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Canicule, marché de la glace : LE TEMPS DES BONNES AFFAIRES

Avec la chaleur étouffante, la glace devient un produit précieux à multiples usages. Les vendeurs, et surtout les vendeuses, se frottent les mains

Depuis mars, nous vivons sous la canicule. Si la forte chaleur en cette période de l'année se situe dans l'ordre normal des choses au regard du climat de notre pays, nombre de nos compatriotes ont l'impression que la canicule de cette année est exceptionnelle. L'impression n'est certainement pas trompeuse puis que depuis de longues semaines, le thermomètre se maintient bien au dessus des 40 degrés.

Comme nous l'écrivions dans un précédent article consacré au marché du matériel de froid en cette période (réf l'Essor du 23 avril), face à la fournaise, tout est bon pour rendre le quotidien supportable et tout ce qui peut soulager de la chaleur est le bienvenu. Du coup, les habitudes vestimentaires, culinaires, et mêmes les comportements changent. On s'habille léger, on élit domicile sous les ventilateurs, climatiseurs et autres humidificateurs, on avale des litres d'eau et de boissons fraîches. C'est justement le marché de la glace qui nous intéresse aujourd'hui.

De nos jours, la glace est un produit très précieux. Elle est utilisée à plusieurs fins. Pour rafraîchir de l'eau à boire et les boissons, conserver des produits comme le poisson et la viande. Du coup, le marché de la glace explose et nombre de propriétaires de congélateurs ou de réfrigérateurs s'improvisent vendeurs de glace ou d'eau glacée pour profiter de l'aubaine.

A l'échelle industrielle, la société Industrie de boissons et de glace (IBG) est connue comme une grande productrice de glace. L'usine qui existe dans sa forme actuelle depuis 1990, produit des barres de glace. Ses principaux clients les propriétaires de bar, les boulangers, les opérateurs gaziers, les vendeurs de poisson. D'autres font des commandes de glace à l'occasion de cérémonies sociales comme les mariages, les baptêmes ou les obsèques.

Mme Sy Oulématou Sy est la gérante de l'IBG. Elle relève que l'usine est parvenue à imposer son produit sur le marché au point que l'offre est parfois inférieure à la demande, surtout en cette période de grosse chaleur. « Actuellement, nous n'arrivons pas à faire face à la demande, tant elle est forte. Certains client repartent bredouilles », reconnaît la gérante.

Le niveau des prix obéissant généralement à la loi de l'offre et de la demande, le prix de la glace renchérit toujours en période de canicule. Ainsi, au niveau de l'IBG, la barre de glace de 25 kg qui coûte entre 500 et 700 Fcfa vaut aujourd'hui 1500 Fcfa ! Mais Mme Sy tient à préciser que cette hausse de prix ne résulte d'aucune volonté d'abuser de la situation. Elle est imposée par les coûts supplémentaires engendrés par les fréquentes coupures d'électricité en ce moment dans la capitale. « Avec les coupures intempestives de courant par l'Energie du Mali, nous avons très souvent recours au groupe électrogène pour faire marcher l'usine. Or, il faut du carburant pour alimenter le groupe. Nous sommes donc obligés de répercuter ces coûts supplémentaires sur le prix de la glace», jure notre interlocutrice, la main sur le c½ur.

Souleymane Diarra est un vendeur de poisson à Bamako. C'est justement au niveau de l'IBG que nous l'avons croisé. Il venait d'acheter 30 barres de glace « Je les mets sur mes poissons pour qu'ils ne pourrissent pas. Il faut savoir que le poisson est un produit hautement périssable surtout en cette période de forte chaleur.  Parfois, je peux acheter plus 30 barres de glace avec l'IBG. Je préfère leur glace pour sa solidité. Même en période de grande chaleur, elle met du temps avant de fondre », confie l'homme qui ne s'offusque pas outre mesure du niveau actuel des prix de la glace.

Pendant que certains  Bamakois (les gros consommateurs) s'approvisionnent dans les usines de glace, d'autres  achètent le produit tant demandé chez des particuliers propriétaires de congélateur ou de réfrigérateur.

Mme Fomba habite le quartier relativement huppé de Kalaban-Coura ACI. Elle dispose à la maison de deux congélateurs. Elle indique vendre de la glace depuis 8 ans. « En cette période de l'année, la glace marche très fort. En temps normal, je vends la glace au détail. Mais la demande est tellement forte aujourd'hui que je préfère ne vendre  qu'à des clients qui achètent beaucoup. Et ceux-ci sont fidèles. Mes clients en gros viennent essentiellement de Niamakoro. Avant, je leur vendais le sachet de glace à 25 Fcfa mais avec la pénurie d'eau à Kalaban-Coura et le problème d'électricité, je cède les 3 sachets de glace à 100 Fcfa. Mes clients vendent à leur tour l'unité à 50 Fcfa », témoigne Mme Fomba qui possède deux congélateurs dont l'un est actuellement en panne. « Avant, je pouvais vendre pour 4000 Fcfa de glace par jour en période de chaleur. Avec un seul congélateur, je ne gagne  que la moitié», regrette notre interlocutrice qui n'arrive pas à satisfaire les besoins de sa clientèle.

Nous avons également croisé une jeune vendeuse ambulante de glace à Kalaban-Coura ACI. Nous la prénommerons « Maïssata ». Elle s'approvisionne chez Mme Fomba avant de sillonner les rues de Niamakoro afin d'écouler son produit. « Je me ravitaille en glace chez Mme Fomba et d'autres propriétaires de congélateur. Ces propriétaires de congélateur me vendent les trois sachets de glace à 100 Fcfa. Je revends chaque sachet à 50 Fcfa. L'affaire est plutôt bonne, même si elle est épuisante physiquement car la glace est très lourde. Or, je dois sillonner le quartier pour proposer mon produit», confie la jeune fille.

Mme T. possède également un congélateur. Elle a essentiellement comme clientes les vendeuses ambulantes à qui elle vend le sachet de glace à 50 Fcfa. Les vendeuses  proposent à leur tour la glace à 100 Fcfa. « La glace marche vraiment en cette période. J'ai même du mal à satisfaire mes clientes. Je peux gagner jusqu'à 3500 Fcfa  par jour ou même plus.  Avec  cet argent, j'aide mon mari à payer la facture d'eau et d'électricité et je parviens à effectuer certaines dépenses pour moi-même», témoigne Mme T.

Comme on peut donc le constater, le marché de la glace est une affaire très lucrative en cette période de canicule. Et de toute évidence, les intervenants, disons les intervenantes (la plupart étant des femmes) dans le marché ont de belles semaines devant elles, les pluies se faisant toujours attendre.

Aminata Dindi SISSOKO

 

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