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Congo : l'Afrique centrale au chevet de la Centrafrique

BRAZZAVILLE (AFP) - (AFP)

Des ministres des Affaires étrangères d'Afrique centrale se sont réunis jeudi à Brazzaville pour évoquer, à huis clos, la crise en Centrafrique où l'instabilité demeure, un peu plus d'un mois après la prise de pouvoir par la coalition Séléka.

Le président congolais Denis Sassou Nguesso - médiateur de la crise - n'a pas présidé cette première réunion régionale de suivi qui s'est tenue au ministère des Affaires étrangères jusqu'en début d'après-midi.

Les chefs de la diplomatie de la Centrafrique, du Tchad et du Gabon ont participé à cette rencontre qui doit durer deux jours.Le ministre de la Défense du Tchad et le ministre de l'Intérieur de la République démocratique du Congo étaient également présents, rejoints par la ministre des Affaires étrangères du Rwanda en fin d'après-midi.

Seul chef d'Etat étranger à participer à la réunion, le sud-africain Jacob Zuma était accompagné à Brazzaville de trois de ses ministres dont celui des Affaires étrangères.L'Afrique du sud avait déployé, dans le cadre d'un accord de défense aux contours obscurs, des soldats en Centrafrique pour défendre le régime du président François Bozizé.Quatorze soldats sud-africains avaient trouvé la mort dans des combats, le 23 mars, contre les rebelles centrafricains à Bangui.

Vendredi, les ministres et les chefs d'Etat congolais et sud-africain vont poursuivre les discussions, qui doivent reprendre à 10H00 (09h00 GMT).

Aucun ordre du jour précis n'a pas été dévoilé.Cependant, lorsque le principe de la réunion de suivi avait été décidé le 18 avril - au cours d'un sommet des présidents d'Afrique centrale au Tchad - il était question, sans plus de précision, d'accompagner la transition.

Il devrait notamment être question de l'accompagnement financier du pays, qui est l'un des plus pauvres de la planète malgré la richesse de son sous-sol (uranium, diamants, or, pétrole...) encore inexploitée.

La Centrafrique sollicite par ailleurs le déploiement de 2.000 soldats pour rétablir l'ordre.Le principe en semble acquis mais la mise en application apparaît plus difficile.

Lors du précédent sommet sur la Centrafrique à N'Djamena, les dirigeants d'Afrique centrale avaient promis de quadrupler les effectifs de la Fomac (force multinationale de l'Afrique centrale), qui peine à mettre fin à l'anarchie.La Fomac serait alors forte de 2.000 hommes.Mais, pour l'heure, le calendrier de leur déploiement n'a pas été fixé.

Appels à contributions

A plusieurs reprises, depuis sa prise de pouvoir en mars, le nouveau dirigeant centrafricain Michel Djotodia a appelé "tous" les partenaires du pays à se mobiliser, et en particulier l'Union européenne.

"L'organe de transition en place n'a pas un sou dans sa caisse pour fonctionner", avait de son côté déclaré le président tchadien, Idriss Déby, au sommet sur la Centrafrique d'avril."Il est urgent que les partenaires et les pays amis apportent leur contribution financière aux organes de la transition pour remplir sa mission", avait-il lancé.

Michel Djotodia avait lui aussi prédit, fin avril, de grandes difficultés économiques pour la Centrafrique."Les caisses de l'Etat sont vides", avait-il prévenu.

Le nouveau pouvoir peine à remettre en route un appareil de production détruit par les évènements, alors que Bangui reste en proie à l'insécurité et aux pillages ayant donné lieu à des accrochages entre civils et membres du Séléka.Quant aux fonctionnaires, ils ne perçoivent toujours aucun salaire

Mi-avril à Bangui, une vingtaine de personnes sont mortes dans les violences."Les armes doivent se taire, avait plaidé le 1er mai M. Djotodia, insistant : "Je veux que l'ordre soit rétabli sur tout le territoire national"

M. Djotodia s'était autoproclamé président après la prise de Bangui, le 24 mars, par les rebelles et la fuite du président Bozizé.Puis, le 13 avril, il avait reçu le "vernis" institutionnel qui lui manquait en étant élu, par acclamations, président de la République, lors de la première session du Conseil national de transition, formé par toutes les composantes politiques du pays.Il était l'unique candidat.

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