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Suicide du DRAG de Mascara : le wali ne veut pas changer de «méthode de travail»

«Le directeur de la réglementation et des affaires générales (DRAG) de la wilaya de Mascara, Drissi Abdelkarim, s'est suicidé d'une balle dans la bouche. Malheureusement, il a emporté avec lui son secret», commente un ami du défunt qui a préféré garder l'anonymat. Certains fonctionnaires des différents services des administrations relevant du ministère de l'Intérieur insistent sur l'hypothèse selon laquelle «le DRAG a mis fin à ses jours, à l'intérieur de son bureau, le lundi 22 avril, à 13h20, à cause de la pression de travail exercée par la hiérarchie, notamment par le wali de Mascara, Ouled Salah Zitouni». Même les syndicalistes du Snapa pensent la même chose. Dans ce contexte, le secrétaire général du bureau de wilaya du Snapap à Mascara, Athmane Benchenine, n'hésite pas à déclarer : «Personne n'a malheureusement échappé à la pression du travail imposée par le wali de Mascara. L'ensemble des directeurs de l'exécutif, les chefs de daïra et autres fonctionnaires des différents services de la wilaya subissent, depuis l'arrivée de ce wali, une pression croissante et constante liée aux relations de travail. Nous sommes des êtres humains pas des machines.» Et d'ajouter : «Le DRAG de Mascara s'est suicidé à cause de la pression. Il n'a pas pu en supporter le poids.» Certains élus, plus précisément des présidents des Assemblées populaires communales (APC), n'ont pas pu supporter le rythme de travail qui leur est dicté par Ouled Salah Zitouni. Eux aussi veulent son départ. Selon l'un d'entre eux, les maires sont également victimes de la pression exercée sur eux par ce responsable. «Il nous fait travailler même le week-end», nous dira le P/APC du parti de Amara Benyounès (MPA). Pression Quant à un directeur d'une administration qui a préféré parler sous le couvert de l'anonymat, il n'a pas hésité à nous déclarer : «Lors des réunions, le wali de Mascara agit, certes, sévèrement, sans toutefois vexer quiconque, ne s'adressant qu'à l'encontre des fonctionnaires ou autres responsables qui n'assument pas convenablement leur mission. De mon côté, depuis mon installation dans la wilaya de Mascara, il ne m'a jamais fait de reproche.» Par ailleurs, certains fonctionnaires n'ont pas aimé l'installation d'appareils de pointage électronique. L'analyse des motifs évoqués par certains protestataires met en évidence le fait que l'application de la réglementation en vigueur en matière d'intégrité et de respect des horaires de travail est loin de plaire à tous les fonctionnaires, la qualifiant de sévère. Contacté, le wali Ouled Salah Zitouni n'hésitera à préciser que la pression du travail est inévitable compte tenu des exigences de l'heure, et c'est pour ça que «tous les fonctionnaires, quelle que soit leur tâche, médecins, journalistes, directeurs, chefs de daïra ou agents administratifs, subissent la pression de leurs supérieurs y compris les walis, car il s'agit d'une responsabilité». Interrogé s'il allait changer sa méthode de travail après l'évènement tragique vécu cette semaine, il nous a répondu : «Je maintiens mon rythme et ma méthode de travail, quitte à déplaire à certains.» Quant aux causes ayant conduit le défunt DRAG, Drissi Abdelkarim, à mettre un terme à sa vie, le premier responsable de la wilaya dit préférer laisser la réponse à ceux qui sont habilités à le faire. «Seules les institutions sécuritaires et judiciaires sont habilitées à répondre à cette question.» Le wali ajoute : «Si le défunt, qui est un cadre de l'Etat, n'avait pas pu soutenir le volume de travail ou la pression, comme le prétendent certains, il avait la possibilité de faire usage de procédés qui l'arrangeraient tels que la mutation, le congé de maladie, la mise à la retraite ou autre au lieu de se donner la mort.» Rappelons que le défunt s'est précipité, vers 13h15 le lundi 22 avril, dans son bureau sans donner aucun signe de nervosité ou de malaise. «Dix minutes après s'être enfermé dans son bureau, sa secrétaire a été surprise par la détonation d'un coup de feu en provenance de son bureau», nous dira un fonctionnaire de cette administration. Il a été découvert assis dans un fauteuil, l'arme à la main et du sang qui sortait de sa bouche. Une source sécuritaire nous a avancé que «la balle tirée du pistolet du défunt n'est pas ressortie. Elle est resté logée à l'intérieur du crâne.»

El Watan

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