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La régulation toujours absente

En dépit des nombreux appels des professionnels du secteur de l'information et de la communication pour la mise en place d'un meilleur cadre régissant l'activité publicitaire, le marché de la publicité, en Algérie, n'a toujours pas de réglementation adaptée pour réguler cette profession. Les quelques textes existants, aujourd'hui, sont jugés obsolètes, du fait qu'ils n'ont pas suivi l'évolution d'un secteur en constante mutation, ouvrant ainsi la voie à toutes sortes de dépassements. La mise en place d'une autorité de régulation, encadrée par des textes appropriés, serait le seul moyen à même de contrôler, d'organiser, de réguler et d'instaurer une transparence sur un marché des plus lucratifs. En effet, à en croire certaines études qui se sont intéressées au secteur, le marché de la publicité n'a pas manqué, ces dernières années, de générer des chiffres d'affaires colossaux de plusieurs milliards de dinars. D'où la mainmise du pouvoir politique sur un secteur qui est devenu un outil de pression et de contrôle sur les médias. L'autre inquiétude, qu'expriment aujourd'hui les professionnels du secteur, mais aussi les pouvoirs publics, concerne le risque de voir l'activité publicitaire en Algérie monopolisée par des entreprises à capitaux étrangers, dont le nombre devient de plus en plus important. Leur influence sur le marché publicitaire ne se limiterait pas à la pub provenant des entreprises privées algériennes, mais aussi de certains groupes publics, ainsi que la plupart des grands groupes étrangers implantés en Algérie. C'est la raison pour laquelle la promulgation d'une loi régissant ce secteur devient une nécessité urgente. L'encadrement juridique de ce marché permettra d'assurer son fonctionnement de manière efficace, de sortir du statu quo et de remédier à la situation. Il convient de rappeler que la dernière étude, élaborée par Sigma sur l'investissement publicitaire global en Algérie par les médias, en 2008, montre que la télévision algérienne s'est taillé la part du lion avec une proportion de 39% de l'ensemble de la cagnotte estimée à 12,9 milliards de dinars. Vient ensuite la presse écrite avec un pourcentage de l'ordre de 35,1%, l'affichage (16,1%) et la radio (9,8%).