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Carburant, gaz, eau et électricité : LES HAUSSES DE PRIX ETAIENT INEVITABLES, ASSURE LE GOUVERNEMENT

Sur ce sujet qui fâche, des ministres ont détaillé aux partenaires sociaux, les contraintes à la base des augmentations

L'approvisionnement correct et ininterrompu en produits pétroliers et de première nécessité est vital pour le fonctionnement de notre pays et constitue de ce fait une priorité pour les pouvoirs publics. La crise politique, institutionnelle et sécuritaire que traverse notre pays a évidemment compliqué l'équation.

Le département de l'Economie, des Finances et du Budget et celui en charge du Commerce en partenariat avec les importateurs ont pris des dispositions particulières pour assurer l'approvisionnement correct  et régulier en produits de grande consommation. Parallèlement ils veillent que les prix soient accessibles au plus grand nombre. Le Conseil national des prix qui regroupe tous les acteurs du commerce (importateurs, commerçants grossistes, détaillants, associations de consommateurs et représentants des syndicats) et constitue un cadre de concertation permanente entre l'Etat et les acteurs de la chaine économique, veille sur ces dispositions.

Depuis quelques mois pourtant, des prix grimpent notamment ceux des produits pétroliers, gaziers et dérivés (eau et électricité). Les responsables de l'Union nationale des travailleurs du Mali (UNTM) ont, par conséquent, rencontré jeudi au ministère du Commerce et de l'Industrie, des membres du gouvernement et le Conseil national des prix  pour parler de ces augmentations. La rencontre présidée par le ministre du Commerce et de l'Industrie, Abdoul Karim Konaté, s'est tenue en présence de ces homologues Makan Tounkara (Energie et Eau), Marimpa Samoura  (Budget), Mme Diané Mariam Koné (Elevage et Pêche), des membres du Conseil national des prix. L'UNTM représentée par Moussa Kanouté, le secrétaire aux relations extérieures, Maouloud Ben Kattra, le secrétaire à l'éducation ouvrière, aux activités culturelles, sportives et à la formation, Seydou Diarra, le trésorier général.

Dans son interpellation, Moussa Kanouté a déploré l'application rapide des décisions d'augmentation de prix sur les produits pétroliers, le gaz butane et la hausse des prix de l'eau et de l'électricité par le gouvernement sans une implication adéquate des partenaires sociaux.  « Brusquement, le gaz butane est passé de moins de 2000 Fcfa à 3.500 Fcfa, l'essence de 690 Fcfa/litre à 750 Fcfa. Pire, le prix de l'électricité prend l'échelle alors que nous vivons des périodes de délestage sans précédent. Tous cela, sans le moindre effort de sensibilisation de nos concitoyens. Alors que la crise que traverse notre pays n'épargne personne. Avec les fermetures et les arrêts des unités industrielles et des entreprises, nos concitoyens ont aujourd'hui la plus grande peine du monde à joindre les deux bouts. Nous, nous réjouissons de la présence des ministres concernés par ces questions pour avoir des explications convaincantes  sur ces hausses », a t-il indiqué.

Les syndicalistes Maouloud Ben Kattra et Seydou Diarra déploreront la non tenue du conseil des prix depuis quelques mois empêchant un suivi correct des produits de première nécessité.

Assurant la police des débats, le ministre du Commerce et de l'Industrie a rendu hommage aux opérateurs économiques nationaux, particulièrement les importateurs pour avoir assuré un approvisionnement correct et régulier en produits de première nécessité malgré la situation économique difficile. Il rappellera les efforts fournis par le gouvernement pour assurer la stabilité des prix des produits de première nécessité et a assuré de la disponibilité de l'exécutif à écouter les partenaires sociaux chaque fois que besoin sera.

Tour à tour, les ministres présents ont expliqué les motifs qui ont prévalu aux augmentations. Le ministre délégué chargé du Budget, Marimpa Samoura, indiquera ainsi que la hausse du prix du gaz prévue en 2013, a été avancée à septembre 2012 sous l'effet des restrictions budgétaires inévitables après le coup d'Etat du 22 mars 2012. «  Face aux priorités et aux urgences, le gouvernement a été obligé de prioriser certaines actions. En effet, l’absence de financement extérieur du fait de la suspension de l’aide publique au développement, nous a incité à adopter une politique budgétaire très prudente. Nous avons procédé à des coupes drastiques dans les dépenses publiques pour les maintenir à un niveau compatible avec les ressources publiques disponibles. Ces ressources publiques disponibles ont été acquises grâce aux efforts des services de l’assiette et de recouvrement qui ont tous atteint leurs objectifs de recouvrement. Dans ce contexte de restriction budgétaire, les ressources publiques disponibles ont permis de faire face aux dépenses essentielles à savoir le financement du fonctionnement normal de l’administration, le paiement des salaires, le financement des objectifs du gouvernement de transition notamment les dépenses au profit de l’armée et des forces de sécurité et le maintien des services sociaux de base notamment l'éducation, la santé, l'hydraulique et la protection sociale », a t-il développé. La subvention de gaz butane, a-t-il précisé, coûtait à l'Etat 8 milliards de Fcfa alors que seul 2% seulement de la population utilise le gaz.

Pour le carburant, Marimpa Samoura a chiffré la subvention de l'Etat à plus de 38 milliards par an. « Nous avons fait des efforts pour maintenant les prix des hydrocarbures à un niveau acceptable. Malheureusement, en même temps, sur le marché international, les prix des produits pétroliers avait flambé à plus 12% au niveau mondial mais nous avons fait des efforts pour que dans notre pays, cette hausse soit  seulement de 3% à la pompe », a-t-il développé. Le gouvernement, a-t-il assuré, continuera d'accompagner les citoyens afin de rendre le quotidien supportable pour tous, mais dans la limite des moyens de l'Etat.

Expliquant la hausse des tarifs de l’électricité, le ministre Makan Tounkara a insisté sur les difficultés que rencontre EDM-SA qui était en cessation de paiement à cause des faibles tarifs pratiqués entre 2001 et 2008, de l’augmentation des coûts des hydrocarbures sur le marché mondial et de la vétusté des équipements. Récemment EDM-Sa affichait 68 milliards de Fcfa d’arriérés dont 22 milliards dus aux fournisseurs pétroliers, autant aux banques et aux fournisseurs de matériel de la société. EDM était donc obligée de majorer ses tarifs. L’Etat, a indiqué Makan Tounkara, a consenti cette année un effort spécial en direction d'EDM en injectant plus de 40 milliards de Fcfa pour soutenir la société soit le double de la subvention de 2012.

Le ministre de l'Elevage et la Pêche, Mme Diane Mariam Koné, a justifié l'augmentation de la viande de boucherie par la crise qui sévit au septentrion (zones d'élevage par excellence) et surtout par le coût élevé de l’aliment bétail et des taxes d’abattage qui se répercutent sur le prix de vente au consommateur.

Pendant plus de 3 heures, les membres du gouvernement se sont efforcés de convaincre les partenaires sociaux du caractère inévitable des hausses opérées. Les syndicalistes ont attentivement écouté et promis de rendre compte à leur base avant tout accord. Ils ont cependant assuré les ministres de leur disponibilité à aider le gouvernement à sortir notre pays de sa situation actuelle.

D. DJIRE

L'essor

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