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Afrique du Sud: le tourisme ne connaît pas la crise

Deux ans après la Coupe du monde de football qui a beaucoup fait pour assurer sa promotion, l'Afrique du Sud n'a jamais accueilli autant de touristes venus profiter des vignobles du Cap, pister des animaux sauvages ou tout simplement faire leurs courses. Malgré la crise.

Les chiffres étant bons, le président Jacob Zuma s'est réservé l'annonce jeudi: le nombre de touristes étrangers --qui ont passé au moins une nuit dans le pays-- a augmenté de 10,2% l'an dernier pour atteindre le niveau record de 9,2 millions. Si l'on enlève les visiteurs venus d'autres pays d'Afrique, la progression atteint 15,1%.

"Cette croissance phénoménale du tourisme est la preuve que nous savons nous distinguer dans un marché concurrentiel. Elle montre que la réputation de l'Afrique du Sud comme une destination touristique sympathique, accueillante, inspirante et unique continue de croître", s'est réjoui le président, rappelant que le pays de l'apartheid était un "paria" il y a encore une vingtaine d'années.

C'est une bonne nouvelle pour M. Zuma, qui veut y voir un signe que son pays n'est pas si déprimé, malgré la faiblesse de la croissance, la persistance d'un chômage massif, la pauvreté, le creusement des inégalités, les accusations de corruption, les grèves violentes à répétition, la dégradation des agences de notation...

La mort de 34 grévistes abattus par la police à la mine de platine de Marikana (nord) en août 2012 n'a pas fait fuir les touristes, attirés par les beautés de la région du Cap et/ou les très nombreuses réserves animalières du pays, 29ème destination mondiale et 3ème en Afrique.

Mais les visiteurs étrangers font plus attention: leurs dépenses n'ont augmenté que de 7,6% l'an dernier.

Une fois le billet d'avion payé --assez cher en général--, l'Afrique du Sud offre des activités très variées pour à peu près tous les budgets, détaille Jermaine Craig, porte-parole de l'agence publique South Africa Tourism.

"Les animaux sauvages resteront toujours importants pour nous. Mais nous voyons aussi une forte augmentation du tourisme urbain et culturel. Nous avons identifié toute une série d'événements, dans la musique, l'art, la mode et le design... Plus généralement, les gens veulent être davantage associés avec leur destination, ils veulent voir comment vivent les Sud-Africains. Pas seulement venir pour rester dans un bus", dit-il.

Quête de sens

"Le rapport qualité-prix est assez bon, le rand est assez faible en ce moment", ajoute Michael Lorentz, un guide privé spécialisé dans le très haut de gamme.

Chez ses touristes fortunés, il constate la même quête de sens. "Beaucoup de nos clients veulent passer quelques jours dans un domaine viticole. Mais ils veulent le faire différemment: ils veulent rencontrer l'oenologue, ils veulent comprendre comment est fait le vin et pourquoi il est différent", dit-il par exemple.

Les difficultés économiques n'ont pas découragé les Européens, qui forment plus de la moitié du bataillon des touristes non-africains.

Mais avec une progression de 9,5% seulement, ils perdent du terrain face aux visiteurs venus des pays émergents --une cible désormais très importante des autorités sud-africaine--, Chinois en tête. Leur nombre a augmenté l'an dernier de 56% sur 2011, à la quatrième place devant les Français.

Les Brésiliens sont beaucoup plus nombreux aussi. "Avant la Coupe du monde de 2010, l'Amérique latine n'était pas un marché pour nous", constate Jermaine Craig.

Mais les Sud-Africains n'oublient pas que plus de 72% de leurs visiteurs sont d'autres Africains.

La plupart viennent en voisins faire leur courses, mais d'autres font un plus long voyage, notamment depuis le Nigeria, la République démocratique du Congo ou l'Angola. Des touristes africains qu'il convient de chouchouter, selon le porte-parole de South Africa Tourism: "Ils sont moins nombreux, mais ces gens dépensent deux ou fois plus que les Européens!"

Le gouvernement sud-africain veut accueillir 15 millions de visiteurs étrangers d'ici 2020. Sans oublier les Sud-Africains visitant leur propre pays, plus de la moitié du chiffre d'affaires du secteur.

L'hôtellerie et le tourisme emploient plus d'un million de personnes dans ce pays de 52 millions d'habitants, où le chômage touche officiellement le quart de la population active-- et représente directement ou indirectement 9% du PIB.

AFP

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