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De 230 milliards à presque 500 milliards de francs Cfa aujourd'hui : Aibd, révélations sur un gouffre à milliards

Avec un prix initial du contrat de construction estimé à 349 479 101 euros (environ 230 milliards de FCfa), l'Aéroport Blaise Diagne de Diass (Aibd), qui n'est pas encore sorti de terre, a déjà englouti plus de 500 milliards de FCfa du contribuable sénégalais par un troublant jeu d'avenants. Scandaleux !

C'est un gouffre à milliards. Un monstre financier qui se nourrit des deniers publics sénégalais. Sans scrupule, avec voracité. Signé le 3 avril 2007, le contrat de construction, clé en main, d'un nouvel aéroport d'envergure avec le groupe Saudi Bin Ladin, au titre de crédits consentis d'abord auprès de Bnp Paribas et ensuite auprès de 8 institutions financières (Afdb, Afd, Idb, Idc, Sfd, Boad, Icf Debt Pool Llp, Opec Fund), risque aujourd'hui de coûter au Sénégal la peau des fesses. Mais, surtout d'hypothéquer tout l'avenir d'un peuple déjà en proie aux démons financiers à la petite semaine.

Avec ses multiples rallonges à milliards, ses dates de livraison tout le temps repoussées d'un an depuis novembre 2010, l'Aéroport Blaise Diagne dont le coût initial était de 349 479 101 euros (environ 230 milliards de FCfa) avant d'être valorisé à 575 millions d'euros (environ 377 milliards FCFa), va coûter à l'Etat du Sénégal, si l'on s'en tient au 4e (et sûrement pas le dernier) avenant de Saudi Bin Ladin, au minimum la bagatelle de 500 milliards de FCfa.

Une somme colossale qui fait plus que le quart du budget national pour une infrastructure dont la priorité se discute dans le grand lot des urgences d'un pays pauvre comme le Sénégal qui ne peut même pas assurer convenablement le droit à une éducation normale à ses enfants. Mais un projet que les actuels tenants du pouvoir veulent mener à terme, malgré la volonté officieuse de banques partenaires de se retirer de ce financement à outrance sur une infrastructure sans planning de construction crédible.

46 milliards de FCfa pour boucher des cavités

1ER AVENANT. C'est l'heurt de démarrage. Saudi Bin Ladin, qui doit assurer la construction du «bijou» de Diass en 33 mois, a très tôt exprimé une demande de rallonge sur le coût initial du contrat de construction entamé sur un prêt relais de 234 millions d'euros (153,5 milliards FCfa) consentis par l'Aibd. Indisposée par le retard de la signature du financement à long terme qui devait permettre à Saudi Bin Ladin de rentrer dans la totalité de ses sous, la société saoudienne a imposé une nouvelle modification du contrat. Désormais, l'Aéroport de Diass qui devait être livré à l'Etat du Sénégal le 3 septembre 2010 va connaître un retard de 26 mois, soit le 3 novembre 2012, avec une sanction de 2 721 215 euros (environ 1, 7 milliard Cfa). Un premier avenant, mais pas le dernier.

2EME AVENANT. Après quelques jours d'intenses travaux et de déblayage du site de Diass qui doit abriter le futur Aéroport Blaise Diagne, les ingénieurs de Saudi Bin Ladin découvrent que le terrain n'est pas, en l'état, apte à recevoir ce type d'infrastructure. De grandes cavités sont découvertes au sous-sol et doivent être bouchées avant toute pose de première pierre. Mais, pour faire le boulot, l'entreprise saoudienne demande à être payée davantage et exige de l'Etat du Sénégal la faramineuse somme de 46 milliards FCfa. Pour les Saoudiens, il n'a jamais été question, dans le contrat signé, de refaire le site qui doit abriter l'aéroport. Ils ont signé un contrat de construction et rien d'autre. L'Etat du Sénégal va résister un moment avant d'accepter de payer la rallonge. Une condition, d'ailleurs sine qua non, pour l'entrée des 8 banques (Afdb, Afd, Idb, Idc, Sfd, Boad, Icf Debt Pool Llp, Opec Fund) dans le financement à long terme de l'aéroport.

3EME AVENANT. C'est le plus compliqué. Signé le 17 juin 2011, permettant la finalisation des négociations sur le financement à long terme, il était de l'ordre de 41 167 101 euros (soit 27 milliards de FCfa). Mais le montant colossal est resté longtemps avant d'être réglé. Rejeté par les prêteurs à cause des garanties bancaires présentées par Saudi Bin Ladin, c'est en février 2012 que le premier décaissement fut effectif. Mais, entre-temps, le 20 février 2012, la Direction de l'Aibd est informée que le 26 janvier 2012, le gouvernement sénégalais avait pris la décision importante (décrets n°2012-175 et 2012-176) de dissoudre les Aéroports du Sénégal (Ads). Et le 27 avril 2012, plus d'un mois après l'élection de Macky Sall à la Magistrature suprême, l'agent des prêteurs notifie à l'Aibd l'existence d'un événement interdisant tout tirage au titre du financement à long terme et relatif à la signature des décrets gouvernementaux portant dissolution des Ads. Commence une longue traversée du désert de Diass, des errements qui seront lourdement facturés à l'Etat du Sénégal.

