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Prudence et manque de volonté politique

Depuis des années, les gouvernements successifs ne cessaient de promettre d'élaborer une loi qui régirait le secteur des médias. Une loi, à vrai dire, qui libérerait le champ de l'audiovisuel. L'Algérie est l'un des rares derniers pays à le verrouiller encore. L'ancien ministre de la Communication, Abderrachid Boukerzaza, disait avoir préparé un texte pour la corporation. Celui qui l'a remplacé, Nacer Mehal, faisait presque les mêmes déclarations, en promettant l'élaboration d'un texte qui n'a jamais vu le jour. L'actuel ministre de la Communication, Mohamed Saïd, n'arrête pas de discourir sur le sujet sans que le projet voie le jour. Pourtant, le président Bouteflika, dans son discours du 15 avril 2011 - en pleine «révolte dans le Monde arabe» et quelques jours seulement après les émeutes qui avaient touché pratiquement toutes les grandes villes du pays - s'était engagé, dans le cadre des «réformes politiques» annoncées, à donner la place qu'il faut à l'ouverture du champ de l'audiovisuel. C'est comme l'Arlésienne, les réformes promises n'arrivent toujours pas. Mieux, les responsables politiques ne parlent plus de l'ouverture du champ de l'audiovisuel, mais de la création de chaînes thématiques. Un recul que d'aucuns pensent prévisibles. La présidence de la République n'a jamais prévu d'ouvrir le champ médiatique. Bien qu'elle ait autorisé des chaînes de télévision, qui travaillent dans l'informel ; elles sont de droit étranger et activent avec des accréditations comme des médias algériens. Un secteur qui fonctionnerait selon des standards internationaux ne semble pas arranger les affaires des pouvoirs publics qui tergiversent sur des textes auxquels ils ne veulent pas donner vie. Les responsables du secteur de la communication n'ont fait en réalité que gagner du temps puisque la volonté politique n'y est pas. Les projets de texte rédigés par les conseillers maison se comptent par dizaines, mais dans aucun, les professionnels des médias n'ont été associés. Il est clair depuis longtemps que, dans un contexte politique plombé, l'avènement de chaînes de télévision indépendantes et libres n'est pas souhaité. L'Algérie est l'un des derniers pays, aux côtés de la Corée du Nord, à avoir garder le contrôle sur le secteur des médias lourds ; radio et télévision. «L'ouverture audiovisuelle se fera de manière étudiée, réelle et graduelle», déclarait le ministre de la Communication, Mohamed Saïd, qui annonçait la batterie des projets qu'il prépare depuis sa nomination pour l'année 2013. Certains évoquent d'ores et déjà la loi sur l'audiovisuel pour l'automne prochain, mais d'autres, plus pessimistes, que l'échéance d'une ouverture dans le secteur sera encore repoussée. En fait, l'ouverture du champ de l'audiovisuel obéit beaucoup à des impératifs de pouvoir qu'à un problème de logistique ou à des difficultés de mettre en place les textes qu'elle nécessite. 

El Watan

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