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Niger et Guinée - Les héros de la presse libre sont…

La liberté de la presse avance en Afrique de l'Ouest. A grands pas au Niger, elle prend son temps en Guinée. Mais quelque soit le rythme, c’est à deux militaires que ces pays doivent une telle avancée démocratique.

Ces deux hommes qui ont refusé de mettre la presse au garde-à-vous sont le général Sékouba Konaté, président de Guinée par intérim dès décembre 2009, et le commandant Salou Djibo, à la tête du coup d’Etat qui renverse Mamadou Tandja au Niger le 18 février 2010.

Un rapport publié le 28 juillet 2011 par Reporters sans frontières (RSF) le confirme: leurs juntes respectives (le Conseil national de transition guinéen et le Conseil suprême pour la restauration de la démocratie nigérien) sont à l’origine de la dépénalisation des délits de presse.

«Tous deux ont conduit des transitions apaisées qui ont débouché sur l’organisation d’élections libres et transparentes, auxquelles ils ne se sont pas portés candidats.Tous deux ont permis à la liberté de la presse de faire un pas en avant», peut-on lire dans le rapport (PDF).

Les élections organisées par Konaté ont débouché sur la première présidence élue démocratiquement, celle d’Alpha Condé, en décembre 2010.   

Par ailleurs, le général est l’auteur de trois lois sur la liberté de la presse: la première inscrit le principe dans la Constitution; la seconde prévoit une Haute autorité de la Communication indépendante du pouvoir; et la troisième garantit l’accès à l’information. Malheureusement, les journalistes attendent toujours la bonne volonté d’Alpha Condé pour faire appliquer ces lois…

Au Niger, le président Mahamadou Issoufou, élu le 12 mars 2011, n’hésite pas a exprimer son attachement à la liberté de la presse. Cette position est conforme aux vœux du commandant Salou Djibo, à l'origine d’élections démocratiques. En plus de dépénaliser les délits de presse, le président a signé la «Déclaration de la Montagne de la Table» (PDF) le 5 mars 2011 au Cap, en Afrique du Sud.

RSF déplore toutefois que liberté d’expression rime parfois avec diffamation pour les journalistes nigérien.

 «Nous avons favorisé la liberté de ton et de parole, mais la qualité de la presse a baissé», regrette ainsi le ministre nigérien de la Justice, Marou Amadou.

Lu sur Reporters sans frontières