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Centrafrique: 1er mai sans défilé ni salaires

Le traditionnel défilé du 1er mai n'a pas eu lieu mercredi sur l'avenue des Martyrs à Bangui, où les fonctionnaires centrafricains attendent toujours le versement de leurs salaires, un mois après la prise du pouvoir par le Séléka, a constaté un journaliste de l'AFP.

La veille, de longues files d'attente de fonctionnaires et d'agents de l'Etat s'étaient formées en vain devant les banques de la capitale.

"Cela fait deux mois que les salaires ne sont pas payés. Même le mois de mars que les nouvelles autorités se proposaient de payer n'est pas versé", a affirmé à l'AFP Hilaire Nguito, cadre de la santé.

"C'est la première fois depuis dix ans que nous vivons cette situation. (Le président déchu) François Bozizé est au moins à féliciter de ce côté, parce qu'il nous payait régulièrement les salaires, et une subvention était allouée aux syndicats pour la fête du travail. Décidément, ça commence bien", a déclaré un syndicaliste sous couvert d'anonymat.

Dans un message adressé aux travailleurs mercredi, le ministre de la Fonction publique, Sabin Kpokolo, a tenté de se justifier: "La fête du 1er mai est célébrée cette année dans un contexte exceptionnel, car elle intervient tout juste un mois après l'accession à la magistrature suprême du président Michel Djotodia", qui a pris le pouvoir par la force le 24 mars.

"Nous sommes dans une situation d'insécurité, et je crois que l'organisation de la fête n'est pas possible dans une telle situation", a commenté Ange Nguinza, un étudiant.

La situation en Centrafrique s'est considérablement dégradée ces dernières semaines après la chute du régime du président Bozizé. Depuis, les habitants dénoncent régulièrement les pillages et les violences qui continuent à Bangui.

Selon Pierre Lebrun Siovène, de l'union syndicale des travailleurs de Centrafrique, les unités de production du pays sont "détruites et pillées systématiquement, occasionnant ainsi d'énormes pertes des recettes pour l'Etat et les opérateurs économiques".

"Sur le plan social, les services publics et communautaires, les infrastructures de l'Etat (...) sont saccagés, détruits ou simplement brûlés, causant ainsi la perte d'emploi et des services, source d'un chômage accru", a-t-il souligné.

AFP

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