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Accusé de «Razzia» sexuelle sur plusieurs filles à Nietty Mbar Moctar Niane alias «Ndiaga Niang» nie avoir violé ses élèves

L'histoire a défrayé la chronique. Mais l'enseignant répétiteur de l'école primaire Thierno Salif Ndongo, accusé de viol sur plusieurs de ses élèves, a nié les faits qui lui sont reprochés. Devant les policiers-enquêteurs, il a réfuté toutes les accusations au moment où déclarations et certificats médicaux l'enfoncent.

Doigt posé sur le rôle de l'audience de ce mercredi 24 avril 2013 de la deuxième composition du tribunal des flagrants délits de Dakar, l'homme, d'un regard sombre sous des yeux rétrécis d'un plissement sauvage, lie l'infraction retenue contre Moctar Niane alias Ndiaga Niang : «Viol sur mineure de moins de 13 ans par une personne ayant autorité sur elle, Pédophilie.» Cette accusation, habituelle chez les abonnés du palais de justice, ne l'est pas pour cet inconnu à la voix grave.

D'un grognement agressif, il tourne les yeux sur la foule sortie de la Salle 6 du tribunal pour expulser son amertume : «Ki limou def reuy na dé (C'est un acte scandaleux)», grogne-t-il. Il cache mal son exaspération, mais garde son calme. Le dégoût que lui inspire cette affaire renvoyée au mercredi 8 mai 2013 est le même qui noue l'estomac de la plupart des personnes venues assister à ce procès aux allures rocambolesques.

Entre commentaires haineux et marée de bile, le hall du Palais de justice bourdonne comme une ruche. C'était le mercredi 24 avril 2013. Hier jeudi, à la Une du journal «Le Quotidien», l'histoire fracassante d'un certain «Ndiaga Niang», a ravivé les discussions des chaumières et places publiques. L'auteur de cette «Razzia» qui s'appelle, en réalité, Moctar Niane alias «Ndiaga Niang» est celui là même qui aurait, selon l'inconnu, fait «cet acte scandaleux». Né le 06 octobre 1967 à Pikine, l'homme de 46 ans est électricien de formation. Placé sous mandat de dépôt, depuis le lundi 22 avril 2013, avant-hier mercredi, il a fait sa première comparution à la barre du tribunal des flagrants délits de Dakar.

Durant ses 96 heures de garde à vue dans les locaux du commissariat central de Dakar qui a commencé le mercredi 17 avril 2013 (Une prolongation de 48 heures a été faite après les premières 48 heures), un défilé incessant de parents de supposées victimes a réussi à étoffer un procès-verbal de 37 pages, niches de révélations. A.C (12 ans), M.A.N (12 ans), H.S (16 ans), N.F.F (16 ans) et S.S (14 ans) ont tour à tour raconté comment elles ont été abusées sexuellement par leur éducateur, marié et père de 4 enfants. Cet éducateur qui a fait 20 ans dans l'établissement, remplace les enseignants quand ils sont en retard ou absents. Cet éducateur «si parfait» pour le directeur de l'école, qui lui a même donné une salle de classe où il donne des cours particuliers, aurait touché le fond de la bêtise humaine.

DECLARATIONS DES SUPPOSEES VICTIMES

H.S, 16 ANS : «J'avais mal et je me débattais pour qu'il me lâche»

«Un jour du mois passé, vers 15 heures, j'étais venue pour assister aux cours. Comme d'habitude, je suis passée le saluer. Les autres élèves étaient dans la cour de l'école. Ils attendaient le démarrage de la séance. Il m'a demandé de m'étaler sur la natte pour qu'il puisse vérifier, si j'étais encore vierge. Je me suis laissée faire. Il a introduit ses doigts dans mon sexe. Ensuite, il m'a demandé de faire attention aux hommes. La seconde fois, c'était pendant les fêtes de Pâques. Il m'a appelée dans la classe et m'a proposé de coucher avec lui. J'ai refusé. Il m'a tirée de force pour m'étaler sur la natte. Il a sorti son sexe pour le mettre dans le mien. J'avais mal et je me débattais pour qu'il me lâche. A un moment donné, il s'est retiré... Un liquide gluant sortait de son sexe. Je pleurais et il m'a dit que je n'étais qu'une peureuse, parce qu'il avait déjà fait ça à toutes les filles et ces dernières n'avaient pas pleuré. Je suis sortie et me suis assise sur les bancs de l'école pour pleurer. Il me demandait de ne le dire à personne. Il a couché avec moi à deux reprises.»

