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Polémique autour de la 3è licence de télécommunication : Cessé Komé n’avait pas d’argent

«Dans le pays des aveugles, les borgnes sont des rois», dit l'adage. Cette maxime africaine semble être toute faite pour illustrer le cas du «richissime» Malien, Cessé Komé dans l'affaire de l'attribution de la 3è licence de télécommunication dans notre pays.

Kome Cesse

En effet, après avoir donné «cash» cent millions de nos francs (100.000.000 Fcfa) comme contribution à l'effort de guerre au gouvernement du Mali pour faire face aux avancées des groupes terroristes, l'operateur économique Malien est devenu aux yeux de nos compatriotes d'ici et d'ailleurs comme le plus digne des fils du Mali.

Un grand geste de c½ur ! Mais cette action de don de 100.000.000 FCFA donne t-il tous les droits à M. Komé pour aller au-delà des lois en vigueur? Nous répondons : NON ! Et pourtant c'est ce qui pense aujourd'hui beaucoup de personnes, notamment au sein de certains medias de la place.

Pour revenir dans à nos moutons, comme on a l'habitude de dire, il faut comprendre le dossier dans le fond pour pouvoir donner une explication logique de la forme actuelle. Pour se faire un petit rappel des faits s'impose.

 

Du début de la procédure de lancement d'appel d'offres

La République du Mali, représentée par le Ministre des Postes et des Nouvelles Technologies, a décidé de lancer un appel d'appel d'offres international pour l'attribution par l'Etat de la 3e licence de téléphonie globale à un operateur international de télécommunications.

La Société Alpha Telecom Mali avec comme principaux actionnaires Koira Teknotelecom Limited (40%) de M. Cesse Kome et Alpha Limited Telecom du Groupe Planor Afrique (60%) de M. T. Apollinaire Compaoré, a été créée en vue de participer à cet appel d'offres.

Suite au dépouillement des offres, le Ministre des Postes et des Nouvelles Technologies a, par lettre N°00022/MPNT-SG du 08 décembre 2011 déclaré le groupement Planor Afrique S.A, Cessé Komé et Monaco Telecom attributaire provisoire de la nouvelle licence sur la base de son offre de 84 millions d'euros soit plus 55.000.000.000 FCFA conformément aux dispositions de l'article 18 du règlement de procédure.

Les procédures administratives, financières ainsi que les évènements sociopolitiques survenus dans notre pays en mars 2012 n'ont pu permettre la finalisation du processus d'attribution dans les délais initialement fixés.

 

La relance des discussions après les évènements de mars 2012

Les discussions, reprises en juin 2012, ont abouti le 03 août 2012 à la signature du cahier des charges amendé en certains points rappelés dans la lettre N°0592/MCPNT-SG du 03 août 2012 du Ministre des Postes et des Nouvelles Technologies dans laquelle lettre on pouvait lire : «L'Etat Malien a accepté d'ajuster les modalités financières relatives au règlement du prix de la licence et certaines dispositions du cahier des charges notamment les obligations de desserte des zones aujourd'hui impossible à couvrir...»

Et dans le cadre de l'ajustement des modalités financières l'Etat a exigé le principe d'un paiement fractionné du prix de la licence assorti de délais ; le paiement intégral des frais d'intervention de la banque conseil, Linkston Capital ; la preuve des capacités financières des deux actionnaires de la société créée pour l'obtention de la licence et la signature par les deux actionnaires des offres techniques et financières selon les termes exacts de modèles fournis.

Et le ministre des Postes et des Nouvelles Technologies a, au nom du gouvernement, précisé que : «Nous tenons à vous informer qu'en cas de refus par les deux actionnaires de signer ces documents l'Etat mettra fin immédiatement au processus d'octroi de la licence. En cas de refus d'un seul des deux actionnaires de signer, l'Etat se réserve la possibilité soit de mettre fin au processus, soit d'en exclure immédiatement l'actionnaire ayant refusé de signer le document et de continuer avec l'actionnaire restant dans le cadre d'une nouvelle société pour porter la licence».

Conforment aux exigences de l'Etat, l'actionnaire Planor Afrique a signé et retourné les documents exigés, et a fait la preuve de ses capacités financières en versant, outre l'intégralité de sa quote-part (60% de 33.000.000.000 FCFA) sur le compte bancaire offert à cet effet mais a aussi procédé au règlement de la commission de 2% du prix de la licence soit 1.102.000.000FCFA due au titre des frais d'intervention à la Banque Conseil de l'Etat ; Linkston Capital.

 

Comment Cessé Komé s'est disqualifié de la procédure

«Celui qui sème les clous est obligé de marcher chausser'' nous enseigne l'adage. Et cette leçon, Komé l'a apprise à ses dépends. Non seulement il refusa de signer les documents mais ne pût verser le moindre centime sur sa quote-part de 22.000.000.000 FCFA ou sur la rémunération de la Banque Conseil.

Pour comprendre ce refus de s'exécuter tout en tant sachant qu'il pouvait être exclu du processus selon le règlement de procédure de l'Etat Malien, nous avons appris auprès d'une source près du dossier que l'operateur économique Cessé Komé n'avait aucune confiance aux autorités de la transition ni aux hommes qui avaient la responsabilité du dossier.

