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Arrondissement N°4 de Ouagadougou : Quand les extrémistes mettent la démocratie en péril !

Elu le 6 mars 2013 par 11 conseillers contre 9 pour son adversaire, le maire Issa Anatole Bonkoungou n'arrive toujours pas à occuper le perchoir de l'arrondissement N°4 de Ouagadougou. A l'heure qu'il est, il a toujours face à lui, une farouche opposition des alliés de Modeste Compaoré contre qui il a arraché la mairie à problème depuis plus d'un mois.

Tout a commencé lorsqu'après son élection sans incident, Anatole Bonkoungou s'apprêtait à s'installer dans ses fonctions. Il a été suspendu des instances du Congrès pour la démocratie et le progrès (CDP), au motif officiel qu'il n'a pas respecté les consignes du parti. En effet, c'est son challenger Modeste Compaoré qui a été choisi par le parti pour être maire de l'arrondissement N° 4 de Ouagadougou.

Pire, les alliés du perdant font de tout leur possible pour lui rendre impossible l'accès à la mairie.

Depuis, tout se passe sous le silence total de la direction du parti et des autorités administratives.

Le moins que l'on puisse dire au regard de cette affaire, c'est que ce n'est pas la première fois que des candidats du même parti, le CDP, convoitent ou manifestent leur intention de s'affronter pour un même poste électif. Mais jusque-là on n'avait pas atteint ce genre d'extrémité.

Le CDP et les exécutifs locaux de la Commune de Ouagadougou

Autant il y a eu deux candidats CDP (Anatole et Modeste) à l'élection du maire de l'Arrondissement N°4, autant il y en a eu (Marin Casimir et Jean Christophe) dans la course à la mairie de la Commune de Ouagadougou.

Dans cette dernière course, on a pressenti en plus des deux cités, Salif Sawadogo (l'ancien ministre de l'environnement) et Salif Tiemtoré, tous du CDP : y a-t-il alors trop de prétendants au trône ? On bien peut s'interroger.

Dans ces deux courses pour la direction d'exécutifs locaux dans la commune de Ouagadougou, il y a eu, au moins, amer déception engendrée de part et d'autre à la dernière minute. Jean Christophe Ilboudo est sorti amèrement déçu de la salle où a eu lieu l'élection de Marin Casimir ; pareille déception chez Modeste Compaoré qui a pourtant bénéficié du choix du parti tout comme l'actuelle bourgmestre de la capitale. Sans doute que quelque chose a manqué à Modeste Compaoré, en plus du choix du Secrétariat exécutif national du parti.

La caution obligatoire de Blaise Compaoré ?

Dans la course pour l'élection du maire de la commune de Ouagadougou, Marin Casimir Ilboudo a vite fait de comprendre que « l'avis du parti seul ne suffit pas ».

On se rappelle encore que le 12 mars 2013, jour de son installation, le maire Casimir Ilboudo a furtivement remercié la direction politique nationale du CDP pour ensuite déclarer avec élégance et de vive voix, « en ce moment précis, je m'en voudrais énormément de ne pas témoigner ma haute gratitude à Son Excellence M. le président du Faso, Blaise Compaoré, pour avoir donné sa caution à ma candidature à la tête de la Commune ».

« Sa caution », voilà qui départage au sein du CDP ! C'est sans doute ce qui a manqué à la candidature de Modeste Compaoré.

Si cela est gage d'issue heureuse en cas de blocages ou d'éventuelles incertitudes quant au respect des consignes de la direction du parti, c'est aussi, à tout le moins, le signe de la forte patrimonialisation du CDP. Ce qui est de nature à compromettre dangereusement la survie du parti déjà victime de multiples scissions internes, au président Blaise Compaoré.

« Dura lex sed lex »

En attendant, le vin est tiré et il faut le boire ; même si au CDP ce n'est pas le vin attendu. Que la pilule soit difficile à avaler par le parti au pouvoir tout comme ce fut le cas à l'UPC avec la fracassante défection du sieur Assibo Ouédraogo, l'on comprend.

Mais que le fonctionnement d'un exécutif local soit bloqué avec ses multiples conséquences, cela n'est pas acceptable dans une démocratie. Vivement que ce blocage ne soit pas minimisé par les autorités et qu'une issue des plus heureuses soit trouvée le plus vite possible !

Il est souhaitable en fin de compte que le maire Anatole Bonkoungou soit installé dans ses fonctions en considérant à tout le moins, qu'il a été élu par une majorité respectable de conseillers municipaux.

Même s'il venait à être exclu de sa formation politique, il pourrait se conduire en maire indépendant, tout comme celui qui aurait été élu sans affiliation partisane si les candidatures indépendantes étaient admises à de telles consultations électorales.

Fulbert Paré

Lefaso.net

Le Faso

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