N.F.F, 16 ANS : «Il a posé son sexe sur mon slip»

«De la classe de Ci à celle de Cm2, «Ndiaga Niang» me dispensait des cours. L'année dernière, à 3 mois des examens, nous étions venus aux cours, lorsqu'il m'a demandé de lui acheter à manger. Je lui ai dit que je ne pouvais pas, car ma mère me l'interdisait. Au moment de sortir, il m'a retenue par la main. J'ai essayé de me débattre. En vain. Il m'a prise par la gorge et a posé sa main sur ma bouche m'interdisant, ainsi, de crier. Notre école, disposant de deux cours, les autres élèves étaient dans l'autre cour. Il m'a poussée sur la natte étalée à même le sol et s'est mis à califourchon sur moi. Il a enlevé son pantalon et a défait mon pagne. Il a posé son sexe sur mon slip et m'a demandé si je le sentais dans mon v... Je lui ai demandé d'arrêter, sinon j'allais le dénoncer à mes parents. Mais, il a réussi à enlever mon slip pour enfin mettre directement son sexe dans le mien. Essayant de se retenir, il n'a pas voulu enfoncer tout son sexe en moi. A un moment donné, il s'est brusquement relevé, car il avait, disait-il, peur de m'engrosser. Je veux qu'on le punisse pour tout ce qu'il m'a fait.»

MACTAR NIANE DIT «NDIAGA NIANG» NIE TOUT

«Je ne reconnais pas les faits qui me sont reprochés»

«Je ne reconnais pas les faits qui me sont reprochés par ces filles que vous venez de me citer», a-t-il d'emblée répondu aux enquêteurs de la Sûreté urbaine. Concernant A.C, il commence : «Le dimanche 07 de ce mois, vers 16 heures, elle est venue accompagnée de la nommée F.S. Je leur ai demandé de me rejoindre dans la salle où je dispense des cours. Je leur ai demandé pourquoi elles venaient à l'école sans passer me saluer... J'ai pris un bout de file pour les chicoter. Elles sont ensuite sorties», raconte-t-il alors que A.C l'accuse de l'avoir posé sur ses genoux, d'avoir enlevé son slip et d'avoir introduit son sexe dans celui de la fille jusqu'à ce qu'un liquide blanchâtre en sorte : «Il a posé son pénis sur mon slip et m'a demandé si je le sentais dans mon vagin.»

Pour M.A.N, le mis en cause nie avoir abusé d'elle : «C'est son père qui me l'a confiée. Durant toutes les vacances, je l'ai encadrée. A l'ouverture des classes, son père m'a prié de l'aider à l'inscrire dans notre école. Chose que j'ai faite. C'est ainsi qu'elle a commencé les cours de renforcement avec moi. C'est Cheikhou Camara qui lui payait les cours. Il y a eu des arriérés, lorsque je leur ai réclamé les mois impayés, la fille a arrêté de venir.»

Pour le cas de N.F.F, il dit qu'elle était son ancienne élève. Lorsqu'elle a réussi son examen d'Entrée en 6e, elle a arrêté les cours, précise-t-il. «Néanmoins, elle venait me parler de ses résultats et je l'encourageais à bien se tenir à l'école.» Se lavant à grande eau de toutes ces saletés qui lui sont reprochées, il dit n'avoir rien fait. Il dit ne pas connaître S.S et la petite N.B.

Pour ce répétiteur, électricien de formation, qui dit s'être formé dans le tas à l'enseignement (Il a arrêté ses études en classe de 3e), caricaturé comme un violeur par certains de ses élèves, c'est le papa de A.C qui contacte les familles pour leur dire de m'accuser comme étant l'abuseur de leurs filles. Mais l'éducateur ne perd rien pour attendre, souffle-t-on. Des victimes, abusées depuis des années, seraient prêtes à témoigner.

L'Observateur




ENCADRE

4 certificats médicaux versés, les 2 enfoncent maître «violeur»

Le docteur Joseph Félix Boissy, médecin-chef du centre médical de la Police nationale, a examiné 4 des filles qui se sont plaintes. Pour N.F.F, il parle de «présence d'une déchirure latérale complète de l'hymen, vulve par ailleurs d'aspect normal, anus normal...». Ce qui permet de conclure à une «défloraison incomplète dont l'ancienneté est indéterminée». La pénétration pénienne est, dit-il, une possibilité. Pour la petite H.S, il note «la présence d'une déchirure latérale, minime (environ 3 millimètres de long) et incomplète».

Rewmi

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