Face à cette défaillance qui continua malgré l'obtention de délais supplémentaires, Planor Afrique, au regard de l'avertissement du Ministre des Postes et des Nouvelles Technologies  «...soit de mettre fin au processus soit d'en exclure immédiatement l'actionnaire ayant refusé de signer le document et de continuer avec l'actionnaire restant dans le cadre d'une nouvelle société pour porter la licence...», a offert par lettre N°2012/0093/Planor/ DG/kac/pa du 15 octobre 2012 de poursuivre seul à travers une nouvelle personne morale de droit malien (Alpha Télécommunications S.A en abrégé ATEL SA).

A travers une attestation de solde de BSIC datée du 30 Aout 2012, Alpha Télécommunications Mali S.A met à la disposition de l'Etat  la somme de 33.000.000.000 FCFA. Ayant rempli toutes les conditions posées, Alpha Télécommunications Mali  devient légitimement et en toute légalité attributaire définitif de la 3è licence de téléphonie globale au Mali.

En constatant l'évolution normale de la procédure sans lui, c'est en ce moment que le Malien (Cessé Komé) a pris conscience qu'il avait misé sur la mauvaise carte. Et c'est seulement en ce moment qu'il commença avec les opérations de charmes pour récupérer ce qui est déjà perdu. D'où les cent millions de CFA (100.000.000 FCFA) de soutien à l'effort de guerre. Par ce geste, Cesse Kome, a voulu montrer qu'il avait les fonds nécessaires et aussi qu'il était un bon citoyen.

 

Cessé Komé n'avait pas d'argent disponible

Aucun des sept soumissionnaires éliminés n'a contesté le résultat du dépouillement de l'appel d'offres retenant comme attributaire provisoire le Groupement Planor Afrique S.A ; Cessé Komé et Monaco Telecom dont l'offre était nettement supérieure à toutes les autres.

Ce que Komé Cessé oubliait, ce que cette adjudication provisoire obligeait les actionnaires à honorer, individuellement d'abord et collectivement ensuite toutes leurs obligations découlant du règlement de procédure et du cahier des charges. Selon nos informations, il est établi que l'actionnaire Cessé Komé, détenteur de 40% des actions de la société n'a à ce jour versé le moindre centime sur sa quote-part sur le premier règlement de 33.000.000.000 FCFA, ni sur la rémunération de la banque Conseil.

Operateur économique avisé, Cessé Komé qui n'ignore rien des finances, savait pertinemment que ces obligations pesaient sur lui à hauteur de 40%. Pire, il n'a pas non plus accepté de signer les offres techniques et financières selon les termes des modèles fournis par l'Etat du Mali alors même qu'il savait aussi que le respect de toutes ces conditions était une condition sine qua none de la finalisation du processus d'attribution.

Pour comprendre le refus de Cessé Komé de payer sa quote-part afin de devenir actionnaire (40%) de la nouvelle société de téléphonie mobile dans notre pays, nous nous sommes intéressés aux sources de financements de l'operateur économique malien.

Selon les sources que nous avons approchées ici et ailleurs, Cessé Komé, aurait reçu l'assurance de son ami et «complice» de la Banque Africaine Import-export d'Egypte (AFREXIM BANK d'Egypte) M. Ismaël Camara, un Soninké (comme lui) d'origine Mauritanienne qui lui avait aidé de trouver le financement de l'extension de son Hôtel RadissonBlu Bamako.

Et lors de la signature de ce financement le 11 Novembre 2009, M. Jean-Louis Ekra, Président d'Afreximbank disait : «...ce projet est pour nous l'occasion de soutenir un secteur du tourisme en plein essor au Mali. Nous avons la conviction que la valeur probante du projet sera pour nous l'occasion de développer nos activités de prêt au Mali, ce qui, en retour, justifiera d'autant mieux l'adhésion du Mali à Afreximbank...»

En bon homme d'affaires, M. Ekra avait vu juste, car la stabilité du Mali à cette époque (2009) était propice pour les affaires. Mais avec les évènements de Mars 2012, aucun investisseur n'acceptait de financer ou  de miser sur le marché malien, surtout les banques. D'où le refus d'AFREXIMBANK d'Egypte de financer la quote-part de Cessé Komé (40%) et le montant dû à la banque Conseil de l'Etat conformément au règlement de procédure et cela malgré le soutien, selon nos informations, des frères Camara de la BAD et de l'AFREXIMBANK d'Egypte.

A travers ces lignes, nous comprenons aisément que Cessé Komé ne dispose aucun argument sérieux pour s'opposer à la décision du gouvernement. Et son acharnement médiatique contre le Groupe Planor Afrique consiste simplement à discréditer cette société aux yeux des maliens et auprès des partenaires de cette société afin qu'ils désistent et abandonnent le groupe Planor seul dans ce projet de 3è licence au Mali.

Sinon, comment une société actionnaire à plus de 20% dans la société MTN Côte d'Ivoire et actionnaire dans beaucoup d'autres sociétés de télécommunications dans le monde peut elle manquer de moyens ou passer par des chemins tortueux pour le projet malien ? Les frères Camara travaillent  pour qui dans ce dossier? Jusqu'ou iront-ils ?

Nous allons apporter des précisions à ces questions lors de nos prochaines publications. A suivre !

Moussa KONDO

 

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