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Convoitises des terres de l’IER à Sotuba : Le Premier ministre met fin aux prétentions des sociétés immobilières

Les travailleurs de l'Institut d'économie rurale (IER) de Sotuba vont devoir certainement surseoir à leur mot d'ordre de grève en protestation contre des mesures qui tendaient à les déménager vers Tienfala, pour octroyer leurs terres de Sotuba à deux sociétés immobilières. En effet, le Premier ministre Django Cissoko vient de trancher, en donnant des instructions fermes en mesure de mettre fin aux prétentions des sociétés immobilières.

Au départ de cette affaire, deux sociétés immobilières : Banga de Hady Niangado alias Jo Walaki et la société Komé (rien à voir avec Cessé Komé, le promoteur de l'hôtel Radisson comme certains tentent de le faire croire). Ces deux promoteurs immobiliers avaient acheté un terrain d'une superficie de 59 ha à Guana, vers la zone aéroportuaire. Mais des gens installés sur le site ont opposé une vive résistance lorsque ces deux acquéreurs ont voulu procéder à la viabilisation desdites terres. Malgré une décision de justice en leur faveur, les sociétés Banga et Komé n'ont pu obtenir le déguerpissement des occupants irréguliers.
On ne sait alors pas trop comment, le régime Att leur a promis une compensation sur les terres de Sotuba, sur un site où justement se trouve l'Institut d'économie rurale (IER) qui est une référence sous régionale en matière de recherches agricoles.
Profitant de la Transition, Jo Walaki et son acolyte vont passer à la vitesse supérieure. Ils trouvent un bon appui, notamment la Primature de Cheick Modibo Diarra qui leur promet la réalisation de la compensation demandée à Sotuba, en projetant même de déloger l'IER à Tienfala, comme le précise la lettre n° 0766 du 19 septembre 2012 adressée par la Primature au ministre du Logement, de l'urbanisme et des affaires foncières, sous la signature du Pr Oumar Kanouté, alors directeur de Cabinet de Cheick Modibo Diarra : « Etant donné que la réclamation du syndicat de l'Ier est basée essentiellement sur la défense de leur outil de travail et que le site actuel d'expérimentation de cette structure est presque envahi par les habitations, je vous demande de procéder à la mise à la disposition du ministre de l'Agriculture pour les besoins de l'IER, l'espace précédemment occupé par l'Etablissement de crédit et d'investissement pour le bétail (Ecibev), sis à Tienfala...En tout état de cause, je vous demande de poursuivre le processus de compensation des sociétés immobilières Banga et Komé relatif aux 59 ha à distraire du TF n°5627 de la Commune I du district de Bamako... ».
Pour prouver l'importance attachée à cette affaire, le directeur de Cabinet demande dans la même lettre qu'on lui rende compte.
Comme on le voit donc, la gestion du dossier a été caractérisée par une forte implication de la Primature (depuis le temps d'Att) qui, à plusieurs reprises, a donné des instructions allant dans le sens d'une compensation des deux sociétés immobilières en tentant de déménager l'IER, alors que plusieurs options existaient.
D'abord, exécuter les décisions de justice en faveur des sociétés requérantes. Ce qui aurait permis de distinguer parmi les occupants du site de Guana ceux qui détiennent un titre et ceux qui n'en ont pas. Cette façon de procéder pouvait aussi permettre de savoir dans quelles conditions des titres ont été délivrés à des tiers sur ce site, pour ainsi déguerpir les occupants sans titre, annuler les titres irrégulièrement établis et d'en faire supporter les conséquences par les autorités responsables.
Ensuite, une autre possibilité était d'accorder la compensation des 59 ha sur une autre localité du cercle de Kati et pour une superficie égale.
En outre,  comme troisième option, on pouvait proposer une compensation financière en faveur des deux sociétés. Cependant, le montant du dédommagement pourrait être fixée d'accord partie ou, à défaut, par une décision de justice.
Tout ceci pour dire qu'en proposant la compensation à Sotuba, on devait tenir compte de deux préoccupations essentielles : la justification de la superficie à proposer en guise de compensation car les terres à Sotuba n'ont pas la même valeur qu'à Guana et l'impact du transfert des activités de l'Ier à Tienfala, ce qui coûterait plusieurs milliards Fcfa à l'Etat.
C'est tenant compte de tout ceci et surtout parce qu'il n'existe aucune décision tendant à octroyer des parcelles du domaine foncier de l'Ier à des sociétés immobilières, que le Premier ministre, Django Cissoko, a instruit au ministre du Logement, des affaires foncières et de l'urbanisme, de mettre fin à toute action allant dans le sens de la compensation des sociétés immobilières au détriment de l'Ier. Ces instructions sont contenues dans la lettre n° 0320PM-CAB du 23 avril 2013, dans laquelle le Premier confirme que « le Gouvernement demeure attaché à la sauvegarde du capital de recherche que constitue l'IER ». C'est sans commentaire !
Birama Fall

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