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Y-a-t-il une relation entre l’hospitalisation de Bouteflika et le probable limogeage de son frère ?

Le conseiller et frère du Président de la République, Saïd Bouteflika, a-t-il été réellement limogé ? C'est la question qui revient ces dernières heures sur les lèvres des Algériens dont certains n'ont pas hésité à établir une relation entre ce limogeage et l'hospitalisation d'Abdelaziz Bouteflika.

Certaines sources proches du cercle présidentiel ont laissé croire que la colère du Chef de l'Etat, provoquée par les informations impliquant son frère dans des affaires de corruption, est à l'origine de son problème de santé. Il est à signaler que l'information, révélée samedi dans les colonnes du Quotidien d'Oran, a été reprise par plusieurs autres médias nationaux. Bien évidemment, comme les autorités du pays n'ont pas l'habitude de rendre publique les décisions de nominations ou de limogeages des conseillers à la Présidence de la République et autres personnalités «de l'ombre», il faudra attendre les prochaines activités présidentielles pour se faire une idée précise sur la crédibilité de cette annonce. Les observateurs de la scène politique vont certainement s'attarder sur la présence ou non de Said Bouteflika lors des déplacements de son frère, le Président.

Mais les déplacements du Chef de l'Etat se feront certainement de plus en plus  rares à cause de ces problèmes de santé d'autant plus qu'il a été transféré samedi en début de soirée, à l'hôpital Val-de-Grâce de Paris, en France. Quoi qu'il en soit, la source du quotidien de l'Ouest algérien est affirmative : le Président a bel et bien écarté son frère. Mais, contrairement à ce que penseraient, à priori, les uns et les autres, ce «limogeage» n'est pas une conséquence, ajoute cette même information, des révélations liées à des «affaires de corruption» dans lesquelles serait impliqué Saïd Bouteflika. Cette même source évoque des raisons «privées» pour expliquer cette soudaine et inattendue décision.

Enfin, si cela se vérifie, le Chef de l'Etat aura perdu l'un de ses soutiens les plus proches. Ça sera un autre membre du «clan présidentiel» qui quitte le «navire». Plusieurs ministres et autres collaborateurs, ayant accompagnés Abdelaziz Bouteflika, depuis son arrivée au palais d'El Mouradia, en 1999, ont été écartés, ces dernières années, l'un après l'autre. On peut citer, à ce titre, Yazid Zerhouni, Temmar ou bien Chakib Khellil. D'ailleurs, ce dernier est au centre d'un scandale financier énorme lié à la compagnie pétrolière Sonatrach et aux marchés du secteur des mines et hydrocarbures d'une manière générale.

Des scandales auxquels éventuellement serait lié le frère du Président comme il a été évoqué par certaines analyses. En effet, il serait inimaginable que Khellil puisse commettre tous ces méfaits - si les accusations émises à son encontre se confirment - sans avoir bénéficié d'une «protection» en haut lieu. Pour d'autres observateurs, les «révélations», qui ébranlent principalement les proches du Président de la République entre dans le cadre d'une guerre de clan qui serait liée à la présidentielle de 2014. L'objectif recherché serait de pousser Bouteflika à renoncer à un quatrième mandat. Et si ce dernier a réellement «limogé» son frère, pour une quelconque raison, cela signifierait que le Chef de l'Etat a décidé de s'engager dans cette bataille de 2014, même s'il avère être «affaibli». Son état de santé ne fera, en plus, que compliquer d'avantage les choses pour lui.

 Elyas Nour  

Algérie Focus

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