Pour avoir imposé des contraintes sévères aux finances du projet, l'absence de décaissement plombe la bonne marche des travaux. Dans ce contexte de forte tension de trésorerie, l'Aidb est obligé d'aller trouver de l'argent pour décanter la situation. Une avance de paiement pour un montant de 3,5 milliards de francs Cfa est faite à Saudi Bin Ladin par le biais d'un prêt par gage espèces portant sur des fonds gouvernementaux alloués à l'Aibd. 9 mai 2012, désarçonnés par le retard des travaux, les prêteurs envoient une mission à Dakar. Les missionnaires ont 3 jours pour évoquer avec Saudi Bin Ladin et Aibd les problèmes liés à l'absence d'avancement du projet. En particulier : «L'absence de planning de construction crédible pour la fin de la construction du projet ; un montant insuffisant de lettres de crédit confirmées en concordance avec le planning de construction ; La remise d'une nouvelle demande d'augmentation des coûts des travaux par Saudi Bin Ladin ; Le non-paiement par Sénégal Airlines des montants dus au titre de Rdia.»

Des banques menacent de quitter le projet


Au sortir de cette réunion, il est convenu que les décaissements suivants (qui devaient couvrir les besoins en trésorerie pour les trois mois) seraient effectués à la suite de la validation par le Lta du planning de construction de Saudi Bin Ladin, de fournir la preuve de l'ouverture de lettres de crédits pour un montants suffisant pour couvrir le nouveau planning. Mais, la préparation par l'Aibd du décaissement suivant était en cours au mois d'août 2012, lorsque le 27 du même mois, Saudi Bin Ladin met à jour sa quatrième plainte.

4EME AVENANT. C'est le dernier, mais pas le moins salé. Soumis à discussion à la Direction générale de l'Aéroport international Blaise Diagne (Aibd) depuis le 05 février 2013, l'avenant N°4 de Saudi Bin Ladin est une énième requête que la société saoudienne envoie à l'Etat du Sénégal pour qu'il lui paye les coûts additionnels pour le bouclage de la construction de l'aéroport dont la dernière date de livraison est prévue pour le mois de novembre 2012. Mais que par la faute de l'Etat du Sénégal, les travaux n'ont pas pu être menés à termes.

Et pour cette facture additive, sans quoi les travaux de l'aéroport, aujourd'hui à l'arrêt, ne seront pas repris, Saudi Bin Ladin exige de l'Etat du Sénégal, en attendant de lui communiquer les coûts supplémentaires et les variations, une enveloppe de 69 075 121 millions d'euros (soit près de 46 milliards Cfa). Une somme excessive que, selon des sources proches du dossier, les banques partenaires ont rejeté, menaçant, pour certaines, de quitter le projet.

Sénégal Airlines et Ads, «détourneurs» de Rdia

Dans un autre pays, on en ferait tout un foin. Une compagnie et des agences nationales qui détournent les taxes servant à la construction d'un nouvel édifice national, c'est seulement au Sénégal que ça se passe, sans heurter les dirigeants du pays. Qui ont longtemps fermé les yeux sur cette incongruité.

Sénégal Airlines. Collectée sur les billets de tous les voyageurs qui passent par l'Aéroport Léopold Senghor pour aller à l'étranger, la taxe Rdia, estimée à 35 000 francs Cfa doit être payée par toutes les compagnies aériennes. Mais, du côté des compagnies de l'Iata (Air France, Bruxelles Airlines, Iberia, etc.), tout le monde s'acquitte convenablement de son dû à l'Etat du Sénégal, la compagnie nationale, elle, n'a rien versé à l'Aibd de mars 2011 à Octobre 2012. Soit une dette globale de 5 866 506 155, 35 FCfa. Un dû que la compagnie arienne, aujourd'hui rattrapée par son «crime», a décidé de payer selon un échéancier de remboursement qui court jusqu'à août 2014. Et Sans aucune pénalité. Une politique de deux poids deux mesures qui n'a pas manqué de frustrer les compagnies occidentales.

ADS. Dans la même situation que Sénégal Airlines, les Aéroports du Sénégal (Ads), qui sont chargés de collecter les taxes Rdia des autres compagnies qui ne sont pas de l'Iata, traînent aussi beaucoup d'arriérés de versement à l'Aibd. Depuis avril 2010, l'agence n'a jamais été régulière dans ses versements. Elle doit aujourd'hui la rondelette somme de 3 384 090 087 à Aibd. Dont les finances sont plombées depuis belle lurette.

L'Observateur

Rewmi

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