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Des journalistes soulignent l'absence d'un syndicat à même de porter les revendications des journalistes

L'absence d'un syndicat fort de journalistes, susceptible de porter à bras le corps leurs revendications socioprofessionnelles, a été  soulignée jeudi par des professionnels de la presse, à l'occasion de la journée internationale de la liberté de la presse.   "Le constat est que la seule activité syndicale réelle qui prévaut actuellement, se trouve dans le secteur public. Quant au privé, il y a une totale absence de représentativité et de structure syndicale dans les rédactions", a indiqué  à l'APS l'ancien secrétaire général du syndicat national des journalistes (SNJ),  Rabah Abdellah. Pour lui, la faute incombe "grandement aux journalistes, qui malheureusement ne réagissent pas pour défende leur droit et mettre fin à leur précarité, profitant ainsi aux patrons de presse, qui eux brassent beaucoup d'argent sans se soucier  de la situation des journalistes".  "L'entreprise de normalisation des journalistes a vraiment réussi. Ils sont devenus insensibles à leurs propres problèmes. Mais le seul moyen de redorer leur blason et d'exercer correctement leur métier est de se donner un cadre organisationnel", a-t-il soutenu. Il a ajouté qu'actuellement, "nous avons une dichotomie terrible, avec un secteur public plus au moins gâté au niveau salarial, alors que le secteur  privé sombre dans la précarité et dans les différents maux", a-t-il relevé. Le SNJ est illégitime Selon lui, l'actuel SNJ est "illégitime et exerce dans l'illégalité du fait du non renouvellement de son agrément depuis 2005".  "Cette situation est la conséquence de l'illégitimité de la direction  actuelle du syndicat. Depuis 2005, aucune structure légale du syndicat ne s'est  réunie, ni le bureau national, ni le conseil. Leurs mandats étant dépassés",  a-t-il expliqué. "Il y a une seule personne, à la tête du SNJ, qui n'a jamais été élu",  a-t-il précisé. Il a ajouté que lorsqu'un syndicat est "illégitime et affaibli, il n'est  pas en mesure de défendre les revendications des journalistes".  Pour sa part, Mustapha Aït Mouhoub, secrétaire général de la section  syndicale de l'APS, pense que "la fragilité" de la corporation "est d'ordre  organisationnel", soulignant que si la presse "peine à s'organiser, cela est  dû à la précarité des journalistes et à leur conditions socioprofessionnelles  catastrophiques".  "Les syndicats de journalistes ont été souvent dans des combats qui n'étaient pas les leurs. Ils étaient enrôlés dans des combats idéologiques  et partisans, alors qu'il devaient s'investir dans des débats sur la liberté  de la presse, l'éthique et la déontologie", a-t-il soutenu. Evoquant la situation des journalistes, il a estimé que ceux exerçant dans le secteur public avaient vu leur situation socioprofessionnelle changer, avec la promulgation de la nouvelle grille des salaires, qui "sera révisée prochainement". "La grille des salaires dans le secteur public est honorable par rapport à ce que percevaient les journalistes auparavant. Mais elle mérite d'être améliorée",  a-t-il estimé. De son côté, Zoubir Khlaifia, l'un des initiateurs du projet "malheureux"  de création d'un syndicat fédérateur de tous les journalistes (Union nationale  des journalistes algériens), a estimé que l'idée en 2008 de la mise en place  d'un syndicat partait justement du constat que les structures qui existaient  ne fonctionnaient pas et donc ne pouvaient pas prétendre défendre les droits  des journalistes.          "Nous avions constaté que les journalistes vivaient dans la précarité  la plus totale. Pour la plupart, ils percevaient un salaire dérisoire et n'avaient  pas où logeaient. Nous avions décidé de nous mettre à la table des négociations avec les éditeurs de presse pour la création de ce syndicat sous la coupe de  l'Union générale des travailleurs algériens", a-t-il raconté. Il a précisé, toutefois que les efforts étaient "fossés et voués à l'échec, du fait de la volonté de certains membre de l'exécutif de l'UGTA de faire main  basse sur le syndicat, en imposant des noms à leur guise".  "Le projet de création du syndicat a été avorté le jour même de la tenue  du congrès. Le syndicat a volé en éclats. J'ai tiré comme conclusion alors que  les droits des journalistes ne seront arrachés que s'ils se regroupent au sein  d'un syndicat indépendant et qui n'a aucune attache partisane ou autre", a-t-il  indiqué. L'actuel secrétaire général du SNJ, Kamel Amarni, a déclaré quant à lui, que le syndicat travaille quotidiennement pour défendre l'intérêt des  journalistes, en dépit des conditions difficiles. Interrogé sur l'absence de structures syndicales dans les journaux (publics  et privés), il a indiqué qu'il s'agissait "juste d'un problème d'organisation, étant donné que la plupart des journalistes sont des adhérents du SNJ".

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