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La cravate et le burnous du Dr. Marzouki.

Par Abdelkarim Haj Frej

J'exhibe cette photo (le Dr. Marzouki et moi) pour trois raisons :
La première est que nous portions des habits fripés. A force de nous rabâcher que 'l'habit ne fait pas le moine', que 'les apparences sont trompeuses' que 'la forme ne vaut pas le fond' alors que nos macaques sont plus Tartuffe que Tartuffe, nous sommes devenus les champions de 'l'anti-paraitre', de la laideur et de la saleté. Les niquabées* symboles de la négation totale du 'paraitre', la négation de la beauté, sont la négation de Dieu. La beauté est par essence vision, réelle, imaginaire ou virtuelle. La beauté est Dieu. Si au moins nous pouvons prétendre 'être'. Une dualité 'être/paraitre' que je laisse aux philosophes, psychologues et autres sociologues le soin de continuer à développer. N'empêche que le service du protocole doit être exigent quant à l'aspect vestimentaire du président-image-du-pays, et qu'il a commis un crime de 'lèse majesté' en laissant son patron 'paraitre' dans des vêtements fripés ! Il a prouvé son incompétence et doit être relevé, les autres aussi ; macaques élus, macaque en chef. Nous avons assez de leurs incompétences ! Il est grand temps pour qu'ils pondent leur constitution et dégager. Nous la referons. L'histoire est une voiture sans marche arrière, elle s'accélère mais ne recule point !
La deuxième est qu'il est cravaté. Fier de notre avancée en informatique sur toutes les autres facultés de médecine du pays, le Dr. Marzouki m'a pris rendez-vous avec le professeur Zmerli, alors ministre de la santé, pour lui exposer nos progrès et lui donner une copie de SYSTAT (system for statistics) que nos amis canadiens nous ont apporté dans leurs valises. Il exigea de moi que je mette une cravate allant jusqu'à me proposer une des siennes arguant que le Dr. Zmerli est citadin (beldi) et très à cheval sur l'aspect vestimentaire de ses visiteurs. Il a du se résigner à mon catégorique niet. A Tunis je fus accueilli par un assistant hospitalier lui-même non cravaté.
La troisième est le livre que je tiens entre les mains. Il lui a été envoyé de France par l'une de ses filles. Prétextant le manque de temps il me l'a donné à lire, à le lui résumer et surtout à trouver pourquoi sa fille le lui a envoyé. Le livre s'appelle 'le monde de Sophie**' et j'invite tout un chacun à le lire pour accéder à ce monde extraordinairement magique et trouver la solution de l'énigme 'pourquoi la fille l'a envoyé à son père ?'. Je le recommande à tous les candidats au baccalauréat et si quelqu'un regrette sa lecture je le rembourserai !
En hiver le Dr. Marzouki me reçoit invariablement accoutré de son burnous dont il m'a vanté les qualités ; fait-mains, en bourre et tient bien chaud. Il ne manque jamais d'en parler à ses visiteurs tellement il en était fier. J'ignore si c'est le même qu'il a mis lors de son investiture !
Je n'ai ni burnous ni kachabia ni Jebba! Qu'en est-il de la journée nationale de l'habit traditionnel ?

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*Dans ce 'bagne terrestre' (V. Hugo) où le ridicule ne tue pas, imaginez, rien qu'un instant, une niquabée présidente de la république !
**Joslein Gaader

Tunisie Focus

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