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Afrique du Sud: la femme d'un ministre condamnée à 12 ans de prison

Sheryl Cwele, la femme du ministre sud-africain des Renseignements, a été condamnée le 6 mai 2011 à douze ans de prison pour trafic de drogue. On l’accuse notamment d’avoir tenté d’organiser une filière d’importation de cocaïne dans le pays, avec l’aide de son complice, le Nigérian Frank Nabolisa. Ils auraient aidé des jeunes femmes sud-africaines à trouver du travail à l’étranger dans le but de leur faire transporter de la drogue dans leurs bagages.

Tous deux ont nié les faits et ont décidé de faire appel de la décision du parquet. Madame Cwele a d’ailleurs clamé son innocence:

«Je veux catégoriquement affirmer que je n'ai jamais consciemment participé à un quelconque trafic de drogue, ni été complice ni même incité à un trafic comme il est dit dans la mise en accusation.»

Les relevés de sa correspondance téléphonique avec Tessa Beetge ont contribué à la déclarer coupable. En effet, Tessa Beetge, une mère de famille sud-africaine, a été arrêtée en juin 2008 au Brésil avec 9,2 kilos de cocaïne dans ses bagages. La «mule» a été condamnée à une peine de prison qu’elle purge dans une prison brésilienne. Elle a affirmé avoir été manipulée par Sheryl Cwele et Frank Nabolisa et ignorer transporter de la drogue.

Le juge qui a prononcé le verdict, Piet Koen, n’a pas pris à la légère le crime:

«De nombreuses familles sont victimes des drogues qui entrent illégalement dans le pays. Elles souffrent à cause des dealers qui provoquent l’addiction en assurant des livraisons constantes.»

La femme du ministre avait été arrêtée en janvier 2010 puis libérée sous caution. Son mari, Siyabonga Cwele, a refusé de commenter la sentence de la justice reconnaissant sa femme coupable. L’opposition avait profité de l’inculpation de Sheryl Cwela pour demander la démission du ministre. Le porte-parole du parti d’opposition Congress of the People, Phillip Dexter a déclaré:

«Soit le ministre était informé de la tentative de sa femme de faire circuler des drogues dures et d’en tirer des bénéfices, ou bien il l’ignorait et dans ce cas il est légitime de mettre en doute ses compétences en tant que ministre chargé de la sécurité de l’Etat. Dans les deux cas, un coup sévère est porté à la réputation de l’Afrique du Sud et de son gouvernement.»

Lu sur BBC, News Time, Polity