SlateAfrique

mis à jour le

Burkina: la tombe de Thomas Sankara vandalisée


Le capitaine Thomas Sankara, père de la révolution au Burkina Faso, le 2 septembre 1986 à Harare lors d'un sommet des pays non-alignés AFP/Archives

La tombe de Thomas Sankara, le "père de la révolution" au Burkina Faso, au pouvoir de 1983 jusqu'à sa mort lors du coup d'Etat de 1987, a été vandalisée à Ouagadougou, a constaté vendredi un journaliste de l'AFP.

L'épitaphe de la tombe en ciment, qui disait notamment: "Camarade capitaine Thomas Sankara (1983-1987)", et peinte aux couleurs nationales - rouge, vert et jaune - a été complètement détruite.

Située à Dagnoën, dans la banlieue est de la capitale, la tombe est un lieu de pèlerinage pour ses partisans à chaque anniversaire de sa mort le 15 octobre 1987.

Aucune indication sur cette profanation n'a été donnée par les services municipaux en charge de la gestion des cimetières.

"C'est un scandale", a déclaré à l'AFP le président de la Fondation Thomas Sankara, Jonas Hien, réclamant l'ouverture d'une enquête. "La profanation d'une tombe est inacceptable, voire incompréhensible", a-t-il jugé.

"Même mort, ils l'attaquent", chuchotait devant la tombe l'un de ses admirateurs, Eléazar Béréwoudougou, 36 ans, pestant contre des "lâches".

Le 4 août 1983, à 33 ans, le capitaine Sankara avait pris le pouvoir en Haute-Volta, qu'il rebaptisera Burkina Faso ("patrie des hommes intègres"), lors d'un coup d'Etat mené avec notamment l'actuel chef de l'Etat Blaise Compaoré, son numéro 2 qui deviendra son tombeur.

Tué lors du putsch de 1987, Sankara continue de fasciner de nombreux Africains, artistes et intellectuels notamment.

Une plainte déposée par sa veuve a été classée par la justice du Burkina.