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Bonafied de Richard Bona : quand un soleil arrive à son zénith

http://www.fnac.com - 25/04/2013

Bonafied, le septième album de Richard Bona, sonne comme un savant mélange d'une cuillerée de jazz, d'une bonne dose de pop africaine et même d'un filet de tango. Un florilège de sonorités dépouillées, traversées d'acoustique, de percussions, d'un soupçon de balafon, de délicieuses notes pianotées ou de bien belles cordes puissantes de légèreté. Un album intimiste et authentique, porté par le magnifique brin de voix de ce ténor camerounais.

A l'écoute de son don de mélodiste, le surnom de "Sting africain", dont est affublé Richard Bona, paraît incongru. Car cet artiste, considéré comme l'un des meilleurs bassistes du monde, possède cette qualité d'être relativement inclassable. Et, à chaque nouvel album, il parvient à se délester de l'étiquette qu'on voudrait lui coller. A l'écoute de sa musique, il est agréable de constater à quel point le jazz, notamment, ne connaît aucune barrière, même linguistique. Richard Bona a beau chanter en langue Duala, il sait pénétrer ce genre jusqu'au plus profond de ses entrailles. Il faut dire que l'homme a fait ses classes, en écumant les boîtes de jazz parisiennes, aux côtés d'artistes de la même superbe veine, comme Salif Keita ou Manu Dibango.

Bonafied commence par Dunia e, chanson évocatrice d'ensoleillement, sur laquelle le chanteur joue, dans un coin un peu ombragé, de sa guitare acoustique. Dunia signifiant "ici-bas", c'est donc le sens de la vie que chante ce passionné, avec un peu d'amertume néanmoins, liée au rejet d'une musique traditionnelle qui n'a pas encore révélé tous ses secrets. Dans un style flirtant amoureusement avec le latin jazz, le titre Mut'esukudu insiste sur une orchestration aérée. Chaque note de piano prend garde à ne pas empiéter sur l'espace dédié à la trompette, à la basse et aux percussions. Un deuxième morceau encore très reposant, à l'image de la plupart des titres de l'opus. Mais, c'est sans compter sur l'éclectisme de Richard Bona qui, sur Janjo La Maya, fait surgir l'accordéon et donne naissance à ce qu'il serait normal d'appeler le tango camerounais.

Et d'autres titres, propices à bien plus que de simples claquements de doigts, parsèment le disque ici et là. Sur l'étonnant Akwappella, une voix chaleureuse s'élève d'un peu partout et laisse jaillir des ch½urs chargés de claquements de bouche, sur lesquels se pose délicatement le chant. Mais le titre le plus dansant reste Diba La Bobe, bien rythmé par des percussions à l'allure joliment traditionnelle. Mulema est peut-être la chanson la plus représentative de l'album, tant sa tournure s'apparente à la plus inspirée des ballades lyriques. Richard Bona fait des allers-retours entre la basse et la guitare, le temps d'introduire cet instrument si particulier qu'est le balafon. Un instrument que l'on retrouve sur une autre perle, La fille d'à côté, en duo avec la voix de porcelaine de la chanteuse Camille.

Richard Bona est sans doute l'un des meilleurs ennemis de la médiocrité. Il est respecté des plus grands, de Mike Stern à Quincy Jones, ce qui est largement mérité. Bonafied ne fait donc qu'amplifier un peu plus l'aura de ce talent à l'état brut. En définitif, nous avons là un album esthétique et chaleureux, à l'image de la personnalité avenante du grand monsieur qui l'a composé.

Par Augustin

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