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Une presse «parapublique» en mal d’autonomie

Le paysage médiatique national regorge d'entreprises de presse qui vivent, ou plutôt vivotent, grâce aux seules faveurs du soutien direct ou indirect que les pouvoirs publics daignent leur consentir. Tirage à crédit auprès des imprimeries étatiques, quotas garantis par l'ANEP sur la publicité des institutions et des entreprises publiques et autres formes d'aides indirectes leur permettent ainsi de subsister. Le hic est que ces journaux monnayent pour ainsi dire leur survie financière contre une forme d'allégeance tacite aux décideurs en place. Des entreprises de presse qui émargent en somme aux côtés de celles proprement publiques et que d'aucuns qualifient souvent de «presse parapublique». Fortement dépendantes du soutien du pouvoir, elles ne parviennent guère à embrasser les règles de la commercialité pour accéder à une certaine autonomie et évoluer dans un environnement de concurrence saine. Et à ce sujet, les responsables du secteur nourrissent souvent le flou, en attendant l'avènement d'une autorité de régulation ou encore d'une loi sur la publicité ou autres dispositifs réglementaires à même d'instaurer un certain ordre dans le paysage médiatique national. Dans cet ordre d'idées, le ministre de la Communication, Mohamed Saïd, sans aller au fond des choses, avait, dans une récente déclaration, esquissé un certain diagnostic, rendant surtout compte de dérèglements avérés dans le secteur de la presse. S'alarmant du taux d'invendus des journaux algériens qui dépasse de loin les seuils admissibles en la matière, le ministre a évoqué en ce sens la prédominance de trois à quatre titres de presse seulement qui accapareraient, selon lui, 50% des tirages quotidiens, soit 1,5 million d'exemplaires par jour, le reste étant réparti entre les nombreux autres titres (plus d'une centaine). Ce gap de tirage et d'invendus, dont le premier responsable du secteur ne précise pas l'origine, fait sans doute penser à la forêt de titres qui continuent à survivre tant bien que mal grâce au seul soutien des pouvoirs publics. Dans son discours, le même ministre é révélé d'ailleurs que la presse publique ne capte actuellement que moins de 50% de la manne publicitaire étatique distribuée via l'ANEP, le reste, soit plus de la moitié, bénéficiant donc à une certaine presse privée. «Les nouveaux journaux seront aidés dans un premier temps pour leur permettre de se placer sur le marché, mais au bout d'un certain temps, s'ils n'arrivent pas à grandir, ils n'auront pas de publicité», avait soutenu en définitive le ministre de la Communication. Cette affirmation laisse ainsi entendre que l'Etat offre de fait un fort soutien à de nombreux titres ne relevant pas du secteur public et qu'il est appelé désormais à mieux rationaliser ce soutien, car découlant en fait de la gestion même de l'argent public. Quoi qu'il en soit, entre les dettes sans cesse accumulées sur le dos des imprimeries publiques et les quotas de publicité institutionnelle régie par l'ANEP, de nombreuses entreprises de presse ne relevant pas officiellement du secteur public continuent paradoxalement à survivre essentiellement des aides publiques. Ceci au moment où la politique actuelle des subventions étatiques dans sa globalité nécessite d'être réorientée et reconsidérée en vue d'en garantir une répartition équitable et rationnelle.

El Watan

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