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Élection présidentielle : Juillet : La fin de la transition

Le débat, sous forme d'interrogation, fait actuellement rage au Mali, en Afrique et au-delà de toutes ces frontières. L'élection présidentielle pourra-t-elle se tenir, comme prévu, au mois de juillet 2013 ? Oui, répondent et persistent les autorités maliennes. Oui encore, appuie la France. Oui enfin, encouragent les Etats Unis.

Moralité : la transition malienne prend fin en juillet prochain à l'issue d'un scrutin présidentiel dûment organisé. C'est irréfutable.

« La meilleure transition, c'est la plus courte possible », dit-on. Les autorités maliennes semblent faire sien cet adage dont l'histoire politique de l'Afrique et les faits nous prouvent qu'il est tout fondé et solide.

Le président de la République par intérim, Pr Dioncounda Traoré, a été le premier à annoncer ce défi dans un discours au lendemain de son retour de France après son long séjour de traitement. Sur le coup, l'opinion a pris la nouvelle comme une simple information.

Mais au fil du temps, le challenge commence à tarauder les esprits, des bribes d'information sur le sujet sont annoncés dans les médias, des actions au niveau des structures publiques impliquées, notamment le département de l'administration territoriale sont entreprises, jusqu'à ce que le débat vienne enfin s'installer.

Le président de la République, le Premier ministre, le ministre en charge de l'administration territoriale, ne manque plus aucune occasion, à l'intérieur ou hors du Mali, pour réaffirmer la tenue des élections à partir de juillet 2013.

Pas plus tard que jeudi dernier, le ministre Moussa Sinko Coulibaly, lors de la Rencontre de haut niveau entre les acteurs nationaux sur les élections de sortie de crise de juillet, a été clair et sans équivoque : il n'y a pas d'option B par rapport à la tenue de l'élection présidentielle en juillet 2013. Selon lui, les Maliens ne doivent plus se poser la question de savoir si nous allons réussir des élections libres, crédibles et transparentes. La réponse est évidemment OUI, dit le colonel Coulibaly. Qui poursuit : « Nous n'avons droit ni à l'erreur, ni à l'échec dans la double mission cardinale asdsignée à la transition : la libération du pays et l'organisation d'élections libres, crédibles et transparentes. Il y a des défis à relever et des objectifs à atteindre ».

 

Pressions extérieures...

Les autorités sont d'autant plus condamnées à organiser les élections aux dates promises que la pression extérieure est trop forte. De fortes pressions de la France, des Etats Unis et des pays européens, pressés que le scrutin présidentiel se tienne en juillet. Pour diverses raisons.

Ils sont pressés pour que prennne fin cette situation d'illégalité constitutionnelle au Mali. Mais aussi pour q'un gouvernement issu d'élections démocratiques puisse commencer à travailler et à sortir le pays de l'impasse.

Et enfin, pour éviter que leur opinion publique, leur classe politique et leur société civile ne commencent à s'interroger et à désapprouver leur action dans un pays où il n'existe pas « un gouvernement démocratique ». Illustrations concrète.

Invité de Rfi la semaine dernière, le ministre de la défense français a été très explicite sur le sujet.  A la question de savoir s'il ne faut pas envisager un report de l'élection présidentielle au Mali parce que les délais sont trop serrés, Jean Yves Le Drian martèle : « Ce n'est pas imaginable. Et je pense que tous ces bruits qui courent sur un éventuel report, mettent en cause tout le travail militaire effectué jusqu'à présent. Et nous sommes tout à fait déterminés à soutenir le gouvernement et le président Traoré dans l'organisation des élections au mois de juillet, car il faut un pouvoir légitime ici.

Techniquement, il est possible d'organiser ces élections, et donc il faut que tout soit mis en ½uvre pour que ça se fasse, car il en va de la crédibilité du Mali. Et il en va aussi de la crédibilité de l'action des casques bleus, (…) de la crédibilité de l'action européenne pour la formation de l'armée malienne, ainsi que de la crédibilité de l'intervention française. Donc c'est incontournable pour que le Mali retrouve sa crédibilité internationale ».

Expliquant le ton martial du président français qui dit qu'il serait intraitable sur la tenue des élections en juillet, Le Drian est encore plus dru : « Il faut dire les choses fortement ! Les soldats français n'ont pas pris les risques qu'ils ont pris, y compris en laissant sur le territoire malien plusieurs morts, pour qu'on ait une attitude légère avec le processus démocratique ».

 

Le Mali n'a pas le choix !

Pourtant au Mali, et ailleurs, il y a des réticences. En effet, une grande partie de la classe politique malienne ne semble pas prête à aller aux urnes au vu de certains propos et déclarations flous.

Ensuite, la Ceni a ouvertement dit que les conditions ne sont pas réunies pour qu'on puisse organiser les élections en juillet 2013.

De son côté, la Cedeao, regroupant les pays les pays membres de l'Afrique de l'ouest et intervenant au Mali dans le cadre de la Misma se montre réservée (sans le dire ouvertement) par rapport à juillet. Ces « Africains » connaissent le terrain et les réalités maliennes, qui sont les leurs. Ils sont sceptiques sur le respect de ce delai à cause des éventuels problèmes techniques, politiques et organisationnels qui pourraient survenir. Ils ne croient surtout pas aux assurancves données par les autorités de Bamako sur l'état d'avancement des préparatifs.

Pour la Cedeao donc, ça va être des élections bâclées.

Dans tous les cas, le Mali n'a pas le choix : il faut aller à ces élections. Car, actuellement, le pays, à cause de la transition, est dans un (piteux) état d'assistance. Il est comme un grand malade, maintenu en vie artificiellement. Un pays qui n'a même pas les moyens d'assurer sa propre sécurité intérieure et extérieure, encore moins sa souveraineté alimentaire, économique et financière.

Par conséquent, tout ce qui serait de nature à sortir le Mali et les Maliens de cette situation doit être fait sans condition. Et il se trouve que le retour des bailleurs de fonds, des projets, de nos alliés, bref de l'argent passe par l'instauration d'organes démocratiques, avec comme point de départ l'élection d'un président en juillet 2013.

Un ministre de la transition nous confiait vendredi après midi qu' « on ne parle d'élections bâclées qu'en temps normal ». Alors, il faut y aller.

Sékou Tamboura

 

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