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Abdourahmane Diouf : "Il est temps que les Sénégalais sachent exactement où nous voulons aller"

Les sorties de l'ancien Premier ministre Idrissa Seck, dénonçant les manquements du régime, n'ont aucun soubassement politique. C'est l'assurance que donne le porte-parole de «Rewmi», Abdourahmane Diouf, dans un entretien qu'il a accordé à «Africa24», qui sera bientôt diffusé par ladite chaîne de télévision et dont le journal le Populaire nous donne un avant-goût.

Pour Abdourahmane Diouf, «il faut vraiment positiver par rapport aux différentes sorties du président du 'Rewmi', Idrissa Seck». A l'en croire, ce qu'ils font, «c'est une critique constructive». A la question de savoir pourquoi ils préfèrent faire leurs critiques publiquement, au lieu de les faire dans la Coalition «Benno bokk yakaar» (Bby), M. Diouf indique : «Les différents leaders de la Coalition ont leurs canaux de discussion, mais il se trouve aussi que nous sommes en démocratie, que les médias, la presse, sont un excellent canal pour véhiculer des idées. Nous les avons véhiculées de la façon la plus démocratique. Nous rappelons toujours que l'une des raisons de la chute du Président Abdoulaye Wade, c'est d'avoir une Coalition qui ne se disait pas la vérité. Et nous ne voulons pas nous inscrire dans cette forme de Coalition».
Poursuivant de plus belle, le porte-parole de «Rewmi» de déclarer : «Naturellement, le président Idrissa Seck est un homme libre, le parti 'Rewmi' est un parti qui a la liberté de ton, qui essaie de prendre en charge les préoccupations des Sénégalais. Et à chaque fois, comme pour les délestages, comme pour les denrées de première nécessité, comme sur la question de savoir si les caisses de l'Etat étaient vides... C'est un débat économique sur lequel nous devons donner notre point de vue. Ça peut plaire, ça peut ne pas plaire. Nous pensons que c'est la voie démocratique».

«Nous continuerons de défendre l'intérêt des Sénégalais, quoi qu'il nous en coûte»

Se prononçant sur les sorties des ministres Oumar Guèye et Pape Diouf, ramant à contre-courant des déclarations d'Idrissa Seck, Abdourahmane Diouf indique : «Nous qui ne sommes pas du gouvernement, nous essayons de défendre cette solidarité gouvernementale, avec une certaine liberté de ton. Aujourd'hui, ces deux ministres qui ont fait leur déclaration appartiennent encore à notre parti. Il y a un débat interne extrêmement intéressant. Et c'est un parti où les gens ont une certaine liberté de ton». Et de renchérir : «Nous avons un Secrétariat national, où nous nous réunissons régulièrement, nous développons les points de vue du parti qui sont sanctionnés par des communiqués diffusés officiellement dans les médias. Si un membre du Secrétariat national décide de ne pas en tenir compte, c'est sa responsabilité personnelle».
M. Diouf ne manque pas de préciser : «Nous ne sommes pas un parti qui court derrière les postes ministériels. Nous sommes un parti qui sort la vérité, nous continuerons de défendre l'intérêt des Sénégalais, quoi qu'il nous en coûte. Nous continuerons à défendre les intérêts des Sénégalais. Les différentes déclarations faites récemment dans la presse, nous en tirerons les conséquences».
Les sorties répétées d'Idrissa Seck auraient-elles des relents politiques ? Le porte-parole de «Rewmi» déclare que «l'agenda n'est pas caché. Le président de 'Rewmi' a un agenda qui est flagrant, qui est connu des Sénégalais. Peut-être qu'il a envie de porter un projet pour le Sénégal. Le parti aussi a des ambitions. Je rappelle que la prochaine échéance, ce n'est pas la Présidentielle, mais les élections locales, et le 'Rewmi' travaille, aujourd'hui, à présenter un candidat au niveau des 594 collectivités locales». Selon lui, ce qui les importe, «c'est la prise en compte des préoccupations des Sénégalais».

«Nous pensons que les signaux ne sont pas suffisamment forts»

Quant à ceux qui réclament l'exclusion de «Rewmi» de la Coalition présidentielle, l'ex-Directeur général de la Sones assène : «Ils ne comprennent pas le fonctionnement de la Coalition. La Coalition 'Benno bokk yakaar' n'appartient à personne. Ça appartient à tous les Sénégalais qui se sont battus, lors du second tour et qui ont porté Macky Sall au pouvoir. Personne ne peut y exclure personne, et le 'Rewmi', aujourd'hui, en fait partie».
Interpellé sur le bilan d'étape de la gestion du régime de Macky Sall, Abdourahmane Diouf embouche la même trompette que son leader : «Nous pensons que les signaux ne sont pas suffisamment forts. Nous avons élu le Président Macky Sall sur la base d'un espoir commun des Sénégalais pour qu'il donne des signaux forts. Aujourd'hui, nous sommes en train d'enregistrer cette émission (ndlr : dans le studio de «Africa24»), vous avez vu combien de coupures nous avons eues depuis le début, ça fait partie du legs d'Abdoulaye Wade. Nous savons que le Président Macky Sall doit pouvoir proposer des solutions. Aujourd'hui, les signaux que nous avons ne le sont pas. Je vous dis, on attend des signaux. Si vous avez un mandat de 5 ans, au bout d'une année, vous pouvez devoir donner la vision. Vous pouvez devoir donner la ligne de conduite».

«Il est temps que les Sénégalais sachent exactement où nous voulons aller»

De l'avis du porte-parole de «Rewmi», «il est temps maintenant que les Sénégalais sachent exactement où nous voulons aller». «Nous, nous pouvons dans la Coalition que dire : 'Attention ! Nous ne sommes pas encore sur la bonne voie, attention ! Le rythme n'est pas encore bon, mais trop lent, attention !'». Les Sénégalais sont impatients, il faudrait travailler pour prendre en charge leurs préoccupations. Un an c'est peu, mais je pense que les choses doivent s'activer.
Sur la traque des biens mal acquis, Abdourahmane Diouf souligne clairement : «Nous, au niveau de la Coalition, nous sommes convaincus qu'il faut absolument travailler pour la reddition des comptes. Quand un Sénégalais, de façon générale un Africain, gère les deniers publics, le minimum qu'on puisse attendre de lui à la fin de son mandat, c'est de rendre compte». Mais, déplore le camarade de parti de Thierno Bocoum, «il y a un certain nombre de problèmes».
M. Diouf fustige la cacophonie notée dans la communication gouvernementale : «On nous a parlé pendant une semaine d'une médiation pénale qui permettrait à ceux qui ont détourné de garder 20% de la somme. Même si le gouvernement est revenu sur cette décision, cela a lancé un signal assez négatif aux Sénégalais qui, à un moment donné, ont compris que ceux qui ont volé pouvaient s'en sortir en rendant une partie de l'argent. Ce n'est pas bon».
Sur sa lancée, le porte-parole de «Rewmi» de souligner : «Vous voyez ce qui est en train de se passer avec l'arrêt de la Cedeao. Le Sénégal est un des piliers de l'intégration en Afrique de l'Ouest. Qu'on en arrive pour des raisons de procédure à faire douter la sincérité de ce qu'on est en train de faire, cela n'est pas du positif».
Toujours est-il que, selon M. Diouf, «le 'Rewmi' soutient le gouvernement du Sénégal dans cette traque des biens mal acquis».

Avec Le Populaire

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