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Béji Caïd Essebsi : prochain président de la République !

Par Mustapha Stambouli

La perturbation intentionnelle de la transmission de l'émission de BCE sur Nesma TV a fait plus de bien que du mal. Ce «sabotage béni» a attiré l'attention de tous les tunisiens et tunisiennes sur la gravité des déclarations du président du parti Nidaa Tounès. Cette pratique peu républicaine mérite une condamnation voire une enquête internationale pour dévoiler les fauteurs et les saboteurs de la transition démocratique.

Si les partis politiques républicains et la société civile n'agissent pas maintenant pour mettre fin à la dictature déguisée, les conséquences seront désastreuses, non seulement pour la liberté de communication mais pour la liberté tout court.

BCE a utilisé cette émission pour passer un seul message pour dire qu'il sera le prochain président de la République. Pas un mot sur le processus qui va l'installer à Carthage mais l'homme sûr de lui et convaincu de son rôle de Chef d'Etat et de chef suprême des forces armées.

Il est certain que BCE n'envisage pas des élections présidentielles pour arriver à cette fonction. La Tunisie n'aura pas sa Constitution avant 2015 ... Alors comment BCE pourrait-il réaliser son vieux rêve sans passer par le suffrage universel ?

Deux scénarios sont possibles :

(I) la Constituante ou plutôt la « déconstituante » pourrait remercier Marzouki ! La motion de censure contre ce dernier a pu réunir les signataires exigées pour permettre à ANC de convoquer ce dernier et l'écouter sur ses dernières déclarations contre l'opposition tunisienne, en marge de sa participation au Sommet de la Ligue arabe à Doha au Qatar. En vertu de l'article 19 de la loi d'organisation provisoire des pouvoirs publics, la motion pourra être soumise au vote. Le retrait de confiance au président de la République est à l'ordre du jour. Marzouki est devenu gênant pour la Troïka. Ses alliés peuvent le lâcher si la nécessité géopolitique l'exige.

(II) Il n'est secret pour personne, notre voisin algérien est réellement menacé par une agression extérieure sous forme d'un « printemps arabe ». La tension du régime de Bouteflika et les centrales syndicales est à son plus haut niveau. Les chômeurs se sont organisés pour s'opposer au régime et comptent durcir leurs revendications. Le pouvoir a réellement peur de cette masse sans travail et sans projet de vie. Cette lutte pourrait favoriser une mobilisation citoyenne capable de créer les conditions objectives pour une intervention étrangère en Algérie afin d'achever un régime vieillissant.

Cette nouvelle donne géopolitique exige la présence à Carthage d’un homme expérimenté et capable de satisfaire la communauté internationale et l'opinion public tunisien dans sa gestion de la future crise algérienne. L'institution militaire pourrait influencer et accélérer la désignation de BCE comme Chef d'Etat et chef suprême des forces armées.

Une situation politique explosive en Tunisie et une instabilité régionale pourrait broyer plus d'un demi-siècle de construction de l'Etat tunisien. La présence d'un homme d'Etat comme BCE au sommet de l'Etat pourrait changer la donne et offrir à la Tunisie une sortie de la crise avec le moins de dégât possible.

BCE doit exiger avant de prendre la fonction la réinstallation de la Constitution de 59 et de ses institutions républicaines de contrôle de différents pouvoirs afin d'éviter un dérapage pouvant installer une dictature à l'infini car les ingrédients sont bel et bien présents. L'absence d'unanimité sur un projet de Constitution et le refus de présenter ce texte à un référendum installera de facto une dictature. BCE saura-il défaire ce piège et résoudre la quadrature du cercle et remettre le pays en état de marche ? S'il réussit, il accèdera au rang des grands. S'il échoue, l'histoire le désignera « dindon de la farce ».

Par Mustapha STAMBOULI le 29 avril 2013

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