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Des journalistes dénoncent une «situation catastrophique»

L'Algérie célèbre, à l'instar de tous les pays du monde, la Journée mondiale de la liberté de la presse. Des journalistes algériens évoquent la situation actuelle des médias nationaux. Les médias en Algérie ne jouissent pas de toute la liberté requise. Le pouvoir invente tant de subterfuges pour empêcher les professionnels du secteur à s'émanciper», estime Faten Hayed, journaliste à El Watan Week-end, qui ne considère pas «la presse comme le 4e pouvoir pour la simple raison que les médias ne s'impliquent pas assez dans les affaires publiques». Mlle Hayed pense que «la liberté d'action des journalistes algériens est limitée par les rédactions. De ce fait, les journalistes se contentent de faire un travail de bureau, en retravaillant les dépêches et le peu d'informations qui arrivent par fax ou par téléphone». «Le terrain est pourtant la base de tout journaliste. D'abord pour sa crédibilité, puis pour celle de son média», rappelle-t-elle. Dans le même sillage, la journaliste déplore «le manque d'engagement des patrons de presse et des rédacteurs». Elle juge que «se résigner en donnant des informations fabriquées par des agences, aussi crédibles soient-elles, remet en cause le travail du journaliste». Faten Hayed regrette qu'«aujourd'hui, les journalistes ne se battent ni pour leurs droits ni pour leurs idées. C'est aussi affligeant de voir que la corporation ne peut protéger concrètement le journaliste. On devrait revoir l'essence même des lois pour l'information, remanier le syndicat qui est censé nous représenter et surtout arracher la liberté de penser et d'agir des journalistes». Selon elle, «le public se désintéresse de la presse traditionnelle, car il n'existe plus de proximité réelle entre les deux. Les médias sur internet et les réseaux sociaux prennent le relais». De son côté, Karim Aimeur, journaliste à l'Expression, affirme que «la presse algérienne traverse des moments très difficiles depuis notamment la division de la corporation en deux collèges». Il explique que «depuis que les salaires de la presse publique ont augmenté et que des rappels conséquents ont été versés, il y a comme un sentiment d'injustice chez les journalistes de la presse privée. Cela les met devant trois choix : soit quitter la presse privée pour la presse publique et sacrifier le peu de liberté dont ils disposent, soit quitter la corporation, ou tout simplement rester dans la presse privée pour profiter du peu de liberté». Quant au travail des journalistes, Karim Aimeur estime qu'«il se dégrade de plus en plus sur le plan de la qualité, ce qui s'est accentué avec la multiplication de titres dont le contenu est médiocre». «Il y a plus de journaux que de journalistes. Certains de ces journaux fonctionnent avec 5 journalistes. Il faut mettre des règles pour dépasser cette clochardisation. Moi-même, j'ai été victime de ces patrons qui n'ont rien à voir avec la corporation. J'ai travaillé dans un journal appartenant à un membre du bureau politique du FLN ; je l'ai quitté il y a plus de deux ans et jusqu'à aujourd'hui, il refuse de me donner mon certificat de travail et mes fiches de paie», explique-t-il. Sur un autre point, Karim Aimeur indique que «la peur de la communication des institutions et des organismes publics est un autre problème». «Les sources parlent souvent sous l'anonymat, ce qui décrédibilise l'information», juge-t-il. Tarik Hafid, du Soir d'Algérie, observe pour sa part que «le journalisme en Algérie en 2013 reste un métier aussi passionnant que difficile». «Aujourd'hui, les rédactions sont devenues le réceptacle de tous les maux de la société. Dans l'impossibilité de régler leurs problèmes via l'administration ou la justice, les Algériens se tournent vers la presse en espérant trouver des solutions à travers la médiatisation. Les multiples affaires de corruption dévoilées par les journaux sont là pour confirmer ce phénomène», dit-il. «Mais les journalistes sont-ils armés pour mener à bien ce travail ? A mon avis non. Il suffit de lire le code de l'information pour comprendre que l'accès aux sources d'information est loin d'être garanti. Et les journalistes ne bénéficient d'aucune protection», regrette Tarik Hafid.

El Watan

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