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Responsabilité partagée

L'incapacité physique à gouverner du président Bouteflika, que son AVC de samedi dernier n'a fait que confirmer davantage, n'est pas nouvelle. Elle remonte en fait à 2005, à la suite de son premier transfert à l'hôpital militaire parisien du Val-de-Grâce pour «un suivi médical lié à une hémorragie intestinale», selon le bulletin de santé officiel rendu public par son médecin personnel. Cette alerte, qui lui a imposé une période de convalescence et de fréquents déplacements au niveau du même établissement hospitalier pour des bilans et des soins post-opératoires, a laissé de profondes séquelles chez le président de la République les mois et les années qui ont suivi. L'image du président omniprésent, imposant un rythme endiablé à tout son monde, ne ratant aucune tribune internationale, a laissé peu à peu place à une gouvernance à distance. La presse, qui avait relevé son manquement à certaines de ses obligations protocolaires, avait été accusée de presse d'opposition «anti-bouteflikienne». En parler relève du crime de lèse-majesté pour les milieux qui ont prêté allégeance à l'homme, beaucoup plus par intérêt que par conviction, à un programme d'action. Le malaise cardiaque subi par Bouteflika ce samedi n'a surpris que ceux qui avaient des ½illères et refusaient de voir la réalité en face. En toute responsabilité et conscience. Lentement, la santé du Président déclinait de plus en plus et à vue d'½il à chaque fois que les Algériens le redécouvraient à la télévision et dans des manifestations publiques, où ses  rares apparitions sont devenues un objet de pronostics et de pari public. Tant et si bien que lorsque l'homme (ré)apparaît, le propos du lendemain portait moins sur ce que le président Bouteflika avait dit mais sur sa forme physique et sur le débit de son langage. La médecine la plus performante au monde ne peut pas produire de miracles. Cela, le pouvoir ne semble pas l'avoir compris ou n'a pas voulu se résoudre à l'admettre. Pour des raisons qui tiennent à la perpétuation du système. En le forçant à puiser dans ses réserves physiques pour continuer à assumer autant que faire se peut ses charges présidentielles, même en allégeant considérablement ses activités officielles et ses déplacements à l'intérieur et à l'extérieur du pays, on n'a rendu service ni à Bouteflika ni au pays. Ce qui devait arriver arriva. Son malaise cardiaque était, d'une certaine manière, programmé. La responsabilité incombe à Bouteflika qui n'a pas voulu écouter son c½ur et sa raison en acceptant son destin. Et à ses soutiens au sein du pouvoir, qui n'ont rien fait pour le convaincre de s'occuper de sa santé désormais fragile et à admettre que son avenir est derrière lui. Il n'y a aucune honte ni infamie qu'il remette son mandat présidentiel avant terme. Bien au contraire, une telle décision responsable l'aurait grandi aux yeux de l'opinion. Le président Bouteflika est aujourd'hui desservi par cette image que l'on décrypte négativement comme étant celle d'un chef d'Etat qui s'accroche au pouvoir en dépit de sa maladie et de son âge avancé. Bien évidemment, il serait naïf de croire que le mal de Bouteflika viendrait uniquement des autres. Qu'on l'a contraint et forcé de ne pas lâcher le gouvernail. Il a sans doute aussi ses propres raisons de ne pas capituler en écourtant son mandat et en briguant un quatrième, une option forte qui était encore dans le débat politique il y a à peine quelques jours, avant ses derniers ennuis de santé. Ce dernier épisode qui s'est invité brutalement dans le débat changera-t-il les données de l'équation politique dans la perspective de l'élection présidentielle prochaine ? S'il ne s'agissait que d'une simple question d'ego personnel d'un Président élevé au rang de messie par ses sponsors et qui vivrait mal le fait d'être débarqué par des man½uvres de pouvoir, son malaise cardiaque lui offre une porte de sortie honorable. Mais si la pathologie de Bouteflika relève d'une maladie du pouvoir qui, elle, n'a pas de remède, il n'y a rien d'étonnant alors de le voir reprendre du service, terminer son mandat et aller à la conquête d'un nouveau quinquennat. Il a bien traversé, dans les conditions de santé difficile que l'on sait, un mandat et demi sans crier gare...  

El Watan

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