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INFO@ La dichotomie numérique

On appelle fracture numérique, les inégalités dans l'usage et l'accès aux Technologies de l'information et de la communication (TIC), comme les téléphones portables, l'ordinateur ou le réseau Internet.

La fracture numérique ne représente donc qu'une toute petite partie de l'ensemble des inégalités de développement. On parle aussi parfois de fossé numérique. Elle recouvre parfois le clivage entre « les info-émetteurs et les info-récepteurs ». Cette disparité est fortement marquée d'une part, entre les pays riches et les pays pauvres, d'autre part, entre les zones urbaines et les zones rurales. La fracture numérique concerne également l'équipement et a un fort impact sur les personnes et l'économie. Ces inégalités peuvent aller de l'incommodité (nécessité de se déplacer plutôt que de régler le problème via l'Internet) à de forts désavantages notamment sur le marché du travail (incapacité de se servir des outils numériques). L'existence et l'évolution d'une fracture numérique au sein d'une population peuvent être évaluées en tenant compte d'indicateurs tels que le nombre d'utilisateurs d'Internet, le nombre d'ordinateurs connectés (rapportés à la population). Si la fracture relative à l'équipement s'amenuise, une seconde fracture, liée à l'utilisation apparaît ; une inégalité entre « ceux qui savent » et « ceux qui ignorent », entre ceux qui utilisent la toile uniquement pour se distraire et ceux qui l'utilisent pour se former.

Aux Etats-Unis d'Amérique, la fracture numérique entre Noirs et Blancs est une réalité concrète. Il existe des différences notables entre ces deux populations au niveau de la possession des ordinateurs et de leur accès à l'Internet. On peut expliquer en partie ces écarts par la question de l'éducation. Le revenu salarial entre aussi en jeu, mais pour une moindre part. A un niveau d'éducation supérieur, correspond une plus forte probabilité d'accéder à un ordinateur au travail et d'utiliser l'Internet. Pour ce qui est de l'Internet, l'Afrique accuse un retard très important. D'ailleurs, il a fallu attendre novembre 2000, pour que le dernier pays africain (l'Erythrée) soit connecté. Et une très faible minorité de la population africaine a accès au réseau. Cependant, aujourd'hui, Internet connaît une croissance rapide, notamment du fait de la privatisation du secteur des télécommunications et de l'attrait du courriel par rapport au courrier papier pour les échanges avec l'étranger. Cette opportunité favorise l'éclosion de nombreux nouveaux fournisseurs d'accès. En conséquence, bien qu'encore hors de porter de prix, le coût de l'accès à Internet a tendance à baisser.

Malgré les progrès constatés dans le domaine de l'informatique, le Burkina Faso connaît des inégalités dans l'acquisition du matériel informatique et dans l'accessibilité au réseau Internet. D'une manière générale, lorsque l'on s'éloigne de la capitale qu'est Ouagadougou, le problème de l'accessibilité à Internet et au débit élevé se pose, ainsi qu'au coût de la connexion. Même à Ouagadougou, le débit de connexion diffère d'un cybercafé à l'autre. Selon un article du Monde paru en 2008, 80% des habitants de la planète sont exclus des réseaux d'information mondiaux. Moins de 4% des Africains sont connectés au Web, la plupart au Maghreb et en Afrique du Sud.

Et 0,5% des Burkinabè seulement utilisent Internet. Combattre cet "analphabétisme numérique" est un impératif. Un pour cent d'internautes en plus dans un pays pauvre, disent les spécialistes, c'est 1% de croissance supplémentaire. L'équation n'a sans doute pas la rigueur d'une formule mathématique, mais elle traduit une réalité observable sur le terrain : l'accès aux technologies de l'information et de la communication est un puissant levier de développement. A fortiori, dans un pays rural à 80% comme le Burkina Faso.

Wamini Micheline OUEDRAOGO

Sidwaya

Le Faso

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