SlateAfrique

mis à jour le

Afrique du Sud - Un bac high-tech pour abandonner son bébé

Début mai 2011, un nouvel engin a fait son apparition devant un planning familial de la ville du Cap, en Afrique du Sud: le Baby Safe (littéralement «coffre-fort à bébé»), une sorte de bac high-tech mis à la disposition des femmes qui souhaitent abandonner leur enfant.

Cet engin en acier comporte un matelas, une couverture et un système de ventilation. Lorsqu’un enfant y est déposé, le bac se verrouille automatiquement, déclenche l’alarme d’une entreprise de sécurité et envoie également un SMS sur les téléphones portables de trois bénévoles qui vivent près du planning familial.

Cette initiative est une réponse au nombre croissant de bébés abandonnés dans le pays, le plus souvent laissés dans des poubelles ou des toilettes publiques. Les autorités recensent près de 500 enfants abandonnés chaque année dans la seule province du Cap-Occidental.

Kim Ferroli-Highfield, 52 ans, directrice de la fondation Out of Africa Children, explique comment elle a eu l’idée de ce bac:

«Tout ce que je veux, c’est sauver des bébés […] Si les gens veulent abandonner leur enfant, ils le feront. Si je peux empêcher ne serait-ce que l’un d’entre eux de mourir, j’aurais au moins sauvé une vie. J’ai quatre bacs supplémentaires en attente si cela s’avère efficace pour lutter contre le meurtre de ces enfants.»

Mais le Baby Safe ne suscitepas l’engouement général. Plusieurs associations de protection de l’enfance ont exprimé leurs craintes de voir le nombre de nouveaux-nés abandonnés augmenter à cause de cet engin. A l’image de Cheryl Pratley, directrice du centre Shepherd’s Keep, qui recueille les nourrisson abandonnés:

«C’est une expérience traumatisante pour un bébé. C’est presque une boîte. Je préfère voir un bébé à l’hôpital, dans les bras de quelqu’un, plutôt que d’être déposé dans une boîte complètement inhumaine […] Les femmes ne vont pas se payer un taxi juste après avoir accouché pour venir jusque là. Ils veulent un endroit où ils pensent que quelqu’un va trouver leur enfant, comme un pas de porte, un arrêt de bus ou des toilettes publiques.»

L’augmentation du nombre de bébés abandonnés serait dû à la situation économique du pays, qui connaît sa plus grave récession depuis vingt ans, laissant de nombreuses femmes sans domicile et donc dans l’incapacité de prendre en charge leur enfant.

Lu sur le Guardian