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Mali: Que veut ce MNLA à la fin ?

Mahamadou Djeri Maïga

Les déclarations sont du vice-président du mouvement national de libération de l’Azawad (MNLA) : « tant que de véritables négociations n’auront pas été engagées avec Bamako, de désarmement, il n’en est pas question ». Mahamadou Djeri Maïga, qui vient de s’exprimer ainsi le 24 avril dernier lors d’une conférence de presse à Paris, n’est pas un quidam du mouvement sécessionniste. Ses menaces méritent donc d’être prises au serieux avec toute la gravité qu’elles recèlent.

 

Le plus curieux est que ces déclarations sont faites juste après que l’Assemblée nationale française a décidé de prolonger la mission des troupes de l’Hexagone en terre malienne ; et presqu’au même moment, le Conseil de sécurité de l’ONU décide d’adopter une résolution qui autorise le déploiement de 13 000 casques bleus destinés à prendre le relais de la Misma, la mission ouest-africaine au Mali. Et ce, dans un contexte où les autorités maliennes, sous la pression de Paris, tiennent à voir les élections se tenir en juillet prochain, dans leur pays. A quoi donc joue le mouvement independantiste touareg, pour revenir à l’objet de notre préoccupation ?

 

Tout simplement que ce MNLA, on a peine à le comprendre. Voici un groupuscule par lequel le ver est entré dans le fruit ; il faut le dire tout net ; c’est le MNLA qui a porté le coup de sabre à la nation malienne qui a jusque-là du mal à s’en remettre. A ce jour, il refuse jusqu’au principe même de l’élection tant que leur «problème» n’aura pas été résolu ; de même qu’il rejette l’idée de la présence de l’armée malienne à Kidal ; il revendique une fédération du Mali et se disent «prêts à aller en guerre».

 

Et ce, sans daigner envisager que le gouvernement intérimaire n’est pas en mesure de trancher dans des questions aussi difficiles. Encore moins dans cette situation de ni paix ni guerre à laquelle le MNLA n’est pas étranger par ses ambiguités politiques, ses complicités terroristes, et ses velléités secessionnistes. N’oublions pas qu’après avoir ouvert la boîte de pandore et fait entrer ainsi le diable dans la maison malienne, ce groupuscule a pactisé avec Ansar Dine et le Mujao avant d’offrir ses services pour éradiquer ce qui à ses yeux s’apparentait à des terroristes pouvant déstabiliser l’Etat malien.

 

On remarquera en passant que depuis le début de l’affaire, on a senti que la France ménage les «hommes bleus du désert» qui exercent une certaine fascination dans l’imaginaire des Français au point que Paris leur permit de faire de Kidal leur chasse gardée ; mais il ne faudrait sans doute pas charrier ; les revendications maximalistes du MNLA à ce jour ne doivent tromper personne ; car, enfin, tout a commencé avec eux, dans cette crise malienne on ne cessera de le repeter.

 

La communauté internationale, après avoir combattu le Mujao et Ansar Dine, se trouve aujourd’hui dans l’obligation de s’attaquer à l’équation MNLA, ce mouvement qui se présente aujourd’hui dans le rôle de celui qui tient à jouer les prolongations dans une guerre qui a déjà fait d’inutiles victimes ; car enfin, il est inadmissible que Kidal, en plein Mali, devienne la place forte d’un groupe armé qui ne demande que la partition d’un pays ; une coalition que l’on chouchoute alors que l’on a «bâtonné» Ansar Dine et Mujao dont on sait cependant qu’ils n’ont joué que les rôles de seconds couteaux.

 

A ce jour, le mouvement touareg joue avec le feu ; il se pourrait que ses interlocuteurs reçoivent 5/5 le message qu’il lance ; ce n’est pas qu’il n’affirme pas qu’il est prêt à faire la guerre ; encore faut-il qu’il soit en mesure d’avoir les moyens de sa politique ; ce qui est loin de faire l’unanimité ; on a réussi à défaire le Mujao et Ansar Dine qui l’ont défait, lui.

 

Le MNLA joue-t-il à se faire peur ou a-t-il les moyens de sa politique ? Les jours qui suivent le montreront peut-être. Toujours est-il qu’à force de jouer les apprentis-sorciers, on finit toujours un jour par se brûler. Jusqu’où laissera-t-on le MNLA menacer les acquis de tous ces efforts consentis pour sauvegarder l’unité territoriale du Mali?

 

Par Jean Claude Kongo

Allafrica

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