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Tribune de la femme : « Le droit de cuissage constamment en mode »

De plus en plus, des femmes militent dans les mouvements syndicaux. Pourquoi ? Harcèlement sexuel, promotion canapé, injustice, impunité, pressions diverses... sont, entre autres, les raisons qui les y poussent, à en croire Florence Ki secrétaire de la cellule féminine de la Confédération générale des travailleurs du Burkina (CGT-B).

Elles sont sorties nombreuses ce 1er mai 2013 pour accompagner et soutenir les hommes dans leur quête de l'amélioration des conditions de vie et de travail auprès des gouvernants. Ce qui était rare. En effet, pendant plusieurs années, les femmes sont restées en marge de la plupart des luttes syndicales. Non pas parce qu'elles n'y trouvaient pas leur compte mais parce qu'elles n'osaient pas évoquer les contraintes auxquelles elles faisaient face sur leur lieu de travail. Surtout pas au sein d'un mouvement syndical. Les choses semblent avoir changé. Ainsi, indique Florence Ki, « de plus en plus, les femmes militent dans les syndicats et y exposent leurs difficultés ». Difficultés qui sont entre autres le harcèlement sexuel, les pressions de toutes natures, les inégalités face à la promotion qui poussent certaines femmes à se soumettre au droit de cuissage... Ainsi, viennent-t-elles dans les mouvements pour militer et défendre les droits de la femme au travail.

« L'injustice est grandissante et elle est pour la plupart supportée par les femmes. A cela s'ajoute la vie chère à laquelle elles doivent faire face dans le foyer », soutient dame Florence qui s'indigne : « Les pauvres continuent de s'appauvrir et les riches continuent de s'enrichir ». Qu'en est-il alors des écarts de salaires ? Les femmes militantes à la CGT-B n'ont pas de connaissance sur ce point particulier, mais estiment que le problème peut exister. « Dans le secteur informel par exemple », explique dame Florence. Les raisons qui reviennent le plus sont le « droit de cuissage ». « Des femmes subissent toujours le droit de cuissage si toutefois elles veulent grimper les échelons. On dira que personne ne les force en cela. Certes ! Force est malheureusement de reconnaitre que beaucoup subissent des pressions », soutient Djénéba Traoré, une contractuelle dans une société de la place. Elle ne s'est pas syndiquée, de peur de perdre son emploi. « Nous n'avons pas de voix dans l'entreprise parce que, de jour au lendemain, ils peuvent nous mettre à la porte », dit-elle en appuyant les propos de Florence sur le harcèlement sexuel, qui ne s'exerce pas seulement au haut niveau. « Les pressions sexuelles sont le quotidien de certaines travailleuses, entre collègues et autres... », a-t-elle ajouté. Outre ces problématiques, d'autres questions relatives au respect du genre sont discutées au sein de l'Association nationale des étudiants du Burkina (ANEB). Elles traitent notamment de la promotion des filles dans certaines filières. « On retrouve moins de femmes au niveau de l'Institut du développement rural parce que ce sont les meilleurs qui sont retenus.

Je pense qu'il faut encourager plutôt les filles à s'intéresser à ces domaines qui tendent à être réservé aux hommes », commente une étudiante. L'essentiel, indique Florence Ki, est que les femmes, qu'elles soient au foyer ou non, sont en train de prendre conscience que seule la lutte permet d'obtenir ce que l'on cherche.

Bassératou KINDO

L'Express du Faso

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