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En Valet du FMI , Moncef Marzougui ouvre la porte de l’enfer

Sous la pression du Fond Monétaire International ( FMI ) et pour préparer les tunisiens à une pilule amère qu’il compte leur faire avaler ,  Moncef Marzougui, président Provisoire de la République  qui intervenait  à l’ouverture d’une journée d’étude dédiée à ce que les tunisiens nomment « Soundouk Atta3widh » tenue  mardi 30 avril à Tunis , a appelé au lancement d’un dialogue national à même d’aboutir à un consensus entre les différentes parties concernées par la compensation ( partis, syndicat, patronat, Etat ... ) et à la mise en place d’une politique visant à orienter les subventions vers les plus nécessiteux, notamment les classes défavorisées et moyennes dont le revenu mensuel ne dépasse pas 1000 dinars .
Pour ce faire, a-t-il dit, il convient de recenser les ménages démunis, ce qui nécessite l’institution d’un système d’information intégré et crédible.
Il a appelé, dans ce cadre, à s’inspirer de l’expérience du Brésil, en matière de statistiques et d’audit.
Le développement de secteurs économiques à forte capacité de production, notamment, l’agriculture demeure la solution la plus réaliste, pour limiter le déficit budgétaire du pays et améliorer la situation de plusieurs catégories sociales, a préconisé Marzougui.

Tarak Kahlaoui, directeur général de l’Institut tunisien des études stratégiques ( ITES dépendant de la présidence ) a soutenu quand à lui que la révision du système de compensation, qui représente 27% du budget de l’Etat, doit avoir lieu dans les meilleurs délais et ne pas se faire au détriment des catégories les plus vulnérables en Tunisie.

Réunis, mardi 30 avril à Tunis, dans le cadre d’une journée d’étude sur «la compensation : Etat des lieux et pistes de réflexion sur les alternatives », Kahlaoui et plusieurs autres experts et représentants des ministères concernés par la compensation, ont souligné que la révision du système de compensation doit être réalisée à travers une meilleure orientation des subventions vers les catégories à faible revenu, tout en tenant compte du pouvoir d’achat de la classe moyenne.
En 2012, les dépenses de subventions ont atteint environ 6800 Millions de dinars (MD), dont 4300 MD de subventions directes et 2500 MD de subventions indirectes, ce qui représente 9,5% du PIB, selon les statistiques présentées, à cette occasion, par Abdelmalek Saadalaoui, représentant du ministère des finances.
La réforme du système de compensation, selon Saâdalaoui, doit tenir compte de plusieurs facteurs, dont le niveau de consommation et de production nationales, le déficit budgétaire, le taux d’endettement ainsi que les cours mondiaux des produits de base et des hydrocarbures en plus du taux de change.
A titre d’illustration, une hausse de 1 dollar du prix du baril coûte à la Tunisie environ 52 MD et une dévaluation de 10 millimes par rapport au dollar revient à la communauté nationale, à près de 41 MD a-t-il fait savoir.
Les prévisions pour 2013 tablent sur une enveloppe de l’ordre de 4200 MD au titre des subventions directes.

Evoquant les subventions des matières de base, Sadok Ben Njima, représentant du ministère du commerce, a indiqué que ces subventions se sont élevées à 1260 MD en 2012 et devraient s’accroître en 2013 pour atteindre 1350 MD.
La répartition des dépenses de subvention par produit, fait ressortir que la rubrique des céréales accaparent, à elle seule, 75,33% des dépenses de subvention (1017 MD), suivie des huiles végétales avec 20,3% (274MD).
Le responsable a mis l’accent, dans ce cadre, sur la nécessité de maintenir la subvention des produits de base, relevant que la suppression de la compensation de ces produits génère une hausse de 3,6% du taux de la pauvreté.
Il a recommandé d’orienter une partie de la demande vers les produits non subventionnés, de se rapprocher des prix réels, tout en révisant les politiques salariales, d’impliquer le secteur privé dans ce domaine et d’ancrer la concurrence en tant que mécanisme de pression sur les prix.
Abondant dans le même sens, Jaleldine Ben Rejeb, proche du mouvement islamiste Ennahdha et PDG de l’Institut national de la statistique ( INS ) , a indiqué que la révision des montants de subvention ne doit pas toucher certains produits de base, vu leur poids dans le panier des biens de consommation des ménages les plus démunis et leur contribution à la réduction du taux de pauvreté. Il s’agit, essentiellement, du grand pain, de la semoule et des huiles végétales, a-t-il dit.
En outre,  Ben Rejeb a relevé que 23% des subventions des produits de base ne profitent pas à ceux qui les méritent en raison, notamment de la contrebande et de l’utilisation illégale des produits subventionnés ( cafés, hôtels, pâtisseries,....).
Pour ce qui est des subventions des hydrocarbures, Rachid Ben Dali, directeur général au ministère de l’industrie, a indiqué que la subvention budgétaire de l’énergie devrait atteindre environ 2520 MD en 2013, contre 2500 MD en 2012.
Il a mis l’accent sur la nécessité de promouvoir les énergies renouvelables pour réduire les dépenses de subvention des hydrocarbures, d’autant que les projections tablent sur un déclin naturel des champs pétroliers du pays et prévoient des difficultés d’approvisionnement des centrales électriques en gaz à partir de 2031.
Le déficit énergétique devra s’établir, en 2013, à environ 1,93 millions de Tonnes Equivalent pétrole ( TEP ), contre 1,67 millions de TEP, a-t-il estimé.

Pour sa part, Mme Wided Bouchamaoui, présidente de l’Union tunisienne de l’industrie, du commerce et de l’artisanat (UTICA) a suggéré l’organisation de campagnes médiatiques visant la rationalisation de la consommation d’énergie à tous les niveaux ainsi que des actions de sensibilisation au profit des tunisiens pour les informer des dépenses élevées de subvention supportées par l’Etat.
La journée d’études, qui a regroupé des représentants de partis politiques, économistes et des composantes de la société civile est organisée par ITES, le forum Nour pour une république nouvelle et l’UTICA.

Argumentations insoutenables . Faut-il rappeler que sous la pression du FMI le gouvernement Mohamed Mzali a touché à la caisse de compensation en janvier 1984 et la Tunisie s’est embrasée.

Tunisie Focus

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