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À l’initiative du Ministère de la Communication: les journalises marocains découvrent Bruxelles et l’UE

La semaine dernière, du 22 au 26 avril, une délégation d'une dizaine de journalistes a eu le privilège de s'envoler  vers le vieux continent afin de découvrir Bruxelles et ses institutions européennes. En effet, pour la première fois, le ministère marocain de la communication a organisé un voyage de presse afin  de permettre aux journalistes francophones et arabophones de mieux comprendre le fonctionnement des grandes institutions européennes, d'assister aux travaux de certaines commissions qui touchent de près ou de loin au Maroc ainsi que de rencontrer des personnalités qui ½uvrent chaque jour au c½ur de ces diverses institutions telles que le porte parole de Catherine Ashton. Au cours de cette semaine, nos journalistes marocains ont eu l'opportunité de visiter le Service Européen d'Action Extérieur et de ressentir l'effervescence du Parlement européen qui s'est vu bénéficier de nouveaux pouvoirs de codécision  dans divers domaines depuis l'entrée en vigueur du Traité de Lisbonne. D'emblée, les discussions et les débats sont allés bon train lors d'une réception offerte chez l'ambassadeur de la Mission du Royaume du Maroc auprès de l'Union européenne. De fait,  le dîner a donné le la à une semaine qui s'annonçait chargée en terme de thématiques, telles que l'accord de pêche, la question du Sahara, les relations tendues entre l'Algérie et le Maroc ou encore les droits de l'Homme.

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UE-Maroc : les relations sont au beau fixe

S'il y a bien une chose qui est certaine, c'est l'importance qu'accorde l'Union européenne au Maroc en tant que partenaire privilégié. Depuis plusieurs années, les relations entre l'UE et le Maroc se sont intensifiées à un rythme effréné. En effet, le champ de coopération entre les deux parties s'est  élargi  lors de la signature d'un accord d'association en 1996 qui est entré en vigueur en mars 2000. En juillet 2005, l'adoption d'un plan d'action UE-Maroc  dans le cadre de la Politique Européenne de Voisinage ( PEV)  a permis de poser les jalons d'un statut avancé du Maroc qui sera adopté en 2008 et qui ira au-delà de l'accord d'association sans pour autant atteindre l'adhésion. Actuellement, un nouveau Plan d'Action 2013-2017 est en cours de finalisation pour la mise en ½uvre du statut avancé du Maroc. Il s'agit d'un plan d'action très vaste dont l'adoption est prévue en novembre et qui englobe des thèmes tels que l'immigration et la mobilité avec notamment la facilitation de l'obtention de visa pour certaines catégories de personnes, la sécurité, la démocratie, etc.  Par ailleurs, le Maroc est sans conteste le pays de la région sur lequel l'UE fonde le plus d'espoirs. Cette confiance et ce respect envers le Royaume chérifien  se traduit par des dons qui se sont élevés  à 580 millions d'euros pour la période 2011-2013, en sus des 80 millions d'euros dans le cadre du programme Spring ; le Maroc est le pays qui bénéfice le plus d'aides financières dans sa région. Plus récemment, en 2012, l'UE a octroyé un don de près de 200 millions d'euros au Maroc, sans compter les prêts. L'objectif du soutien financier de l'UE est d'aider le Maroc à se rapprocher des normes européennes et d'accompagner le pays dans ses réformes. Sans surprise, un bémol est venu se glisser dans ce bilan plutôt positif. De fait, si les différentes sources européennes rencontrées lors de ce voyage de presse ont félicité à maintes reprises le Maroc pour l'adoption de sa nouvelle Constitution, ils ont néanmoins été tous unanimes concernant les lois organiques qui se font de plus en plus attendre. L'UE attend aujourd'hui du Maroc plus que des promesses et aimerait voir le royaume joindre les gestes à la parole plus rapidement car le rythme de l'évolution des réformes au Maroc n'est malheureusement pas celui escompté.

Le Maroc et les droits de l'Homme

Le sujet des droits de l'Homme est probablement celui qui a été le plus au c½ur du débat. Et pour cause, si l'UE semble mettre un point d'honneur à faire respecter les droits de l'Homme en tout domaine, le Maroc, lui, commence à s'offusquer de se faire toujours remonter les bretelles en dépit de ses nombreux efforts en la matière.  Ce fut justement le point de discorde lors d'une commission parlementaire mixte UE-Maroc lors de laquelle plusieurs thèmes ont été abordés, dont  l'intégration régionale et la pêche. En effet, lorsque le temps était venu de discuter d'un accord de pêche qui était dans sa phase de finalisation, les parlementaires marocains ont à leur grande surprise remarqué qu'une nouvelle clause concernant le respect des droits de l'Homme avait été ajoutée in extremis au dit accord. Toutefois, plusieurs sources européennes ont tenu à nous rappeler que le Traité de l'Union européenne stipule que toute action extérieure doit inclure la notion des droits de l'Homme. Qu'il s'agisse d'un acharnement selon les parlementaires marocains, ou d'une simple formalité pour les députés européens, la certitude est que l'UE était pleine d'espoir après l'adoption de la nouvelle Constitution, mais la non-implémentation de nombreuses lois a le don d'agacer les Européens.  Plus précisément, l'UE attend du Maroc des réformes dans le domaine des droits de la femme (l'affaire Amina Filali a fortement marqué l'opinion publique jusqu'au Parlement européen), l'indépendance judiciaire ou encore la liberté d'expression. Par ailleurs, l'UE rédige actuellement une ligne directive au sujet de la liberté d'expression qui sera publiée en Décembre dès que les ministres des Affaires étrangères auront entériné le projet. Un rapport faisant état des droits de l'Homme sera également publié en juin.

Et à l'avenir ?

Le Maroc et l'UE sont actuellement en pleine négociation en vue de l'accord de libre-échange complet et approfondi (ALECA). L'objectif de cet accord sera entre autres  de renforcer les relations commerciales existantes, de protéger les investissements ou encore de simplifier les procédures douanières et d'alléger les barrières commerciales. S'agissant de l'accord de pêche qui est au point mort depuis février, une source européenne a fait part de son optimisme et prévoit une fin heureuse d'ici la fin de l'été. Pour rappel, cet accord de pêche s'est retrouvé dans une impasse pour deux raisons. La première concerne le montant annuel de la compensation financière réclamé par le Maroc pour que les bateaux de l'UE puissent pêcher au large des côtes marocaines ; toutefois, selon la même source européenne, ce premier différend aurait été résolu. La seconde raison de l'échec des négociations a trait au respect des droits de l'Homme au Sahara occidental. Dans un tout autre domaine, un projet est actuellement à l'étude afin de créer une communauté méditerranéenne en matière d'énergies renouvelables. Et pour cause, le Maroc dispose d'un énorme potentiel qui pourrait aider l'UE à atteindre ses objectifs 2020. De son côté l'UE contribuerait à l'intégration des ressources énergétiques renouvelables au Maroc par le biais de prêts. Enfin, une déclaration conjointe par le Maroc et l'Union européenne concernant la mobilité est prévue pour juin et devrait être signée à Bruxelles.

DNES

IEA

La Nouvelle Tribune

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