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L'industrie florissante de la piraterie

Combien gagne un pirate somalien? D’après une étude de la société de consulting en intelligence économique Geopolicity, il touche en moyenne 79.000 dollars par an (54.850 euros).

Cette somme équivalente à 150 fois le salaire moyen en Somalie explique le succès de cette industrie dans un pays ravagé par la guerre entre factions armées. L'aire d’action des pirates somaliens a presque doublé en deux ans, passant de 1 à 2,5 millions miles nautiques (de 1.852 à 3.704 millions de mètres) sur l’océan Indien. Ce dernier concentre à lui seul la moitié du trafic mondial de conteneurs et 70% du trafic pétrolier maritime transite sur ces eaux.

D’après le Bureau international maritime, il y a eu 97 attaques de pirates au large de la Somalie sur un total de 142 au premier trimestre 2011, soit 35 de plus que l'année précédente.

Au total, le coût de la piraterie s’élève entre 7 et 12 milliards de dollars par an (entre 4,9 et 8,3 milliards d'euros). Une somme qui comprend «les rançons, les assurances et le coût des opérations navales, les poursuites et le déroutage des navires» indique le Business Daily de Nairobi. Le montant moyen des rançons exigées par les pirates somaliens a été multipliée par 36 en cinq ans, passant de 150.000 à 5,4 millions de dollars en 2010.

D'après une étude de l'organisation Oceans Beyond Piracy (PDF), le budget est très largement alourdi par les coûts de déroutement des navires (entre 2,4 et 3 milliards de dollars), d'assurance (entre 460 millions et 3,2 milliards de dollars) et les opérations de protection et de traque par des forces navales.

Mais le plus inquiétant est que le nombre de pirates, estimé à 1.500, pourrait augmenter de 400 chaque année et le coût de la piraterie pourrait s'élever à plus de 15 milliards de dollars en 2015.

La situation est devenue si grave que les compagnies de transport maritime font de plus en plus pression sur les gouvernements pour qu'ils renforcent la lutte contre la piraterie, rapporte le Wall Street Journal. Les propriétaires de navires insistent particulièrement pour que les pirates pris dans les filets des forces navales soient jugés et non relâchés, comme c'est souvent le cas. Les Etats craignent que si un prévenu n'est pas condamné, il demande asile dans le pays en question...

Plus d'une vingtaine de bâtiments font partie d'une coalition militaire créée en décembre 2008. Une flotille qui comprend des navires de l'Union européenne, des Etats-Unis et de l'Otan, ainsi que de la Chine et de la Russie.

Lu sur Business Daily, The Wall Street Journal