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Gilles Le Guen, le marginal breton devenu Abdeljellil le jihadiste

Le jihadiste français Gilles Le Guen a été arrêté dans la nuit du 28 au 29 avril dans le nord du Mali lors d'une intervention des troupes françaises. Il doit être remis aux mains de l'armée malienne et pourrait être expulsé prochainement vers la France pour être jugé. Qui est-il ?

Il a 58 ans, est né à Nantes et dit avoir servi dans la marine marchande française pendant 15 ans. Dans un entretien au magazine L'Express, en janvier, Gilles Le Guen se décrit lui-même comme un marginal, qui s'est converti à l'islam en 1985.

Depuis deux ans, il habitait avec sa femme, une Marocaine, et ses cinq enfants, à une trentaine de kilomètres de Tombouctou. Musulman de longue date donc, mais qui s'est radicalisé récemment. Il ne rejoint les rangs des jihadistes qu’au moment où ils entrent dans la ville, il y a un peu plus d'un an. Gilles Le Guen prend alors le nom d’Abdeljellil.

En décembre, le correspondant de RFI au Mali l'avait rencontré à Tombouctou. La ville était encore aux mains des islamistes. Gilles Le Guen lui avait confié avoir marié sa fille d’à peine 12 ans à un autre jihadiste. A cette époque, Gilles Le Guen circulait en mobylette, et était en charge de la distribution d’électricité à Tombouctou.

Localisé en septembre

Les services secrets français le voient pour la première fois sur des photos avec d’autres islamistes en septembre dernier. Il apparait dans une vidéo sur internet en octobre, à visage découvert. Il porte un turban noir et une tunique beige. Sur l'image, derrière lui, un grand drapeau noir avec le sigle d'al-Qaïda au Maghreb islamique (Aqmi). A côté de lui : une kalachnikov.

La vidéo dure onze minutes. Gilles Le Guen y détaille son parcours, ses nombreux voyages. Il dit avoir travaillé pour l'ONG Médecin sans frontière aussi. Puis il tient des propos anti-occidentaux et met notamment en garde la France et les Etats-Unis contre une intervention au Mali.

RFI