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Le président du MODEC, Konimba Sidibé face à la presse : « C’est la corruption qui a plombé toute la gouvernance au Mali »

Le président du Mouvement pour un destin commun (MODEC) était en conférence de presse le vendredi 26 avril 2013 à l’Hôtel Radisson Blu. Le leader de cette jeune formation politique, dont l’assemblée générale constitutive s’est tenue le 20 avril dernier au CICB, l’honorable Konimba Sidibé a expliqué aux hommes de médias les principes fondateurs de son  » parti de type nouveau  » en dénonçant spécialement le fléau de la corruption.
Le président du MODEC estime qu’aucun pays ne peut avancer si toute sa gouvernance est gravement gangrenée par la corruption au sens large. Cette corruption se caractérise par ce qu’il appelle un « abus de fonction publique ». C’est-à-dire des pratiques qui permettent à ceux qui occupent des emplois publics de s’enrichir illicitement, par le détournement des fonds publics, en  favorisant les proches dans les recrutements, etc. « La pratique qui a plombé toute la gouvernance au Mali, c’est la corruption », a-t-il souligné. C’est pourquoi il a déclaré que le véritable enjeu des prochaines élections c’est de changer de leadership politique. Ce changement n’est pas générationnel car, au sein des jeunes leaders et parmi les aînés, il y a des cadres intègres comme ceux qui se sont impliqués dans des affaires de mauvaise gouvernance.
Pour Konimba Sidibé, il faut que les leaders de la classe politique sortent de la logique qu’ils sont nés pour diriger et dans leurs intérêts. Il faut, a-t-il précisé, réformer les partis politiques existants ou créer des types nouveaux de formations politiques mieux conformes à la promotion des valeurs démocratiques. Puisque la première option a été très difficile voire impossible, il a fini par quitter le PARENA, dont il était pourtant un des vice-présidents pour créer le MODEC.
Selon l’orateur, le MODEC n’est pas simplement le 150 ème parti politique du Mali. Il est le fruit d’une rupture totale d’avec une manière de faire la politique. C’est ce qu’il appelle un parti de type nouveau qui se caractérise par certains principes. Il s’agit d’abord du principe de l’alternance au sein des organes dirigeants du parti. « Aucun responsable d’un organe dirigeant du parti ne peut faire à son poste plus de deux mandats successifs », a-t-il affirmé, avant de dire qu’au MODEC on veut faire en sorte que le premier responsable ne se sente pas propriétaire du parti.
Ensuite, il y a le principe selon lequel les organes du parti ne doivent être constitués que de militants et cadres ayant une base politique réelle.  » Nous bannissons le système des apparatchiks cooptés au sein des organes dirigeants simplement par affinité », a-t-il indiqué. Il est aussi question au MODEC de ne prendre les décisions majeures que par une convention nationale du parti. En clair, a expliqué Konimba Sidibé, les grandes décisions comme par exemple l’entrée dans la majorité présidentielle ou animer l’opposition, présenter un candidat ou ne pas en présenter, ne peuvent pas être prises seulement par l’organe dirigeant du parti.
Konimba Sidibé a saisi cette occasion pour informer la presse que le parti, qui a mis en place un bureau national de 35 membres, l’a investi candidat à l’élection présidentielle de juillet 2013. Il a assuré que le MODEC s’engage à participer à toutes les élections à venir, avant de rendre un vibrant hommage à la France, au Tchad et aux autres pays de la communauté internationale pour l’accompagnement fourni au Mali dans la grave crise qu’il traverse. Une crise qui a brisé la fraternité entre les Maliens. Il a toutefois ajouté qu’il ne saurait y avoir de négociation avec des individus qui ont pris les armes contre leurs frères d’armes, les déserteurs multirécidivistes. Oui à la réconciliation, mais elle doit être bien pensée et ne pas occulter le besoin de justice.
Bruno D SEGEBEDJI

Mali Web

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