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1er mai à Bobo-Dioulasso : Show, marche et meeting à la bourse du travail

Des milliers de travailleurs de la ville de Bobo-Dioulasso se sont retrouvés à la bourse du travail de la ville, dans la matinée du 1er mai 2013. En cette journée, fête du travail, ils ont tenu à dire aux autorités et au monde « ce qui ne va pas » dans une ambiance bon enfant.

« Le gaz à augmenté, l'essence a augmenté, le savon a augmenté. Même les putes vont augmenter parce qu'elles utilisent beaucoup de savon. Trop c'est trop, on a l'impression que l'Etat et les patrons prennent du plaisir à nous faire souffrir. Et le pire, c'est que si tu fais le bilan à la fin tu te rends compte que tu n'a rien gagné de la souffrance physique et mentale dont tu es victime au service ». Propos tenus par un syndicaliste lors du rassemblement à la Bourse du travail de Bobo-Dioulasso. En ce mercredi 1er mai 2013, fête du travail, les travailleurs de la ville ont exprimé leur joie et peine, leur force et faiblesse durant des heures. Parti de la bourse du travail, ils ont marché, arpenté différentes rues de la ville jusqu' au gouvernorat, où à quelques mètres de là, Joachim Somda, secrétaire général du gouvernorat des Hauts-Bassins, Alfred Sanou, président du conseil régional, Salia Sanou maire de la ville de Bobo-Dioulasso... les attendaient. Aux autorités, Bakary Millogo (CGTB), coordonnateur des syndicats/Hauts-Bassins a remis la plate forme revendicative du 1er mai des centrales syndicales et syndicats autonomes de la région des Hauts-Bassins pour examen et résolution. Après la remise de la plateforme revendicative, les « camarades » se sont retrouvés à la bourse du travail. Pour écouter le message des organisations syndicales et syndicats autonomes des Hauts-Bassins.

Message des organisations syndicales des Hauts-Bassins

Avant d'être fériée, chômée, et payée - ont rappelé les syndicalistes à leurs camarades- la fête du travail, à l'origine, était une demande des ouvriers de Chicago (USA) pour obtenir la journée de 08 heures de travail. Ils ont été sommés de revoir leurs positions suite à une manifestation le 1er mai 1886. Une fois l'histoire rappelée, les centrales syndicales et syndicats autonome de la région des Hauts-Bassins ont livré leur message, en listant les maux qui minent le monde.

Le sale tableau de Bobo-Dioulasso

Bobo-Dioulasso est probablement la ville burkinabè qui a le plus souffert des plans de restructurations entamé en 1994. Depuis, la zone industrielle de la ville a vu des industries fermées pour de multiples raisons. Si elles ne ferment pas, les sociétés licencient. A titre d'exemple, à elle seule, la Société du Chemin de Fer (SCFB) a licencié 600 travailleurs depuis 1989, la Société africaine de pneumatique (SAP) 130 personnes en 1991, la Société des piles du Faso (SOFAPIL) 69 personnes, le 16 juillet 1993... S'ils ne sont pas licenciés, les travailleurs disent être victimes des comportements dignes du 19ème siècle de certains patrons dont le plus illustre, le plus interpellé reste Abdoulaye Nabolé, directeur général de la Filature du Sahel (FILSAH). Au meeting, comme face aux autorités, Bakary Millogo (CGTB), coordonnateur des syndicats/Hauts-Bassins a demandé à Abdoulaye Nabolé de revoir sa copie au risque d'avoir les syndicats sur sa trousse.

Au niveau national

Au Burkina Faso, les centrales syndicales et syndicats autonomes des Hauts-Bassins ont félicité l'entrée en lutte massive des populations, toutes catégories confondues. Et tout comme à Bobo-Dioulasso, il y a des problèmes un peu partout au Burkina selon les syndicats. Les crimes de sang, les crimes économiques, les détournements de parcelles, l'absence de service social acceptable sont entre autres des maux que les syndicats aimeraient bien s'en passer avec l'aide du gouvernement. Au premier ministre Luc Adolphe Tiao, ils lui ont demandé d'avoir la mémoire pour se rappeler des conditions de son arrivée à la tête du gouvernement. Pour eux, les mêmes causes produisent les mêmes effets.

A l'international

A l'international, les syndicalistes demandent le retrait pur et simple de la France, de la CEDEAO et du Tchad du Nord Mali. Pour eux, l'intervention française n'est plus ni moins qu'un retour en force de l'impérialiste en quête de matière première. A l'image de la France, le système capitaliste international est en faillite selon eux. Et pour se maintenir, ils sont prêts à tout notamment à faire des guerres. D'où le nécessaire sursaut d'orgueil des peuples du monde.

Ousséni Bancé

Lefaso.net

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