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Tunisie - Des journalistes passés à tabac par la police

Samedi 7 mai 2011, de nombreux manifestants tunisiens se sont rassemblés devant le théâtre municipal de Tunis pour protester et dénoncer les agressions des forces de l’ordre qui réprimaient les marches des jeudi et vendredi précédents. Depuis plusieurs jours, la capitale tunisienne est redevenue le théâtre d’affrontements entre d'un côté la police, et de l'autre les civils ainsi que les journalistes.

Quinze journalistes ont ainsi été passés à tabac par les forces de l’ordre alors qu'ils couvraient la manifestation du vendredi 6 mai, a déclaré le Syndicat national des journalistes tunisiens (SNJT) dans un communiqué de presse publié dans les médias vendredi soir:

«Des dizaines de policiers en uniforme et en civil ont frappé d’une manière cruelle des journalistes bien qu'ils sachent qu’ils étaient journalistes et ils ont cassé des appareils photos», indique le SNJT dans son communiqué.

Son président Néji Bghouri a dénoncé les méthodes répressives utilisées par les forces de l’ordre contre les journalistes, qu’il qualifie de «crimes contre la liberté de la presse et la liberté d’expression». D’après des témoins sur place vendredi, la police a également aspergé la foule de gaz lacrymogène, ce qui a poussé les manifestants à se rassembler devant le ministère de l’Intérieur et à scander:

«Gaz lacrymogènes et cartouches, les Tunisiens n’ont pas peur!»

Le soir, le ministre de l’Intérieur tunisien Habib Essid (qui remplace Farhat Rajhi) a présenté ses excuses aux journalistes victimes de ces violentes agressions et demandé qu’une enquête administrative soit ouverte.

Sa récente nomination —sur proposition du Premier ministre Béji Caïd Essebsi— est sans conteste l’une des causes du mouvement de protestation —la principale réclamation des manifestants étant la démission pure et simple du gouvernement provisoire. Lors d’une interview accordée à la télévision nationale, Farhat Rajhi avait laissé entendre que l’armée se préparait à un coup d’Etat au cas où les islamistes se hisseraient au pouvoir.

Béji Caïd Essebsi a fait état de la décision de l’actuel ministre de l’Intérieur de poursuivre plusieurs agents impliqués dans des actes de violence contre les citoyens et contre les journalistes.

Lu sur El Watan, Médiaterranée