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Abdoul Aziz Diop, ancien porte-parole du Mouvement «Une nouvelle vie commence pour le M23»

Pour avoir été à la tête du combat de la seconde alternance, le M23 a fini par être la propriété des populations sénégalaises. Mais, depuis le sacre de Macky et de son équipe, certains considèrent que ses objectifs sont atteints, et qu'il n'a plus sa raison d'être, créant ainsi un débat ouvert. Ainsi, sollicité, voici la réponse du politologue Abdoul Aziz Diop à nos interrogations.


L'on parle de fin de mission pour le M23.Vous qui êtes devenu conseiller spécial de la Présidence de la République, partagez-vous cette opinion ? Croyez-vous la page tournée?

Le 16 juin 2011, au soir, l'ancien président Abdoulaye Wade avait fini de plancher sur le pire des textes qu'un homme osa soumettre à une assemblée élue. L'article 8 dudit texte - pour ne pas en citer d'autres - donnait à un nouveau président élu la possibilité de renoncer au bénéfice de son élection, au profit d'un vice-président élu dans les mêmes conditions. Auparavant, le rédacteur du texte facilita le deal entre les deux hommes, en leur assurant la victoire, dès le premier tour de scrutin, par le vote favorable de seulement un (1) électeur inscrit sur quatre (4). Ainsi, nous avait été annoncée la monarchie du 16 juin 2011. Mais, son concepteur et ses laquais ne fêtèrent la promesse de son avènement qu'une petite semaine durant. Au bout de sept (7) jours de préparation, la République du 23 juin renverse la monarchie corrompue du 16 juin. Et la flamme de la contestation entretenue par le Mouvement du 23 juin - le M23 - ne s'éteignit plus.
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Concédons au jour d'hui que le Parti démocratique sénégalais (Pds) a mobilisé - peu importe comment - le 23 avril dernier pour obtenir de la société, au nom de laquelle la justice est rendue, la libération de prison de Karim Wade. Mais, que doivent savoir les Sénégalais pour se refuser à admettre qu'un homme que rien ne prédisposait à exercer les hautes fonctions dont il abusa longtemps ne puisse être libéré ou détenu qu'au terme d'une procédure judiciaire régulière et transparente ? Ils doivent savoirqu'une enquête a montré que de tous les prévenus emprisonnés, seul un d'entre eux - Karim Wade - pouvait s'octroyer, pendu aux basques de son père de président, le pouvoir de faire contrôler « des secteurs clés de notre économie nationale par des sociétés offshore ». La révolte est inévitable, quand le peuple s'aperçoit qu'après avoir recouvré sa souveraineté politique, suite au renversement de la monarchie du 16 juin 2011, elle doit s'organiser un peu moins de deux ans plus tard pour arracher des pans entiers de sa souveraineté économique des mains d'un individu que les suppôts de l'ancien clan au pouvoir nous présentaient à tue-tête comme un présidentiable normal.
En conséquence, l'expérience du M23 originel doit se poursuivre, continuer, même si certains ont déjà signé la fin de la partie.....
Assurément. Notre idée, tirée de notre expérience récente, est simple. Nous l'avons défendue, quand le maintien ou pas du M23 originel opposa les animateurs de ses structures, après la défaite cinglante d'Abdoulaye Wade, le 25 mars 2012. Optant pour le maintien du mouvement originel, nous expliquions que le M23 appartient au peuple auquel il est resté adossé, évitant, par une massification intelligente et réussie, la guerre civile au pays. Maintenant que tout indique qu'Abdoulaye Wade, sommant ses partisans de manifester tous les mercredis pour libérer son fils, est de retour, le M23 se voit acculé de choisir son camp.
par deux alternances démocratiques dans la paix.
Mais, l'alliance avec le pouvoir ne risque-t-elle pas de dénaturer le débat actuel, de faire perdre son identité au M23 ?
Non. Du tout. Acculé à la résistance au clan Wade,le M23, qui s'apprête à rédiger et à livrer au public sa propre histoire, ne peut plus se réfugier derrière la neutralité, au prétexte qu'il perdrait son âme dans une alliance avec le pouvoir issu de ses rangs. Une nouvelle vie commence pour le M23 en ordre de bataille sans délai pour la sauvegarde de son acquis historique.
Propos recueils par Cheikh BA
REWMI QUOTIDIEN

Rewmi

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