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La nouvelle compagnie aérienne camerounaise bat déjà de l'aile

«Nous avons été contraints d'annuler trois vols, depuis le début de notre trafic. Ces annulations faisaient suite aux problèmes techniques, rencontrés par nos avions à Douala, à Maroua et à Garoua. Mais en dehors de ces trois cas, il n'y a pas de problèmes particuliers.»

Cette annonce faite le 3 mai 2011 lors d’un point de presse par Alex Van Elk, le directeur général de Camair-co (compagnie aérienne camerounaise) n’a pas manqué de créer la surprise —et l’inquiétude.

Surprise, compte tenu de la campagne marketing qui a accompagné le démarrage en grandes pompes le 28 mars 2011 de cette nouvelle compagnie, censée remplacer la défunte Cameroon Airlines (Camair). Surprise aussi, car l’Etat camerounais et les dirigeants de la société de transport aérien s’étaient engagés à fournir aux clients un service de qualité correspondant aux normes internationales.

Inquiétude des usagers et de la presse locale, car cette annonce rappelle les précédents de l’ancienne compagnie nationale. Avant sa disparition, la Cameroon Airlines a connu une longue agonie due à la vétusté de ses appareils, à des retards et annulations fréquentes de ses vols et à des difficultés financières qui ont fini par causer sa liquidation. Tout cela avait valu à la Camair d'être surnommée «Air peut-être».

Pour chaque vol domestique annulé, les pertes financières se chiffrent à près de 2.000.000 francs CFA (3.000 euros). Or, en un mois, il y en a déjà eu trois. Camair-Co, qui vient à peine de se lancer, peut-elle se permettre de telles pertes? Les dirigeants de l’entreprise justifient ainsi les perturbations du trafic:

«Les trois annulations de vol étaient liées pour l’une, à l’intrusion d’un oiseau dans le train d’atterrissage de l’avion. Cela a provoqué des petites déchirures qui ne pouvaient pas permettre à l’avion de reprendre son envol facilement. Pour la deuxième, cela provenait de l’allumage d’une lampe qui signalait une anomalie au moment du décollage de l'appareil. Pour la troisième, cela était dû à des pneus défectueux de l'avion; or nos pneus étaient bloqués à Zurich en Suisse.»

Pour l’instant, la flotte de Camair-co est constituée de deux appareils obtenus en leasing pour sept ans: un Boeing 767 et un Boeing 737-700. La compagnie, qui espère malgré tout atteindre bientôt sa vitesse de croisière, annonce l’acquisition d’un autre appareil courant 2011.

Lur sur Mutations