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Joséphine Karambiri, militante de l'UPC et ex-épouse de Salif Diallo : « Je ne suis pas parti du Burkina avec des milliards, c'est des ragots et de la médisance »

Joséphine Karambiri, ex-membre du Congrès pour la démocratie et le progrès (CDP), assume pleinement aujourd'hui sa vie de militante de base de l'Union pour le progrès et le changement (UPC). De cette nouvelle vie militante, de son passé politique, de ses activités professionnelles et de bien d'autres questions la concernant, l'ex-épouse de l'ancien ministre d'Etat Salif Diallo en parle dans cet entretien qu'elle a fini par nous accorder, à force d'insistance. Interview exclusive.

Lefaso.net : Vous êtes membre de l'Union pour le progrès et le changement (UPC). Comment se passe votre vie de militante dans ce parti ?

Joséphine Karambiri : Je suis militante de base de l'UPC. Comme tous les militants, je participe aux réunions et aux différentes manifestations que le parti organise. J'ai pris part à la campagne des élections couplées du 2 décembre 2012.

J'étais candidate suppléante aux municipales. Tout se passe très bien.

Depuis quand avez-vous adhéré à l'UPC ?

C'est depuis 2012 que je me suis fait enregistrer comme membre de l'UPC. Auparavant, j'étais sympathisant.

Comment s'est fait cette adhésion à l'UPC, quand on sait que vous étiez également dans le passé militante de base du Congrès pour la démocratie et le progrès ?

J'étais également militante de base du CDP mais cela remonte à très longtemps. La transition s'est faite de façon très simple parce que les idéaux et objectifs de l'UPC rejoignent ce que je considère comme idéaux de démocratie et de gouvernance pour le pays. Ce sont là autant de raisons qui m'ont amené à opter pour l'UPC.

Pouvez-vous nous expliciter davantage les idéaux dont vous parlez ?

Quand je parle d'idéaux, je veux dire l'alternance, donner la chance à tout un chacun de s'exprimer, de se réaliser en tant que citoyen et sur le plan économique. Donner la chance à tout le monde. Pas à un groupe d'individus.

Voulez-vous dire que ces idéaux n'existent pas au CDP ?

Je dis tout simplement que ce que l'UPC propose rejoint entièrement ce que je pense être la bonne voie pour mon pays.

Le CDP vous-a-t-il déçue ?

Je pense qu'il y a eu beaucoup de dérives. Voilà tout.

Vous êtes maintenant à l'UPC. Connaissiez-vous le président du parti Zéphirin Diabré avant d'y aller ?

Je le connaissais bien avant la création de l'UPC. Cela remonte à très longtemps, plus d'une quinzaine d'années.

Avez-vous des relations personnelles avec lui ?

Relations personnelles ? Pas trop. J'ai avec lui des relations sociales.

Pensez-vous qu'en tant que chef de file de l'opposition, Diabré est en mesure d'apporter l'alternance politique au Burkina Faso ?

Oui. Absolument. Parce que jusqu'à présent il a été constant dans son discours de ne pas accaparer le pouvoir pour lui, mais de faire avancer les choses pour que toute la population puisse profiter.

Mais, est-il bien entouré quand vous observez, le pouvoir ne se conquérant pas et ne se gérant pas seul ?

Je suis persuadée qu'il est bien entouré. Lors de la dernière campagne électorale, j'ai eu l'occasion de croiser son entourage et de voir qu'il est bien entouré par des gens compétents et réalistes qui ont foi au changement dans ce pays.

En dehors de la politique, que faites-vous comme autres activités ?

Je suis enseignante vacataire dans des institutions supérieures privées. Je gère aussi une petite entreprise de boulangerie.

Faites-vous toutes ces activités par passion ou par nécessité ?

Sûrement, par passion parce que j'ai toujours enseigné. J'enseigne depuis une trentaine d'années. J'ai eu à enseigner à l'époque dans les lycées et collèges comme professeur vacataire de droit, de français, d'économie et organisation des entreprises (EOE).

Parallèlement à l'enseignement, j'ai toujours aimé aussi faire des affaires. C'est dans ce cadre que j'ai eu à gérer plusieurs entreprises dans le passé. Aujourd'hui la gérance de la boulangerie est une continuation.

