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Un triumvirat provisoire à la tête d’Accor, RAS pour Risma…

Denis Hennequin

Cette dernière semaine a vu l'éviction brutale du président d'Accor, Denis Hennequin, qui venait tout juste de dépasser sa deuxième année à la tête du management du premier groupe hôtelier européen et l'un des leaders mondiaux du secteur. C'est le troisième président que les actionnaires de référence remercient ainsi en sept ans !!!
Ce groupe semble être habitué à ce type de bouleversements, lui qui avait été marqué  pendant plus de 30 ans par la stabilité incarnée par son duo fondateur, Paul Dubrule et Gérard Pélisson.
Là encore, comme en 2006 avec l' éviction brutale de Jean-Marc Espaliou et en 2010 avec celle toute aussi inattendue de Gilles Pélisson, le même scénario s'est répété.
Les actionnaires Colony Capital et Eurazéo, avec moins de 30 % du Capital ( et 40 % des droits de vote), ont imposé un nouveau changement de cap alors que tout le monde s'accordait à reconnaitre le bien-fondé de la stratégie menée par Denis Hennequin et la qualité des résultats. Une seule chose manquait au tableau, la croissance du cours de l'action.

Quid pour Risma ?

Un tel évènement aura-t-il des incidences sur la destinée de Risma au Maroc dont Accor est l' actionnaire de référence ? Y-a-t-il des parallèles à faire ou des enseignements à tirer ? Peut-être...

D' abord, et fort heureusement, le modèle RISMA est l'application stricte de la stratégie « d' Asset Light » prônée par Accor et qui veut que ce dernier se désengage en partie de l' investissement direct hôtelier. A ce titre, en ne détenant que 35 % de la société  patrimoniale RISMA aux côtés du groupe Finance.com , de la CIMR et de Mamda-Mcma, Accor respecte cette nouvelle stratégie depuis bien longtemps. Pour autant, doit-on craindre une réduction de la part d' Accor dans RISMA du fait de l'accélération de cette politique au plan mondial ?  C'est encore trop tôt pour le dire.

De ce point de vue, la présence de Yann CAILLERE à la présidence du Conseil de Surveillance de RISMA est un gage de maintien de l'engagement d' Accor dans RISMA. Yann CAILLERE fait d' ailleurs figure de rescapé dans cette brutale réorganisation du groupe hôtelier puisqu'il conserve et renforce sa position de Directeur général d'Accor.
Tout le monde, au Maroc, connait son attachement envers notre pays où il est d'ailleurs né (Agadir). Tout le monde sait, qu'en coulisses, Gérard Pélisson «  veille au grain », lui qui a conservé la Présidence d'honneur de RISMA et ne rate jamais une occasion de faire valoir son avis en mettant tout son poids historique dans la balance . Tout le monde sait, également, que l'amitié entre Othman Benjelloun, Président de FinanceCom et de BMCE Bank, et Gérard Pélisson, est historique et que ces deux fondateurs portent une attention particulière à tout ce qui touche RISMA.      

Yann-Caillères

Yann CAILLERE

  Le nouveau et très efficace directoire de RISMA, avec Amine Echcherki, Président, issu du groupe FinanceCom-BMCE et Marc Thépot, Vice-président, issu d' Accor, tous deux très liés à ces deux fondateurs, en est une manifestation évidente… Accor restera donc vraisemblablement durablement engagé dans RISMA , d'autant que les liens qui unissent le groupe hôtelier à BMCE Bank et à FinanceCom n'ont jamais été aussi forts. Chacun a pu en avoir eu la preuve éclatante le 4 Avril dernier à Rabat lors de la visite du Président français, lorsque Yann Caillèrea révélé le s ambitions communes du groupe BMCE et d' Accor en Afrique.

Mais, peut-on, pour autant, tirer des enseignements pour Risma après ce dernier épisode du feuilleton Accor ? Le divorce de Denis Hennequin avec son conseil est né du fait que les résultats étaient jugés insuffisants, le cours de l' action trop bas, les frais de structure trop élevés et les investissements propres encore trop importants.

De ce point de vue , RISMA semble avoir pris une voie plus sûre. Sa gouvernance est désormais plus transparente et plus respectueuse des actionnaires en présence. Amine Echcherki et Marc Thépot ne ménagent pas leurs efforts pour expliquer et valider leurs décisions auprès des Comités concernés. La politique d' investissement est désormais plus digeste et ne concernera que l' hôtellerie économique. La politique de cession des actifs non stratégiques est déjà appliquée depuis l' arrivée du nouveau directoire. Yann Caillère, malgré l' étendue de ses responsabilités mondiales, veille personnellement au respect de la feuille de route que les actionnaires ont fixée. La gouvernance actuelle s'applique à la prise en compte des intérêts des petits porteurs d'actions RISMA .

Pour autant, la crise intervenue la semaine dernière chez Accor a eu le mérite de mettre l'accent sur un enseignement à tirer, y compris au Maroc pour RISMA. Il est impératif  pour tout entreprise de garder un lien fort avec ses actionnaires, de maintenir le dialogue, d'expliquer l'action menée. Les règles de gouvernance sont au c½ur du dispositif. C'est ce que le management de RISMA doit garder à l'esprit !

Afifa Dassouli

Callière bien placé pour succéder à Hennequin
Yann Callière, nommé cette semaine Directeur général de transition d’Accor, figure au nombre des cinq candidats potentiels pour reprendre les rênes du groupe hôtelier, rapporte le titre de presse français Le Journal du dimanche.
Les noms de deux anciens dirigeants du groupe, André Martinez et Sven Boinet, du président de Canal+ Bertrand Méheut et de Jacques Ehrmann circulent également, indique le journal.
Un trio a été mis en place pour une période transitoire à la tête d’Accor la semaine passée après la démission du PDG Denis Hennequin sous la pression des deux principaux actionnaires du groupe, Colony Capital et Eurazeo .
Selon le JDD, Yann Callière, 59 ans, “pourrait voir plus loin que son poste actuel” de Directeur général et bénéficie de soutiens en interne comme chez les franchisés du groupe.
Toujours selon le Journal du dimanche, les indemnités de départ de Denis Hennequin, qui était en place depuis fin 2010, devraient atteindre quatre millions d’euros, soit deux ans de salaire sur la base de sa rémunération 2012.

La Nouvelle Tribune

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