-parole, Boubacar Touré, est opposé au report et juge que cette question ne doit aucunement se poser dans la mesure où le gouvernement s'est engagé à organiser l'élection présidentielle en juillet dans sa Feuille de route adoptée par l'Assemblée nationale. «Dire aujourd'hui qu'il ne faut pas aller aux élections en juillet constitue une violation flagrante de la loi. Nous ne nous sommes pas dans ce débat, car pour nous c'est du dilatoire. Je pense qu'il n'y a pas de nouveaux éléments qui empêchent l'organisation de l'élection présidentielle en juillet », a t-il déclaré.

Selon les explications de son secrétaire administratif, Nouhoun  Keita, le parti SADI (Solidarité africaine pour la démocratie et l'indépendance) n'est pas aujourd'hui préoccupé par l'éventualité d'un report des élections de juillet. Mais  Nouhoun Keita estime que le gouvernement n'a pas encore posé d'actes concrets pour que la présidentielle puisse se tenir en juillet. «Le retour de l'administration dans le nord n'est pas encore effectif. La distribution de la carte NINA est en retard. Les commissions de recensement ne sont pas encore fonctionnelles », a-t-il énuméré comme failles avant d'ajouter : «on veut que la compétition commence mais le gouvernement tarde à poser des actes concrets dans ce sens».

D'autres responsables politiques contactés n'ont pas souhaité se prononcer sur le sujet.

M. KEITA    

 

L'essor

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