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L'Ethiopie veut retirer ses forces de Somalie "dès que possible"

Le Premier ministre éthiopien Hailemariam Desalegn a affirmé vouloir retirer les troupes éthiopiennes "dès que possible" de Somalie et appelé la Force de l'Union africaine dans ce pays à accélérer son déploiement pour les remplacer.

Répondant mardi à des questions de députés, M. Hailemariam s'est dit "impatient de retirer ses forces de Somalie dès que possible, dès que les forces somaliennes et l'Amisom (la force de l'UA) auront pris le relais", a rapporté le ministère éthiopien des Affaires étrangères, dans un communiqué publié sur son site internet.

"Il a fait part de son inquiétude concernant le rythme du remplacement par l'Amisom des troupes éthiopiennes, soulignant que le principal souci pour l'Ethiopie était +d'accélérer le retrait complet de nos troupes en direction de la frontière+" éthio-somalienne, selon le communiqué.

Le Premier ministre éthiopien a donc "appelé la Somalie et l'Amisom à accélérer le remplacement des forces éthiopiennes qui participent à assurer la paix et la sécurité dans les zones libérées de Somalie", tout en assurant qu'Addis Abeba continuerait d'aider la Somalie et de combattre les islamistes shebab.

Il a rappelé que l'Ethiopie, qui n'a pas intégré l'Amisom, déployée depuis 2007, supportait seule le coût financier de son corps expéditionnaire en Somalie, contrairement aux pays contributeurs de la force africaine (Ouganda, Kenya, Burundi, Djibouti et plus récemment Sierra Leone) dont les frais sont largement couverts par l'UA.

Les forces éthiopiennes, entrées en novembre 2011 dans le sud-ouest somalien et qui ont fourni une contribution essentielle à la mise en déroute des shebab et au contrôle des territoires conquis, s'étaient retirées sans préavis mi-mars de la localité de Hudur (sud), à 80 km de leur frontière, suivies des milices somaliennes pro-gouvernement.

Les shebab avaient immédiatement repris Hudur, enregistrant leur premier réel succès militaire depuis qu'ils ont été chassés de Mogadiscio en août 2011.

Ce retrait-surprise, sur lequel les autorités éthiopiennes n'ont donné aucune explication, avait laissé supposer un début de retrait total de Somalie de l'armée éthiopienne. Des observateurs avaient fait parallèlement état de préparatifs en cours en ce sens, laissant craindre un vide dans les zones évacuées et un retour en force des shebab.

M. Hailemariam a récemment assuré à son homologue somalien que ses troupes ne se retireraient qu'une fois remplacées par l'Amisom, qui a affirmé pouvoir suppléer un départ du contingent éthiopien.

Mais plusieurs sources interrogées par l'AFP ont estimé que l'Amisom ne disposait pas de réserves de troupes lui permettant, sans dégarnir dangereusement les zones actuellement sous son contrôle, de remédier au départ des effectifs éthiopiens de Somalie, estimés à entre 3.000 et 8.000 hommes, mais dont le nombre véritable est inconnu.

M. Hailemariam a rencontré mercredi à Nairobi le président kényan Uhuru Kenyatta, dont le pays est l'un des principaux contributeurs de l'Amisom.

AFP

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