Avez-vous quel profil en termes de formation ?

J'ai une formation en droit des affaires internationales. Je suis titulaire d'un Master 2 de l'ESSEC de Paris.

Vous avez passé une dizaine d'années au Canada. Pouvez-vous nous parler un peu de votre séjour canadien ?

Toujours dans le cadre de ma passion pour les affaires, j'ai eu à diriger une agence de voyage. C'est une agence franchisée : voyage VASGO. J'ai dû donc changer complètement de métier. Il a fallu que je me forme pour gérer cette agence. J'ai également pris des cours au HEC de Montréal.

Mais, après votre départ, il y a eu tellement de rumeurs sur vous, certaines allant jusqu'à dire que vous êtes partie avec des milliards de votre ex-époux, Salif Diallo. Qu'en dites-vous ?

Ce sont des fables que des gens ont lancées et qui m'ont beaucoup nui et sali pour rien. Si quelqu'un prend le soin de réfléchir à cette affaire, il se rendra compte que c'est totalement impossible. Des milliards de CFA, je ne sais pas où on peut les utiliser en dehors de la zone UEMOA. En outre, il était fonctionnaire. Je ne sais pas comment il pouvait avoir tous ces milliards-là et les garder à la maison... Je n'avais pas accès à ses comptes bancaires...

Salif Diallo n'était pas n'importe quel ministre et il pouvait quand même avoir des milliards....

Pendant tout le temps que j'ai vécu avec lui, je n'ai pas vu ces milliards-là.

Donc, toutes ces allégations ne sont que des ragots ?

Ce sont des ragots. C'est même pire que des ragots. De la médisance, de la malveillance gratuite.

Mais, qui avait-il intérêt à faire propager ces fausses informations ?

Je ne sais pas. Et ça les regarde !

Aujourd'hui, quels sont vos rapports avec votre ancien époux ?

Je ne vais pas entrer dans les détails de ma vie privée. Il reste le père de mes enfants. Et à ce titre- là, nos histoires privées ne sont pas à mettre sur la place publique dans un journal.

Vous avez quand même de bons rapports avec lui ?

Absolument. Parce que nous sommes les parents de trois enfants.

En tant qu'ancienne épouse de M. Diallo, comment avez-vous vécu son éviction du pouvoir ?

J'ai trouvé cela malheureux pour lui. Malheureux pour lui parce que je l'ai vu se débattre, se battre pour ce régime. Peut-être que je ne connais pas les tenants et les aboutissants des situations qui l'ont conduit à cette ''éviction'' comme vous dites, mais j'ai trouvé qu'il a été comme victime de son succès, quelque part. Et quand il a été malade, j'ai eu des échos que beaucoup de gens qui l'estimaient sont venus lui rendre visite. Ce qui, pour moi, était tout à fait normal au regard de ce qu'il a fait pour la population. Mais, peut-être que cela a paru aux yeux de certains comme une façon de se marquer ou d'avoir d'autres ambitions. Ça, c'est mon analyse. N'empêche que je trouve qu'il a été victime d'une situation dont j'ignore les fondements.

Quand Salif était encore ambassadeur à Vienne, il avait accordé, à notre confrère de L'Observateur Paalga, Ousséni Ilboudo, une interview dans laquelle il dénonçait une sorte de patrimonialisation du pouvoir et qu'il fallait procéder à des réformes pour ne pas aller droit dans le mur. Etiez-vous d'accord avec cette position affichée à l'époque ?

J'étais tout à fait d'accord avec sa position. Cela devrait être fait depuis un moment. C'est pourquoi, je milite aujourd'hui à l'UPC qui avait déjà donné le ton pour les réformes politiques. L'UPC a été parmi les premiers partis à proposer une réforme de notre système politique.

Globalement, quelle appréciation faites-vous des réformes politiques adoptées au Burkina Faso après la crise de 2011 ?

Ces reformes arrivent à mon avis un peu tardivement... Mais, ne dit-on pas que mieux vaut tard que jamais ? N'oublions pas aussi que certains restent réfractaires au changement.

Entretien réalisé par Grégoire B. BAZIE

Lefaso.net

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